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Chaque année, l’ozone fait des ravages. L’ozone (O3) est une molécule qui consiste en trois atomes d’oxygène, contrairement au dioxygène, l’ozone est perceptible par l’odorat humain. De précédentes études ont déjà confirmé que l’exposition aux niveaux actuels d’ozone troposphérique (O3) en Europe représentait l’une des principales causes de mortalité prématurée due à la pollution atmosphérique.

Plus de 88% des décès constatés liés à l’ozone importé

Pour la première fois, une nouvelle étude menée par l’Inserm, le Barcelona Institute for Global Health (ISGlobal), et le Barcelona Supercomputing Center – Centro Nacional de Supercomputación (BSC-CNS) est allée encore plus loin. En effet, les chercheurs sont parvenus à mesurer l’impact de l’exposition à l’O3 sur la mortalité européenne, et plus précisément l’impact de l’O3 dit « importé ». Comme l’explique l’Inserm, cet ozone importé provient directement de la production d’autres pays.

D’après l’étude, ces chiffres ne sont pas à négliger puisque les chercheurs estiment « le nombre total de décès liés à l’ozone en Europe au cours de la période 2015-2017 à 114 447, dont 88,3 % seraient liés à l’exposition à l’ozone importé ».

Les pays les plus industrialisés pointés du doigt

Et l’étude de compléter : « Plus précisément, 20,9 % de tous les décès observés sont liés à de l’ozone ayant son origine dans les autres pays européens analysés, 60,2 % à de l’ozone provenant en dehors de l’Europe et les 7,2 % restant à de l’ozone issu du transport maritime ». Ces résultats ont été publiés dans Nature Medicine et rendus publics lundi 3 juin 2024.

Précisément, les chercheurs ont mis en évidence qu’au sein de l’Europe, l’O3 attribué à la mortalité émanait majoritairement des pays européens les plus industrialisés. « Par exemple, l’O3 en provenance de France a eu un impact significatif sur ses pays frontaliers tels que le Luxembourg (32,3 % des décès attribuables à l’O3), la Suisse (29,3 %), la Belgique (24,4 %) ou encore l’Espagne (16,8 %). L’O3 en provenance d’Allemagne a également eu un impact significatif sur les pays voisins tels que le Luxembourg (24,2 % des décès), la République tchèque (23,3 %) ou les Pays-Bas (21,5 %) », détaille l’Inserm.

Asthme et infections pulmonaires

Des niveaux élevés d’O3 impactent durablement la santé puisqu’ils sont associés à l’aggravation de l’asthme, l’apparition de bronchopneumopathie chronique obstructive, la diminution de la fonction pulmonaire et les infections. Les cas les plus graves peuvent nécessiter une hospitalisation. En s’appuyant sur ces résultats, les chercheurs mettent en avant la nécessité de mener des actions coordonnées à l’échelle locale, continentale et mondiale avec l’appui de tous les pays afin de réduire les concentrations d’O3.

« Lutter contre le réchauffement climatique est nécessaire pour améliorer durablement la qualité de l’air. Il sera aussi important de faire d’autres recherches pour identifier au mieux les sources de pollution qui contribuent le plus à la mortalité, que ce soit l’O3 ou d’autres polluants dont les effets sont tout aussi délétères sur la santé », conclut Hicham Achebak, chercheur à l’Inserm (France) et à l’ISGlobal (Espagne).

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