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Aux côtés de sa collègue et amie Georgina Long, le Pr Richard Scolyer a été nommé “Australien de l’année”, pour son travail extraordinaire sur le mélanome.

Ce chercheur de renom a, avec son équipe, mis au point un traitement expérimental novateur contre le mélanome, un type de cancer de la peau. Mais si la presse anglophone en parle actuellement, c’est pour relater un fait plus insolite. Le Pr Richard Scolyer a en effet servi de cobaye pour son propre traitement, puisqu’il l’a expérimenté sur lui-même, pour tenter de traiter son cancer du cerveau, un glioblastome, jusqu’ici incurable et au très mauvais pronostic.

Au micro de Sky News (Source 1), il a confirmé l’excellente nouvelle : sa récente IRM cérébrale n’a mis en évidence aucune rechute ou reprise de son cancer, plus de huit mois après le diagnostic. Un fait exceptionnel quand on sait que la récidive survient généralement au bout de six mois et que les patients atteints ne survivent pas au-delà d’un an après le diagnostic.

Concernant le mélanome, les Pr Long et Scolyer ont découvert que l’immunothérapie, consistant à aider le système immunitaire à lutter contre la maladie, fonctionnait mieux lorsqu’une combinaison de médicaments est utilisée, et lorsque ceux-ci sont administrés avant toute intervention chirurgicale visant à retirer une tumeur.

Désireux de tenter le tout pour le tout contre son cancer a priori incurable, le Pr Scolyer est alors devenu le premier patient atteint de cancer cérébral à bénéficier de la même approche : une immunothérapie préopératoire combinée, et personnalisée selon les caractéristiques de sa tumeur.

De précieuses données collectées pour faire avancer la recherche

Après quelques mois de traitements quelque peu difficiles, avec des crises d’épilepsie, des problèmes hépatiques et une pneumonie, le Pr Scolyer s’estime désormais en bien meilleure santé. “Je me sens mieux que jamais” a-t-il déclaré, avant de temporiser : “Cela ne veut certainement pas dire que mon cancer du cerveau est guéri… Mais c’est juste agréable de savoir qu’il n’est pas encore réapparu, donc j’ai encore un peu de temps pour profiter de ma vie avec ma femme Katie et mon trois enfants merveilleux”.

Si l’on est encore loin de voir ce type d’approche thérapeutique se généraliser, les Pr Long et Scolyer espèrent que cette expérimentation se traduira par des essais cliniques pour les patients atteints de glioblastome.

Un article scientifique faisant état des bons résultats du traitement du Pr Scolyer est en cours d’écriture. “Nous avons généré tout un tas de données, pour ensuite jeter les bases de la prochaine étape, afin que nous puissions aider davantage de personnes”, a déclaré le Pr Long. “Ce sur quoi nous devons vraiment nous concentrer, c’est montrer que cette approche préopératoire de type immunothérapie combinée fonctionne chez un grand nombre de personnes”, a-t-elle ajouté.

“En entreprenant un traitement expérimental risquant de raccourcir sa vie, il a fait progresser la compréhension du cancer du cerveau et profite aux futurs patients”, a de son côté estimé l’Université de Sydney (Australie), récompensant les Pr Scolyer et Long du prix de l’Australien de l’année 2024.

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