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La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une obstruction des voies respiratoires provoquée par une réponse inflammatoire à des toxiques inhalés, le plus souvent la fumée de cigarette. Elle concerne 5 à 10 % des Français (es) de plus de 45 ans et est responsable de près de 17 000 décès chaque année (source 1).

Les symptômes de la BPCO se développent progressivement : une toux grasse, des expectorations mucopurulentes et une difficulté à respirer. Sans prise en charge, la maladie peut développer des complications sévères, comme un pneumothorax, une insuffisance cardiaque, ou encore une insuffisance respiratoire chronique et aiguë.

Le diagnostic de la maladie (qui comprend deux formes : la bronchique chronique obstructive et l’emphysème) est donc essentiel pour adapter la prise en charge. Arrêt du tabac, prise de bronchodilatateurs ou de corticostéroïdes, oxygénothérapie… On fait le point sur la prise en charge multidisciplinaire de la BPCO.

Diagnostic : comment savoir si je souffre de BPCO (bronchite chronique obstructive ou emphysème) ?

Comme indiqué ci-dessus, le seul moyen de limiter les complications de la BPCO est de consulter un médecin dès les premiers symptômes d’alerte (toux grasse persistante, difficultés à respirer, essoufflement, glaires récurrentes, etc.).

Pour confirmer et évaluer l’importance de la BPCO, le médecin prescrit une EFR (épreuve fonctionnelle respiratoire), aussi appelée spirométrie, qui peut être complétée par une pléthysmographie, un examen qui permet d’évaluer l’atteinte des petites bronches.

En vidéo : “Spirométrie : quand faut-il mesurer son souffle ?”

Spirométrie : quand faut-il mesurer son souffle ?

D’autres examens peuvent aussi être utilisés pour confirmer une BPCO :

  • une radiographie du thorax/des poumons (elle peut aussi être normale malgré la BPCO) ;
  • un scanner ;
  • une prise de sang pour mesurer les taux d’oxygène et de dioxyde de carbone dans le sang artériel (gaz du sang) ;
  • une fibroscopie bronchique ;
  • ou un examen cardiaque.

Est-ce que la bronchopneumopathie chronique obstructive se guérit ? Quelle espérance de vie avec une bronchopneumopathie chronique obstructive ?

Il n’existe pas de traitement curatif contre la BPCO. Les traitements existants ne permettent donc pas de guérir, mais plutôt de soulager les symptômes, de ralentir l’évolution de la maladie et de réduire le risque de complications (infections respiratoires, insuffisance cardiaque ou respiratoire, cancer du poumon, etc.).

Quant à l’espérance de vie d’une personne atteinte de bronchopneumopathie chronique obstructive, elle dépend de nombreux facteurs, comme la gravité de la maladie, l’âge des patient(e) s, le mode de vie, les éventuelles comorbidités, et la survenue de complications.

Tabac, pollution… Supprimer les facteurs favorisants

Plusieurs facteurs de risques peuvent favoriser la survenue d’une BPCO : principalement le tabagisme (actif ou passif), mais aussi la pollution de l’air intérieur et extérieur, l’exposition à des poussières et / ou à des substances chimiques (silice, poussières de charbon, poussières végétales, moisissures, etc.) et des infections des voies respiratoiresfréquentes. Les médecins pointent aussi une composante génétique.

Supprimer l’exposition au tabac

Quel que soit le stade de la maladie, le premier traitement de la BPCO consiste à arrêter de fumer. Pour cause ? Le tabagisme affecte lourdement les capacités respiratoires et cardiaques : notre corps est moins bien oxygéné nos muscles sont moins performants.

N’hésitez pas à vous faire aider par un(e) professionnel (le) de santé pour mener à bien votre sevrage tabagique. Plusieurs traitements de substitution peuvent vous aider à décrocher : patchs nicotiniques, gommes à mâcher, comprimés, etc.

Limiter l’exposition aux divers polluants

La seconde mesure de prévention essentielle consiste à réduire les sources de pollution intérieure et à limiter l’exposition à la pollution extérieure :

  • aérez votre intérieur une dizaine de minutes, au moins deux fois par jour ;
  • utilisez un purificateur d’air ;
  • limitez les sprays odorants et les bougies parfumées ;
  • évitez l’utilisation de produits chimiques : misez sur des produits de nettoyage et de bricolage non toxiques et évitez les pesticides / herbicides ;
  • etc.

La BPCO, une maladie professionnelle

En cas d’exposition professionnelle prolongée à divers polluants atmosphériques, et sous certaines conditions, la BPCO peut être reconnue comme maladie professionnelle. Un changement de poste peut alors s’avérer indispensable ! Consultez votre médecin traitant ou votre médecin du travail. 

