Sur le remplacement des profs absents, Pap Ndiaye précise la promesse d’Emmanuel Macron

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Sur France Inter, Pap Ndiaye a précisé les conditions de ces remplacements, pour lesquels seront nécessaires « un petit tiers de professeurs volontaires »
Maskot / Getty Images/Maskot Sur France Inter, Pap Ndiaye a précisé les conditions de ces remplacements, pour lesquels seront nécessaires « un petit tiers de professeurs volontaires »

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Sur France Inter, Pap Ndiaye a précisé les conditions de ces remplacements, pour lesquels seront nécessaires « un petit tiers de professeurs volontaires »

ECOLE – « Un petit tiers de professeurs volontaires » pour effectuer des remplacements de courte durée au collège et au lycée à la rentrée. C’est l’estimation qu’a donnée ce vendredi 21 avril le ministre de l’Éducation. Pap Ndiaye a précisé que c’était l’absence, et pas forcément la matière enseignée, qui serait remplacée. Un détail qui n’avait pas été donné par le président de la République.

Emmanuel Macron a promis en début de semaine, lors d’une nouvelle allocution télévisée, que l’école allait changer « à vue d’œil » dès septembre, avec notamment le remplacement systématique des professeurs absents. Sauf que le chef de l’État n’a pas précisé les modalités de ces remplacements, provoquant l’agacement des syndicats enseignants.

« C’est un effet d’annonce qui est en déconnexion totale avec la réalité pédagogique, dénonçait alors auprès du HuffPost Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, syndicat majoritaire du second degré. Concrètement, ça revient à demander au pied levé à un autre enseignant de l’établissement, qui ne connaît pas la classe ni l’avancée du programme, de remplacer son collègue. C’est mettre un adulte devant une classe, sans aucune considération pédagogique. C’est de l’affichage. »

« C’est le trou dans l’emploi du temps qui est remplacé »

Sur France Inter, Pap Ndiaye a précisé les conditions de ces remplacements, pour lesquels seront nécessaires « un petit tiers de professeurs volontaires ». « C’est le trou dans l’emploi du temps qui est remplacé », a-t-il précisé. Interrogé sur le cas concret d’un professeur de mathématiques absent dans une classe de sixième, le ministre a expliqué : « C’est par exemple le prof d’anglais qui va remplacer le prof de mathématiques, non pas pour faire des mathématiques mais pour faire de l’anglais ».

« Les mathématiques seront rattrapées une autre fois, lorsque le professeur d’anglais sera absent et que le professeur de mathématiques pourra le remplacer ». À condition que le professeur en question soit disponible ? « Voilà », a répondu Pap Ndiaye. « Nous développons un logiciel pour permettre aux établissements de savoir instantanément qui est disponible pour remplacer un professeur ».

Ce système sera mis en place à la rentrée, « pour être systématique à partir de la fin septembre et dans le courant de l’automne », a indiqué le ministre, « le temps que les choses se mettent en place, que les enseignants signent leur lettre de mission, qu’ils signalent leur volonté. Nous mettrons en place un certain nombre de moyens techniques et informatiques pour que cela se passe de la manière la plus harmonieuse possible ».

Concernant le remplacement des absences dans le premier degré (maternelle et élémentaire), « c’est moins crucial », a estimé Pap Ndiaye. Le ministère a cependant indiqué jeudi que les « brigades de remplacements » (remplaçants intervenant sur un département, pour des durées plus ou moins longues) seraient augmentées « de 400 postes pour la rentrée 2023 à ce stade ».

Une des conditions du « pacte »

Les remplacements « au pied levé » dans le secondaire font partie des nouvelles missions demandées aux enseignants dans le cadre du « pacte » en échange d’une revalorisation de leurs salaires. Les syndicats sont vent debout contre ce pacte, demandant une revalorisation « réelle », c’est-à-dire sans contrepartie.

« C’est le « travailler plus pour gagner plus » version Emmanuel Macron dans l’Éducation nationale en 2023 », résumait alors Sophie Vénétitay. Emmanuel Macron a annoncé jeudi 20 avril des augmentations de rémunération pour les enseignants. Elles comporteront une part versée à tous et une part pour les profs qui accepteront les nouvelles missions du fameux « pacte enseignant ».

Proposées aux enseignants sur la base du volontariat, y figurent donc le remplacement de courte durée en collège et lycée, « ultra-prioritaire » pour le ministère, la participation au dispositif « devoirs faits » (pour faire les devoirs au collège) ou à des stages de réussite lors des vacances. Ou encore, pour les enseignants du premier degré, la participation à l’heure hebdomadaire de soutien ou approfondissement en français et maths en 6e créée à la rentrée ou à du soutien aux élèves en difficulté en élémentaire.

« Emmanuel Macron persiste et signe alors que toutes les organisations syndicales ont quitté la table des négociations début mars » sur ce sujet, a souligné Sophie Vénétitay, jugeant ces annonces «  irrespectueuses et provocatrices ».

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