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Plus de 4 millions de Français sont touchés par le diabète de type 2. Mieux prédire le risque d’en souffrir est un enjeu de santé publique de taille. C’est dans cet objectif que des chercheurs de l’Université Edith Cowan (Australie) ont mis au point une nouvelle façon de déterminer le risque de diabète. Aujourd’hui, « le biomarqueur inflammatoire le plus couramment utilisé actuellement pour prédire le risque de diabète de type 2 est la protéine C-réactive (CRP) de haute sensibilité », expliquent les scientifiques dans un communiqué (source 1). Mais des recherches récentes ont montré que la seule analyse de ce biomarqueur ne serait pas suffisante. « L’évaluation conjointe des biomarqueurs, plutôt que d’évaluer chacun individuellement, améliorerait les chances de prédire le risque de diabète et les complications diabétiques », ont estimé les chercheurs.

Ils ont ainsi mis au point un test sanguin basé sur l’analyse de plusieurs biomarqueurs inflammatoires : la protéine C-réactive (CRP), combinée à un autre biomarqueur de la maladie appelé « rapport monocytes/lipoprotéines de haute densité (MHR) ». L’étude a suivi plus de 40 000 personnes non diabétiques pendant près de 10 ans. Parmi elles, plus de 4 800 ont développé un diabète au cours du suivi. Les chercheurs ont ainsi remarqué que les deux biomarqueurs augmentaient chez les patients atteints de diabète de type 2 : « Les augmentations concomitantes (des biomarqueurs) ont conféré des taux d’incidence et des risques de diabète significativement plus élevés. La CRP et la MHR cumulées étaient à la fois indépendamment et conjointement associées à un risque accru de diabète de type 2 », selon l’étude publiée dans le Journal of Translational Medicine fin janvier 2024 (source 2).

L’ajout du MHR et de la CRP au modèle de risque clinique a considérablement amélioré la prédiction du diabète incident. Les résultats de la recherche corroboraient l’implication de l’inflammation chronique dans l’apparition précoce du diabète et méritaient une attention particulière. Dan Wu, auteur principal de l’étude.

Certaines personnes plus à risque

Les chercheurs ont confirmé que la prédiction du risque de diabète de type 2 était en lien avec de nombreux facteurs, comme l’âge, le sexe, ou des maladies comme l’hypertension. Les chercheurs ont en effet remarqué « un risque nettement plus élevé de diabète de type 2 (environ 3 fois plus) a été observé chez les personnes âgées de moins de 40 ans que dans les autres sous-groupes d’âge ». « Tirer parti de cette association spécifique à l’âge entre l’inflammation chronique et le diabète de type 2 peut être une méthode prometteuse pour parvenir à une identification précoce des jeunes adultes à risque et développer des interventions personnalisées », a précisé Dan Wu, qui a mené l’étude.

Les scientifiques ont également noté que « les femmes présentaient un risque plus élevé de diabète de type 2, conféré par des augmentations conjointes de la CRP et du MHR », selon le communiqué. Selon Dan Wu, « les hormones sexuelles pourraient expliquer ces différences ». D’après les auteurs de l’étude, « des études antérieures ont signalé des différences entre les sexes dans le risque de diabète associé aux marqueurs inflammatoires, et ces résultats confirment les nôtres ».

S’il n’est pas possible de modifier son âge ou son sexe, les chercheurs rappellent que « d’autres facteurs de risque peuvent être modifiés par des changements de mode de vie », comme l’alimentation, le sommeil, la gestion du stress, et les niveaux de glucose et de cholestérol. Selon eux, ajouter les deux facteurs de risque qu’ils ont étudié à ceux déjà « établis devrait améliorer la prédiction du risque » du diabète de type 2.

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