Comment se débarrasser d’une BPCO (médicaments, oxygène, chirurgie) ?

Pour rappel, le traitement de la BPCO vise à soulager les symptômes, prévenir les complications et améliorer la qualité de vie. Focus sur les différentes alternatives.

Les bronchodilatateurs par voie inhalée

Les médicaments bronchodilatateurs, comme les bêta-2 agonistes et les anticholinergiques, permettent de dilater les bronches et les bronchioles pour faciliter la respiration. Administrés par inhalation, ils sont également utilisés dans le traitement de l’asthme. On distingue

  • les bronchodilatateurs “à courte durée d’action“, administrés en cas d’essoufflement ;
  • et les bronchodilatateurs “à longue durée d’action”, administrés en traitement de fond (traitement continu) et prescrits lorsque l’essoufflement persiste en dépit de l’utilisation régulière d’un bronchodilatateur à courte durée d’action.

Les associations de corticoïdes et de bronchodilatateurs par voie inhalée

Les corticoïdes peuvent être utilisés pour diminuer l’inflammation des bronches. Ils sont utilisés en association avec des bronchodilatateurs à longue durée d’action.

En raison de leurs effets secondaires possibles (aggravation des symptômes, candidose, enrouement, etc.), les corticoïdes ne sont cependant prescrits que chez les patients ayant une BPCO sévère.

À noter : lorsque l’association d’un corticoïde et d’un bronchodilatateur bêta-2 agoniste d’action prolongée ne permet pas de soulager de façon suffisante la bronchite chronique, il est possible d’ajouter un bronchodilatateur anticholinergique.

Les antibiotiques sont-ils nécessaires ?

Les antibiotiques sont parfois prescrits aux patients, uniquement en cas d’infection bronchopulmonaire.

Qu’est-ce que la réhabilitation respiratoire ?

La réhabilitation respiratoire est proposée aux patients en cas d’intolérance importante à l’effort, limitant leurs activités quotidiennes. Elle repose sur une approche multidisciplinaire alliant exercices musculaires, éducation thérapeutique (conseils diététiques, soutien psychologique, etc.) et kinésithérapie respiratoire.

Objectif : réduire l’essoufflement et améliorer la capacité de récupération après un effort.

Par ailleurs, les médecins recommandent à leurs patient(e) s de pratiquer une activité physique régulière et adaptée pour freiner l’évolution de la maladie. Des examens (spirométrie, test de marche, etc.) sont toutefois nécessaires pour déterminer le type d’exercices physiques réalisables.

Quand l’oxygénothérapie est-elle nécessaire ?

L’oxygénothérapie consiste à administrer de l’oxygène au moins 15 heures par jour. Elle peut être complétée par une ventilation, non invasive ou invasive et reste réservée aux patient(e) s en proie à une BPCO grave, incapables de s’oxygéner correctement.

Quand le traitement chirurgical s’impose

Le traitement chirurgical ne peut être utilisé qu’en dernier recours, dans les cas sévères de BPCO, par exemple chez des patients souffrant d’une forme grave d’emphysème. Concrètement, les médecins retirent une partie des poumons ou effectuent une transplantation pulmonaire.

Bronchopneumopathie chronique obstructive : quels sont les vaccins conseillés ?

La vaccination antigrippale est recommandée chaque année aux patient(e) s atteint(e) s de BPCO.

Le vaccin antipneumococcique et le vaccin contre la coqueluche sont également conseillés aux patient(e) s souffrant d’insuffisance respiratoire chronique.

Quels traitements naturels pour soulager les symptômes de la BPCO ?

Certaines alternatives naturelles peuvent, en complément des traitements adaptés, soulager les symptômes de la maladie. C’est le cas, notamment :

  • du thym, aux actions antivirale, antifongique et antibactérienne. Il peut être consommé sous forme d’infusion, d’extrait fluide ou en teinture mère ;
  • de l’eucalyptus, connu pour ses vertus anti-inflammatoires, fluidifiante et expectorante, mais aussi antivirale et antibactérienne. Il peut être consommé sous forme d’infusion, de teinture ou en inhalation.
  • du lierre grimpant, anti-inflammatoire et anti-infectieux, capable de réduire la toux et de faciliter l’apport d’air dans les poumons. Il peut être consommé sous forme d’infusion, de teinture ou en extrait fluide.

Quelques huiles essentielles sont aussi capables de dégager les voies respiratoires, de réduire l’inflammation et de soulager la congestion. Les plus recommandées : l’huile essentielle de menthe poivrée, l’huile essentielle d’eucalyptus et l’huile essentielle de thym.

Enfin, des exercices de respiration profonde peuvent parallèlement aider à améliorer la fonction pulmonaire et à réduire la sensation d’essoufflement.

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