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Par habitude, pour célébrer un événement, ou encore pour tenter de calmer leur peur de l’avion, certains passagers de vols en avion peuvent choisir de consommer de l’alcool à bord, parfois sans modération.

Hélas, ajouté à l’altitude et à la pression atmosphérique, l’alcool serait particulièrement nocif pour la santé. C’est du moins ce que révèle une nouvelle étude scientifique, parue ce 3 juin 2024 dans la revue spécialisée Thorax (Source 1).

Un cocktail détonnant

L’étude stipule que la pression atmosphérique diminue de façon exponentielle avec l’altitude, provoquant une baisse du niveau de saturation en oxygène du sang à 90 % (au lieu d’au moins 95 % en temps normal), chez les passagers en bonne santé, et lorsque l’avion est à sa vitesse de croisière. Rien de dangereux a priori, tant que ça ne dure pas éternellement.

L’alcool, quant à lui, augmente la fréquence cardiaque pendant le sommeil, un effet similaire à celui de l’hypoxie hypobare, ou manque d’oxygène lié à l’altitude.

Les chercheurs ont donc voulu savoir si la combinaison de l’alcool, de la pression atmosphérique élevée et de l’altitude dite “de croisière” pouvaient avoir des effets qui s’additionnent sur la santé, en particulier sur les passagers endormis.

Les scientifiques ont donc réparti au hasard 48 adultes de 18 à 40 ans en deux groupes, en prenant en compte leur âge, sexe et poids (indice de masse corporelle, précisément). La moitié a été affectée à un laboratoire d’étude du sommeil, dans des conditions atmosphériques normales (niveau de la mer), quand l’autre moitié a été placée dans une chambre d’altitude imitant la pression dans une cabine d’avion en altitude de croisière (2 438 mètres au-dessus de la mer).

Dans chaque groupe, constitué de 24 personnes, 12 ont dormi 4h, sans boire d’alcool, tandis que 12 ont dormi 4h après avoir bu l’équivalent de 2 canettes de bière (à 5 %) ou 2 verres de vin (175 ml, 12 %), ou de la vodka pure. Leur cycle de sommeil, saturation en oxygène et fréquence cardiaque ont été mesurés.

Une pression considérable pour le système cardiaque

Verdict : la combinaison “alcool + pression + altitude” a entraîné une chute des niveaux de saturation en oxygène à un peu plus de 85 %, et une augmentation compensatoire de la fréquence cardiaque à près de 88 battements par minute (bpm) durant le sommeil. Des données à comparer à 88 % de saturation en oxygène et un peu moins de 73 bpm chez les personnes n’ayant pas bu d’alcool mais soumis à la même pression et altitude.

Dans le laboratoire situé au niveau de la mer, l’alcool n’a pas eu les mêmes conséquences, avec une saturation en oxygène de 95 %, et un peu moins de 77 bpm, contre 96 % et 64 bpm dans le groupe sans alcool.

L’étude rapporte également que le sommeil des buveurs a été moins bon que celui des personnes restées sobres, avec un temps de sommeil profond réduit et un sommeil paradoxal plus court, donc in fine, une moins bonne récupération.

Ces résultats indiquent que même chez les individus jeunes et en bonne santé, la combinaison de la consommation d’alcool et du sommeil dans des conditions hypobares exerce une pression considérable sur le système cardiaque et pourrait conduire à une exacerbation des symptômes chez les patients atteints de maladies cardiaques ou pulmonaires”, rapportent les chercheurs (Source 2). Ils précisent que ces effets pourraient être encore plus importants chez les personnes âgées, tout en rappelant que les symptômes cardiovasculaires constituent 7 % des urgences médicales en vol, l’arrêt cardiaque étant à l’origine de 58 % des déroutements d’avions.Les praticiens, les passagers et l’équipage devraient être informés des risques potentiels, et il pourrait être bénéfique d’envisager de modifier la réglementation pour restreindre l’accès aux boissons alcoolisées à bord des avions”, estiment même les scientifiques.

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