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Au même titre que les gynécologues-obstétriciens, les médecins généralistes et les radiologues, les sages-femmes titulaires d’un Diplôme interuniversitaire (DIU) d’échographie gynécologique et obstétricale peuvent effectuer les échographies obligatoires (ou du moins très fortement recommandées !) des premier, deuxième et troisième trimestres. Pratique pour les patientes qui souhaitent se faire suivre par le même praticien pendant toute leur grossesse…

Qui peut faire le suivi échographique de la grossesse ?

Selon l’arrêté du 20 avril 2018 du Code de la santé publique, le suivi échographique de votre grossesse peut être effectué par un médecin ou une sage-femme titulaire du DIU d’Échographie gynécologique et obstétricale.

Est-ce que les sages-femmes font des échographies ? Quels sont les formations ou diplômes universitaires (DIU) nécessaires ?

Depuis la publication d’un arrêté sur l’imagerie fœtale en 2018, désormais seules les sages-femmes détentrices du DIU d’Échographie gynécologique et obstétricale (ou diplômées avant 2011 d’un DU d’Échographie Obstétricale ou de l’Attestation Universitaire d’Échographie Obstétricale), sont autorisées à réaliser les trois examens échographiques de dépistage de la grossesse.

Aujourd’hui, deux professions ont le droit d’exercer l’échographie : les médecins et les sages-femmes.Les sages-femmes étant bien sûr limitées à l’échographie obstétricale et gynécologique. Marianne Benoit Truong Canh. 

Une sage-femme peut-elle prescrire une échographie ?

« Les sages-femmes ont les compétences pour prescrire et réaliser des échographies », précise le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes. Néanmoins, les échographies obstétricales et fœtales ne peuvent être réalisées que par des sages-femmes titulaires d’un DIU d’Échographie gynécologique et obstétricale, tandis qu’aucune condition de diplôme complémentaire n’est exigée par les textes pour les échographies gynécologiques.

Écho de datation ou de dépistage : quel type d’échographie peut réaliser une sage-femme en cabinet ? Quelles sont ses compétences ?

La sage-femme diplômée d’un DIU d’échographie gynécologique et obstétricale est habilitée à réaliser des échographies d’ordre gynécologique (hors grossesse) ou obstétrical (pendant la grossesse). « L’ensemble des sages-femmes peut réaliser des échographies dans le cadre du suivi gynécologique mais également les échographies de datation pour une IVG, des actes pour lesquels une formation complémentaire est recommandée mais non obligatoire », précise Marianne Benoit Truong Canh.

L’échographie obstétricale

Une sage-femme peut effectuer les trois échographies de dépistage de la grossesse :

  • l’échographie du premier trimestre entre la 11e et la 13e semaine d’aménorrhée qui permet, notamment, d’évaluer le risque de trisomie 21 du fœtus avec l’étude de la clarté nucale ;
  • l’échographie du deuxième trimestre – dite aussi échographie morphologique – entre la 21e et la 23e semaine d’aménorrhée afin de dépister d’éventuelles malformations du fœtus ;
  • l’échographie du troisième trimestre entre la 31e et la 33e semaine d’aménorrhée pour s’assurer que bébé va bien et vérifier sa croissance.

« Bien sûr, en fonction des antécédents de la patiente, en cas de grossesse multiple ou de signes cliniques évocateurs d’une pathologie – parmi lesquels une faible ou une trop forte croissance du bébé, un diabète gestationnel, une infection (rubéole, toxoplasmose…), un excès ou une faible quantité de liquide amniotique, etc. – des échographies supplémentaires pourront être réalisées », ajoute Marianne Benoit Truong Canh.

La sage-femme peut également réaliser une échographie de datation avant l’échographie du premier trimestre afin de s’assurer que la grossesse est bien évolutive et d’estimer la date de l’accouchement. « Il n’y a pas d’indication absolue à faire une échographie de datation, affirme la sage-femme. Elle peut être effectuée pour se rassurer ou bien si la patiente a des saignements inexpliqués, des douleurs pelviennes afin d’écarter l’hypothèse d’une fausse couche ou d’une grossesse extra-utérine. »

L’échographie dite focalisée

Outre les échographies de dépistage du premier, deuxième et troisième trimestres de la grossesse, les sages-femmes ont également la possibilité de réaliser des échographies dites focalisées pour indication médicale. Par exemple, dans le cadre :

L’échographie gynécologique ou pelvienne

Les sages-femmes peuvent également réaliser une échographie gynécologique hors grossesse sans condition de diplôme complémentaire. « L’échographie gynécologique se fait dans un contexte particulier : par exemple en cas de saignements anormaux, de douleurs pelviennes ou de la palpation d’une masse à l’examen clinique », confie la sage-femme. Le plus souvent effectué par voie endovaginale, l’examen consiste à introduire une petite sonde dans le vagin afin de visualiser l’utérus, le col de l’utérus et les ovaires.

Suivi échographique de la grossesse : quelle est la différence entre un médecin (gynécologue-obstétricien) et une sage-femme ?

Concernant les échographies de dépistage, il n’y a aucune différence entre une sage-femme échographiste et un médecin qui ont tous les deux suivi la même formation. En revanche, l’échographie à visée diagnostique, réalisée en seconde intention lorsque le praticien est face à une image inhabituelle ou qu’il suspecte une anomalie est effectuée par des médecins référents en lien étroit avec un Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN). « En première ligne, vous avez les dépisteurs (médecins, sages-femmes) titulaires d’un DIU d’échographie obstétricale et gynécologique dont le job est de dépister des images anormales et d’adresser, si nécessaire, la patiente à un médecin référent, confirme Marianne Benoit Truong Canh. En seconde ligne, vous avez des référents en échographie, des profils « hyperspécialisés » qui travaillent généralement en CPDPN, refont l’échographie et posent un diagnostic. »

Une sage-femme peut-elle réaliser une échographie non médicale ?

Devant l’engouement des échographies 3D « plaisir » ou « souvenir » proposées par certains cabinets d’imagerie peu scrupuleux, le Conseil national de l’ordre des sages-femmes rappelle que l’échographie a un caractère exclusivement médical. « Cet examen reste un examen médical qui poursuit des buts médicaux (évaluation des risques, diagnostic et surveillance) et il ne s’agit pas d’une « échographie-souvenir ». Partant de ce constat, la réalisation par une sage-femme « d’échographies-plaisir », à caractère non médical, aurait une vocation commerciale. Cette pratique est donc contraire à la réglementation en vigueur ainsi qu’aux règles déontologiques applicables à la profession de sage-femme et est susceptible d’engager sa responsabilité disciplinaire. » Rappelons, par ailleurs, que la réalisation d’échographies non médicales par des personnes qui ne sont pas des professionnels de santé est également interdite.
« Seuls les médecins et les sages-femmes titulaires d’un DIU d’Échographie gynécologique et obstétricale sont habilités à réaliser des échographies fœtales », martèle Marianne Benoit Truong Canh. Cette pratique, contraire à la réglementation en vigueur, est susceptible d’engager la responsabilité pénale de la personne concernée.

Les échographies sont-elles remboursées ?

Les échographies du premier, du deuxième et du troisième trimestre sont prises en charge par la sécurité sociale. « En revanche, les échographies « plaisir » qui sont illégales, ne sont bien entendu pas remboursées », conclut la secrétaire générale du Conseil national de l’Ordre des sages-femmes.

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