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Elle pensait ressortir du centre d’esthétique sans poil, mais elle en est partie avec des brûlures au 2e degré. Une femme de 47 ans s’est rendue dans ce centre pour sa 4e séance d’épilation à la lumière pulsée. Le soir même, ses jambes sont devenues rouges et douloureuses. La situation a empiré le lendemain de la séance, puisqu’elle a ensuite souffert d’importantes douleurs et démangeaisons. Des cloques ont commencé à apparaître. Ces symptômes, qui rendaient son quotidien très compliqué, ont duré pendant deux semaines.

Un arrêt de travail et des cicatrices

Quelques jours après la séance, elle a consulté son médecin traitant pour ces douleurs qui ne passaient pas. Celui-ci a ainsi indiqué à sa patiente qu’elle souffrait de brûlures de premier degré. Il lui a même prescrit cinq jours d’arrêts de travail, ainsi qu’une pommade antibiotique afin d’éviter une infection cutanée, de l’acide hyaluronique pour aider sa peau à cicatriser et enfin un antidouleur. Mais l’état sa peau ne s’est pas restauré. Une semaine après la séance, la femme consulte un dermatologue qui note dans son dossier médical avoir observé des brûlures étendues sur ses deux jambes.

Dans le cadre de la plainte, des médecins légistes du CHU d’Angers ont ensuite été réquisitionnés et ont examiné la patiente un mois et demi après la séance de lumière pulsée. Ils ont relaté ce cas – heureusement rare – de brûlure après une épilation à la lumière pulsée dans la revue Archives of Legal Medicine (source 1). Ils y décrivent un « ensemble de cicatrices blanchâtres en bandes verticales mesurant environ un centimètre de large, sur une zone s’étendant sur la face antérieure des genoux jusqu’au tiers inférieur des jambes » ainsi que « deux cicatrices brunâtres à la face antérieure de la jambe droite ». Selon l’équipe de médecine légale, « les cicatrices constatées étaient compatibles avec des brûlures du second degré superficiel ayant pu être provoquées par la lumière pulsée et ayant nécessité un avis spécialisé et des soins pendant un mois ».

Brûlure épilation lumière pulsée

FermerBrûlure épilation lumière pulsée

© Archives of Legal Medicine

© Archives of Legal Medicine

Une erreur du personnel

Selon les médecins réquisitionnés, les brûlures auraient bien été provoquées par l’épilation, et seraient dues à une erreur du centre esthétique. « Il est vraisemblable que les brûlures soient liées à une erreur du personnel, consistant probablement en la mauvaise évaluation de la teinte cutanée et au non-respect d’un délai d’éviction raisonnable entre la dernière exposition solaire et la séance. L’appareil n’a sans doute pas été adapté correctement à la situation de l’intéressée, qui était déjà mate de peau et revenait de vacances depuis peu », estiment-ils dans la revue.

Pour éviter les effets secondaires, l’épilation à la lumière pulsée doit en effet être adaptée à la peau de la cliente, et ne doit pas être pratiquée dans certains cas, notamment en cas d’exposition au soleil.

Une pratique très courante mais qui peut être risquée

Malheureusement, il n’existe en France « pas de formation ou de diplôme réglementé pour utiliser ces techniques d’épilation », regrettent les auteurs. Mal pratiquée, par des professionnels ou à domicile puisque ces appareils sont disponibles en vente libre, l’épilation laser peut provoquer des effets indésirables cutanés ou oculaires. « Ces appareils ne sont pas anodins pour la santé. Le plus souvent, les effets qui peuvent être provoqués sont mineurs : douleur, érythèmes, sensation de brûlure… Des cloques ou des croûtes peuvent également se produire à la suite de l’utilisation de ces appareils. L’épilation à la lumière pulsée peut cependant être à l’origine d’effets plus graves tels que des troubles de la pigmentation et des lésions oculaires en cas de mésusage », rappelle l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses, source 2).

D’autant plus que ces effets indésirables, « dus essentiellement à des erreurs humaines », sont « difficilement quantifiables compte tenu de l’absence de système de vigilance », précisent les médecins dans la revue. Selon l’agence de sécurité sanitaire, pour limiter ces risques, il faudrait « inscrire ces dispositifs dans un cadre réglementaire adapté », « mieux former les professionnels » et enfin « informer les utilisateurs des contre-indications et bonnes pratiques à suivre ».

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