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Il raffole des burgers-frites, fréquente régulièrement le McDo ou le kebab du coin avec ses copains, accompagne sa pizza de soda et trempe ses frites dans des sauces sucrées-salées… Voilà de quoi préoccuper les parents. Les ados sont en effet adeptes de ce que l’on appelle la « malbouffe ».

S’il mangeait avant de tout (dont des fruits et des légumes), il n’y a pas trop à s’inquiéter, il y reviendra. Toutefois, on se doit de lui rappeler ce qu’est une alimentation équilibrée et limiter les dérives. Une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publiée en 2019 montrait que près d’un quart des jeunes de troisième avaient un poids trop important : 18 % en surpoids et 5 % obèses. Des chiffres en augmentation constante depuis des années. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a même alerté en mai dernier sur une épidémie d’obésité en Europe.

Une fois par semaine : pas de problème

« Les adolescents ont besoin de passer du temps avec leurs copains. C’est ainsi qu’ils se construisent, en remettant en cause ce que leur disent leurs parents, en essayant de nouvelles choses, en se confrontant à d’autres idées. Et l’un des moments de rencontre et de convivialité, hors le sport et le ciné, ce sont les repas », analyse la Dre Catherine Salinier, pédiatre.

Bon marché, faciles à manger avec les doigts, riches en saveurs, les fast-foods ont tout pour leur plaire. Ça change de la cantine payée par les parents. Problème : ce sont des aliments gras, sucrés, salés et pauvres en nutriments intéressants. « Si c’est une fois par semaine, il n’y a pas de problème », note la pédiatre.

Quelle est la juste dose ? « C’est difficile à dire, ça dépend de son activité physique et de ce qu’il mange aux autres repas. » Ce qui est certain, c’est que tous les midis ou presque, c’est trop !

Teint terne et cheveux en berne : des arguments qu’ils peuvent entendre

Inutile de dire à un adolescent de ne pas faire quelque chose, cela risque plutôt de le pousser à le faire par réaction d’opposition, normale à cet âge. Par contre, les parents se doivent de lui expliquer ce qui est bon pour lui, il en restera toujours quelque chose. « Il faut lui dire que cette nourriture n’est pas très adaptée à ses besoins, que c’est d’accord de temps en temps et lui montrer que l’on a confiance dans ses capacités de bien faire », conseille la Dre Salinier.

Des petites phrases qui peuvent faire mouche chez les jeunes : leur dire que le fast-food, pauvre en vitamines et minéraux, n’est pas idéal pour la santé de la peau et des cheveux, qu’il risque d’être fatigué, d’avoir le teint terne, d’avoir du mal à se concentrer en cours, de perdre en performances sportives…

Veillez à leur faire prendre un bon petit-déjeuner

S’il y a un repas que l’ado prend à la maison, c’est le petit déjeuner. Il faut veiller à ce qu’il soit complet, à la fois pour apporter de bons nutriments (glucides lents, protéines, vitamine C, calcium… ) et éviter les fringales qui poussent à sa rabattre sur le distributeur du coin en milieu de matinée ou à trop manger à midi.

Un fruit frais, un produit laitier nature (lait, yaourt, fromage) et des céréales peu transformées (pain au levain, muesli sans sucre ajouté, porridge… ) sont le trio gagnant.

À cet âge, il ne manque pas d’appétit, alors on veille à ne pas avoir en réserve des biscuits, glaces et sodas, mais plutôt à avoir toujours une corbeille bien garnie de fruits de saison et des petits bocaux de fruits à coque nature (noix, noisettes, amandes… ). Le soir, s’il mange à la maison, c’est le moment de faire la part belle aux légumes, mais de façon attrayante : dans un gratin, poêlés avec des fruits secs, en purée avec une chapelure maison…

A quel moment faut-il s’inquiéter ?

« Si le jeune mange régulièrement au fast-food, mais qu’ à côté de ça il n’est pas en surpoids, travaille bien à l’école, a des copains, fait du sport… tout va bien ! », assure la spécialiste. Par contre, si cet attrait pour la malbouffe s’accompagne d’autres comportements problématiques (beaucoup de temps passé sur les écrans, tendance au repli, prise de poids… ) il faut en parler avec lui.

« Si les adolescents s’ émancipent peu à peu des parents, ceux-ci restent un point de repère important. On peut lui dire : “Je sens qu’ il y a quelque chose qui ne va pas, je suis là pour t’aider, aide-moi à t’aider” », conseille la pédiatre. Si besoin, on n’hésite pas à en parler au médecin qui suit l’enfant, celui-ci fera un point sur sa santé, mais aussi pourra aider à comprendre et améliorer la situation.

Notre experte : Dre Catherine Salinier, pédiatre à Gradignan (Gironde), membre de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA)

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