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Au printemps 2022, des cas mystérieux d’hépatites se répandaient chez de jeunes enfants en Europe, puis dans le monde. Selon trois études conjointes publiées ce jeudi 30 mars, une co-infection à deux virus fréquents chez l’enfant pourraient en être à l’origine.

Des virus bien connus de l’enfance pourraient-ils être les responsables des mystérieuses hépatites infantiles graves qui se sont déclarées au printemps dernier ? Alors que les premiers cas se sont déclarés en Écosse à la fin du mois de mars 2022, ils se sont proliférés dans d’autres pays, au point qu’en juillet, l’OMS décomptait 1 010 cas probables signalés dans 35 pays. Au total, 46 enfants ont eu besoin d’une greffe de foie et 22 ont succombé à la maladie.

Si l’origine de ces infections est longtemps restée inconnue, trois nouvelles études (une anglaise, une américaine et une écossaise) publiées conjointement ce jeudi 30 mars dans la revue Nature ont apporté une première explication. Selon elles, un virus très fréquemment contracté dans l’enfance pourrait jouer un rôle clé dans ces infections : le virus adéno-associé (AAV2).

Il a en effet été retrouvé à des niveaux élevés chez la très grande majorité des enfants malades inclus dans les trois études : 93% aux États-Unis, 81% en Écosse et 96,4% en Angleterre. À l’inverse, chez les enfants ayant servi de “témoin”, le virus AAV2 était bien moins présent. S’il n’entraîne en temps normal qu’une réaction immunitaire faible, il pourrait être capable de se répliquer dans les cellules du foie en présence d’un virus dit “auxiliaire”, une réaction alors responsable des hépatites.

Dans l’étude américaine, 13 enfants sur 14 ont été infectés par des virus d’Epstein-Barr ou des herpèsvirus humains HHV-6B. Chez les Britanniques, les mêmes herpèsvirus nété détectés, ainsi que des adénovirus. Chez tous les enfants contaminés, les chercheurs ont également détecté un gène impliqué dans l’identification des cellules infectées par le système immunitaire.

Une co-infection avec AAV2, un adénovirus et un herpèsvirus

Pour les cas d’hépatite les plus graves ayant nécessité une transplantation de foie, les chercheurs ont noté une plus fréquente co-infection par trois virus en même temps : AAV2, un adénovirus et un herpèsvirus. En parallèle, l’analyse des foies retirés aux enfants transplantés a également montré un signe du dérèglement du système immunitaire.

Mais pourquoi ces cas ont particulièrement émergé au printemps 2022 ? Selon les chercheurs, les mesures barrières mises en place pour lutter contre la pandémie de Covid-19 ont pu limiter la circulation des différents virus, empêchant ainsi les enfants d’être immunisés. “Le gène de vulnérabilité immunitaire identifié chez les petits malades écossais est particulièrement fréquent dans les populations d’Europe du Nord, en Irlande, en Écosse. Or le Royaume-Uni a été proportionnellement touché plus durement”, souligne la virologue Judith Breuer, auteure de l’étude.

Si les cas semblent désormais contrôlés, il est recommandé de bien soigner l’hygiène des mains des enfants et bien veiller à la désinfection des surfaces, la contamination à un adénovirus se faisait généralement par voie oro-fécale.

Source :

  • Adeno-associated virus type 2 in US children with acute severe hepatitis, Nature, 30 mars 2023

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