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Un homme de 35 ans comparaît mardi 14 mars aux assises du Nord pour le viol et le meurtre de sa compagne en 2015.

Une emprise fatale, malgré une succession d’alertes. Jugé à Douai (Nord) du 14 au 17 mars, Hocine Hamoudi est soupçonné d’avoir battu sa compagne à mort, pendant plusieurs heures. Lors de l’instruction, il reconnaîtra avoir frappé Sandra, qui selon lui le menaçait avec un couteau, mais sans vouloir tuer. Il nie en revanche toute violence sexuelle. Contactés, ses avocats n’ont pas souhaité s’exprimer. 

Le 1er mai 2015, vers 19h, l’aîné des quatre enfants de Sandra – nés d’un premier mariage -, se rue à la caserne des pompiers d’Hazebrouck. Appelé par le compagnon de sa mère, il l’a retrouvée chez elle inanimée et presque nue, cheveux arrachés et couverte d’ecchymoses. L’autopsie révèlera 143 lésions, dont plus de 20 fractures, un traumatisme crânien, des incisions profondes au couteau ou aux ciseaux, et des lésions génitales «évocatrices de violences sexuelles». 

Une femme au caractère affirmé, mais vulnérable

Sandra, 41 ans, a été «démolie, fracassée, jusqu’à ce que mort s’ensuive», commente auprès de l’AFP l’avocate de la famille, Maître Blandine Lejeune. Elle est morte d’un «choc hémorragique». 

La police trouve l’appartement retourné, des pieds de chaise arrachés, de la vaisselle brisée. Hocine Hamoudi sera interpellé le lendemain, à Roubaix.

Selon l’enquête, plusieurs voisins ont entendu des disputes violentes tout l’après-midi, comme c’était fréquemment le cas chez le couple. Sandra avait régulièrement des coquards, coupait ses cheveux courts pour éviter qu’il lui tire, témoigneront plusieurs proches. Lorsqu’elle rendait visite à sa mère, il la conduisait, l’appelait «tous les quarts d’heure». L’enquête dresse le portrait d’une femme au caractère affirmé, mais vulnérable, en difficulté financière et sous emprise. 

Elle retire sa plainte

«Elle essayait de le quitter, mais il ne la lâchait jamais, la harcelait, menaçait ses proches. Elle revenait par peur», estime son avocate Blandine Lejeune, qui déplore une affaire marquée par des «dysfonctionnements» dans le suivi du couple.

Dès juin 2014, Sandra, hospitalisée, avait déposé plainte contre Hocine Hamoudi, dénonçant des coups de poing et de tournevis. Elle expliquait l’avoir rencontré en 2011, quand elle était hôtesse dans un bar. Au cours de leur relation, elle s’était prostituée pour lui, mais souhaitait arrêter, ce qu’il n’aurait pas supporté, selon elle. Un mois plus tard, elle retirera sa plainte. «Lorsqu’elle dit qu’elle a menti, l’affaire est classée, il n’y a ni comparution, ni contrôle judiciaire», regrette Blandine Lejeune. 

Un décès tous les deux jours

Le bilan des féminicides en France reste glaçant. Selon un recensement d’«Ouest-France», en 2022, 104 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Selon le décompte du collectif «Nous Toutes», au 9 mars, on comptait 27 féminicides depuis le début de l’année, soit un décès tous les deux jours.

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