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Parler d’âge senior, c’est entrer dans d’infinies nuances : qu’est-ce que l’âge ? Et la vieillesse ? Etre « vieux » signifie-t-il être diminué ? Que veut dire être moins jeune dans une société où tout pousse au jeunisme ? Le Dr Christophe de Jaeger est un spécialiste de la question, et travaille depuis des années sur la question de l’âge physiologique. Il est l’auteur du livre Médecine de la longévité : une révolution ! paru aux Éditions Trédaniel en 2023.

Définition : ça veut dire quoi être « senior » ?

Le terme de ‘senior’ renvoie d’abord à une réalité sociale qui est l’âge de la retraite. Or, ce qui compte, c’est l’âge physiologique. Et cet âge physiologique est très variable d’une personne à l’autre, explique le Dr Christophe de Jaeger, médecin gérontologue spécialisé dans la prévention du vieillissement.

Ainsi, à 50 ans, on peut avoir un corps de personne de 60 ans… ou de 45 ans. Nous avons tous, dans notre entourage, des « jeunes de 70 ans » qui nous ébahissent chaque jour par leur énergie, et des « vieux » de 50 ans, usés par des stress répétés ou des conditions de travail éprouvantes.

Certains métiers usent plus que d’autres, certaines personnes ont un capital santé meilleur que d’autres… Tout cela implique qu’à 60 ou 65 ans, il existe des disparités énormes entre les gens.

À savoir : il n’existe pas d’âge légal « senior » en France

Il faut savoir qu’il n’existe aucune loi en France déterminant l’âge légal à partir duquel une personne devient senior. Il n’existe pas non plus d’âge « plafond » à partir duquel on n’appartient plus à la catégorie des seniors.

Âge chronologique, âge physiologique et âge ressenti

Pour bien comprendre ces disparités, il est important de distinguer l’âge chronologique, l’âge ressenti et l’âge physiologique.

  • L’âge chronologique représente le temps écoulé depuis la naissance. « Il est objectif, on ne peut pas le changer : il sert à commencer à voter, à pouvoir conduire une voiture, à partir à la retraite, etc. », indique le Dr de Jaeger ;
  • « L’âge physiologique ou âge fonctionnel ou âge biologique reflète l’état physiologique ou fonctionnel exact de l’individu. Cet âge physiologique peut d’ailleurs correspondre à l’âge chronologique de la personne. Mais il est habituel de rencontrer des gens qui ne font pas du tout leur âge. Ils font soit plus jeune, soit plus vieux, et parfois même beaucoup plus vieux que leur âge », nous confie le Dr de Jaeger ;
  • « Enfin, au milieu de ces deux âges objectifs, nous avons l’âge ressenti, qui est un âge subjectif », poursuit le médecin. Il correspond au sentiment que l’on a de son âge, qui est totalement subjectif et peut être en décalage avec l’âge chronologique et/ou physiologique. Il est d’ailleurs le plus souvent inférieur voire nettement inférieur à l’âge chronologique.

L’âge physiologique souvent plus élevé que l’âge ressenti

Il peut exister un décalage entre ces différents âges. Par exemple, c’est le cas si une personne, lorsqu’elle part à la retraite, se sent comme si elle avait 15 ans de moins (donc 50 ans, par exemple) : cela pose un problème parce que son âge physiologique est la plupart du temps plus élevé que son âge ressenti.

« Si vous êtes en meilleure santé que la plupart des personnes de votre âge, parce que vous restez plutôt actif, vous mangez sainement, vous êtes plutôt mince, vous avez plein de projets, etc. cet âge ressenti va finalement être plutôt confortable », dit le Dr de Jaeger.

« Mais lorsque vous avez le ressenti d’être en pleine forme, alors vous ne l’êtes pas – c’est là où vous favorisez l’émergence des maladies. C’est bien là où est le problème : les personnes qui sentent être « en meilleur état », ou « plus jeunes » que leur âge, ne le sont pas forcément. Le risque chez ces personnes est de développer des pathologies aiguës parce qu’elles n’auront pas écouté ou n’auront pas voulu voir un certain nombre de symptômes qui liés à leur âge », explique le médecin.

« C’est un petit peu comme si vous avez quelqu’un dont la voiture est usée, les pneus à moitié crevés et plus d’huile dans le carter, mais qui se dit : non, ma voiture est parfaite, elle n’a pas besoin d’aller au garage ! ».

Malgré tout, l’âge n’est pas une fatalité !

Ces disparités, ce constat du cap de la cinquantaine… tout cela ne doit surtout pas être pris comme une fatalité. Il est tout à fait possible de soigner sa forme, de regagner en concentration ou en efficacité.

Il ne faut jamais baisser les bras. Quel que soit votre âge, vous pouvez progresser, et devenir acteur ou actrice de votre santé… mais encore faut-il le vouloir !, rappelle le Dr Christophe de Jaeger.

En effet, nous possédons un capital santé, et nous pouvons le travailler afin de l’améliorer. « On peut le faire en ayant recours à des choses très simples, comme des mesures diététiques ou de l’activité physique. C’est un fait avéré : si l’on s’alimente correctement, et si l’on a une activité physique régulière et adaptée, notre corps va moins souffrir au cours des années », rapporte le Dr de Jaeger.

Autre conseil : prendre toutes les mesures possibles pour éviter le stress. « Le stress est un élément délétère : plus le stress est grand, plus il y a de difficultés de concentration, voire l’émergence de pathologies type hypertension ou diabète, ou encore maladies coronariennes… Le stress est un énorme facteur favorisant les pathologies, ce n’est vraiment pas une bonne chose ».

Les conseils récurrents pour rester en forme sont classiquement : continuer à pratiquer une activité physique, et surveiller son alimentation. « Ce ne sont pas des clichés : quand les gens le font à bon escient, cela peut vraiment aider. ».

« Alors, à ce prix-là, même si votre âge chronologique continuera de monter, votre âge ressenti va encore s’améliorer, mais surtout – et c’est le plus important – votre âge physiologique baissera ».

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