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Notre cerveau serait-il pollué par le plastique ? Alors que des chercheurs ont déjà démontré la présence de microplastiques dans notre sang, nos poumons, et même dans le placenta, une nouvelle étude publiée en avril 2024 dans la revue Environment Health Perspectives (source 1)révèle qu’ils pourraient s’infiltrer dans d’autres organes, notamment le cerveau.

Les microplastiques sont largement présents dans l’eau que nous buvons et les aliments que nous mangeons – nous en consommerions en moyenne 5 grammes chaque semaine, soit l’équivalent d’une carte de crédit. « Ils semblent être partout », s’est inquiété le Pr Eliseo Castillo, auteur principal de l’étude, dans un communiqué de presse (source 2). Face à ce constat alarmant, des chercheurs de l’Université du Nouveau-Mexique (États-Unis) ont tenté de déterminer l’impact de cette pollution sur notre système digestif. Ils étaient loin de s’imaginer qu’ils découvriraient que les microplastiques peuvent migrer de nos intestins à d’autres organes.

Un « impact significatif » sur plusieurs organes

Pour arriver à cette conclusion, le Pr Castillo et son équipe ont donné de l’eau potable qui contenait des microplastiques à des souris, avec la même quantité que celle que nous ingérerions, pendant un mois. Après ces quelques semaines, ils ont observé des changements physiques chez les souris. « Nous avons pu détecter des microplastiques dans certains tissus après l’exposition. Cela nous indique qu’il peut traverser la barrière intestinale et s’infiltrer dans d’autres tissus », a expliqué le Pr Castillo dans le communiqué. Les microplastiques ont en effet migré des intestins vers le foie, les reins, et le cerveau. « Les microplastiques ont un impact significatif sur nos voies digestives », expliquent les chercheurs dans le communiqué.

Les chercheurs indiquent également que sur leur passage, « les microplastiques modifiaient les voies métaboliques (les réactions chimiques dans les cellules, ndlr) dans les tissus affectés ». Ils rapportent des « différences métaboliques survenues dans le côlon, le foie et le cerveau, qui ont montré des réponses différentielles dépendantes de la concentration et du type d’exposition » aux microplastiques. L’équipe avait déjà démontré, dans une étude publiée dans Cell Biology & Toxicology en 2021, que les microplastiques avaient un impact sur certaines cellules du système immunitaire, qui libéraient alors des molécules inflammatoires sous l’impact de ces particules.

Ces souris ont été exposées pendant quatre semaines. Maintenant, réfléchissez à la façon dont cela équivaut aux humains, si nous sommes exposés depuis la naissance jusqu’à la vieillesse. Pr Castillo.

L’importance de l’alimentation…

Cette étude montre l’impact de la pollution dans notre alimentation sur notre corps de façon générale, mais surtout sur notre système digestif. « La recherche continue de montrer l’importance de la santé intestinale. Si vous n’avez pas un intestin sain, cela affecte le cerveau, le foie et bien d’autres tissus. Donc, cette exposition chronique pourrait entraîner des effets systémiques », estime le chercheur principal de l’étude.

Avec son équipe, il prévoit de continuer ses recherches, notamment en étudiant si un changement d’alimentation peut changer cette pollution au plastique dans notre corps. « Ce que nous allons faire, c’est donner à ces animaux de laboratoire un régime riche en cholestérol et en graisses, ou un régime riche en fibres, et ils seront soit exposés, soit non exposés aux microplastiques. L’objectif est d’essayer de comprendre si l’alimentation affecte l’absorption des microplastiques dans notre organisme », projette le Pr Castillo.

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