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Lors de la médiatisation de violences sexuelles, certains internautes s’interrogent régulièrement : pourquoi les victimes mettent-elles tant de temps à porter plainte ? Une nouvelle étude scientifique a apporté des éléments de réponse à cette interrogation.

Publiée dans la revue Psychology of Women Quarterly (Source 1), cette étude a permis de montrer que si les victimes de violences sexuelles “tardent” à demander justice, c’est notamment parce que ce besoin passe généralement bien après d’autres besoins essentiels, notamment celui de se sentir en sécurité.

Les chercheurs de l’Université d’Exeter (Royaume-Uni) et de Copenhague (Danemark) ont ici comparé les réponses d’un sondage anonyme, mené en ligne auprès de victimes de harcèlement ou de violences sexuelles, à celles de personnes n’en ayant pas été victimes. À ces dernières, le sondage leur demandait d’imaginer comment elles auraient réagi.

Verdict : les victimes ont signalé tout un tas de besoins découlant de ces agressions, et se sont engagées dans une variété d’actions visant à y répondre. Parmi les besoins, on trouvait notamment le besoin de sécurité, de contrôle et de soutien social, lesquels ont été signalés comme prioritaires par rapport aux actions plus formelles, telles que le fait de déposer plainte à la police. Les participants non victimes ont imaginé qu’elles feraient passer les actions formelles avant le reste.

Ne pas présupposer pour autrui

Les résultats de cette étude invitent donc à l’extrême prudence lorsqu’il s’agit d’apprécier l’attitude d’une personne qui a été victime de violences sexuelles.

Nous avons constaté qu’il existe une croyance largement répandue selon laquelle un signalement rapide et formel est la bonne réponse au harcèlement sexuel. C’est ce que l’on entend généralement par l’expression ‘se manifester’. Pourtant, la plupart des personnes victimes de harcèlement sexuel ne le signalent pas officiellement et celles qui le font signalent souvent l’infraction bien longtemps après qu’elle se soit produite. L’accent est mis sur les obstacles procéduraux avec la police et d’autres autorités pour expliquer pourquoi, mais moins d’attention est accordée aux besoins réels de la personne qui a été victime de harcèlement sexuel”, a commenté la professeure Manuela Barreto, coauteure de l’étude, dans un communiqué (Source 2).

La chercheuse appelle tout un chacun à s’interroger, non pas sur la raison qui pousse les victimes à retarder les actions en justice, mais davantage sur les actions qu’elles jugent utiles pour elles après une telle agression. Car nul ne sait, avant d’en être soi-même victime, comment il ou elle réagira en cas de violences sexuelles. Ainsi, ne pas avoir tout de suite porté plainte ne signifie pas forcément que l’on ment ou que l’on a exagéré les faits, mais plutôt que l’on a besoin d’agir d’autres façons pour aller mieux, avant d’entreprendre ce type de démarche.

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