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Selon l’Organisation mondiale de la santé, au moins 1,6 million d’années de vie en bonne santé sont perdues chaque année à cause du bruit de la circulation en Europe occidentale. Parmi les risques environnementaux, ce serait la deuxième cause de morbidité en Europe, derrière la pollution atmosphérique. Voici ce que rapportent des chercheurs, auteurs d’une étude sur l’impact du bruit de la circulation sur notre santé cardiaque, publiée dans la revue Circulation Research.

Bruit de fond quotidiens et nocturnes

On savait déjà qu’un bruit soudain, très intense, pouvait nous rendre sourd, de manière partielle ou totale. Mais une explosion, un coup de feu ou une musique extrêmement fort ne s’entendent pas tous les jours… En revanche, le bruit de la route, de la circulation des avions, ou encore du train sont entendus quotidiennement par de nombreuses personnes. Rien qu’en Ile-de-France, plus de 8 millions de personnes y seraient exposées (à un niveau supérieur à 53 décibels) dans la journée.

Et selon les chercheurs, cela pourrait avoir de graves conséquences sur la santé. Surtout si on les entend la nuit. Ils soulignent que : « Le bruit de la circulation nocturne entraîne une fragmentation et un raccourcissement du sommeil, une élévation des niveaux d’hormones de stress et une augmentation du stress oxydatif dans le système vasculaire et le cerveau. Ces facteurs peuvent favoriser le dysfonctionnement vasculaire (endothélial), l’inflammation et l’hypertension artérielle, augmentant ainsi le risque cardiovasculaire. »

Bien sûr, l’intensité du bruit joue un rôle important. Par exemple, les chercheurs notent que par tranche de 10 décibels supplémentaires, les risques d’avoir un AVC ou une crise cardiaque par exemple, augmenteraient de 3,2%.

Des pathomécanismes seraient sous-jacents au fait d’entendre régulièrement ces bruits, ils altéreraient nos réseaux de gènes, nos voies épigénétiques, le rythme circadien, la transduction des signaux le long de l’axe neuronal-cardiovasculaire et le métabolisme. L’objectif des auteurs de l’étude est de sensibiliser au risque que représentent ces bruits en terme de santé publique, et à la nécessité pour les politiques publiques de mettre en place des lois pour les faire baisser.

Sources : Circulation Research, OMS

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