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Infection virale contagieuse causée par le rubivirus, un virus à ARN de la famille des Togaviridae, la rubéole est une maladie bénigne chez l’enfant et l’adulte.

Est-ce que la rubéole est grave chez la femme enceinte ?

En revanche, elle est particulièrement grave lorsqu’elle est contractée pendant la grossesse.

Les conséquences peuvent être gravissimes pour l’enfant à naître en particulier pendant les premiers mois de grossesse, confirme la Dre Christelle Vauloup-Fellous. Le syndrome de rubéole congénitale malformative se caractérise en effet par des atteintes neurologiques, cardiaques, oculaires et auditives.

Épidémiologie de la rubéole

Grâce à la vaccination, la rubéole a considérablement reculé dans le monde. « En décembre 2018, 168 pays sur 194 avaient introduit le vaccin antirubéoleux », indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Les cas de rubéole notifiés ont chuté de 97 %, passant de 670 894 cas dans 102 pays en 2000 à 14 621 cas dans 151 pays en 2018 ». Si l’OMS estime aujourd’hui qu’il existe 100 000 cas par an de rubéole congénitale malformative principalement en Afrique et en Asie du sud-Est, où la couverture vaccinale est la plus faible – en France, comme dans la plupart des pays européens ainsi qu’en Amérique du Nord et du Sud, cette dernière a été éliminée.

« Toutefois nous sommes régulièrement confrontés à des cas importés, et plus problématique à des cas secondaires dans la population – c’est-à-dire des rubéoles chez des personnes n’ayant pas voyagé – en raison d’une couverture vaccinale imparfaite dans certaines régions françaises », ajoute la virologue.

« En France, le nombre d’infections rubéoleuses diagnostiquées durant la grossesse et recensées par le réseau Rénarub a diminué de 80 % entre 2001 (39 cas) et 2016 (7 cas, dont 4 importés). En 2017 et 2018, le nombre d’infections maternelles annuel était respectivement de 6 (dont 3 importés) et 10 cas (dont 7 importés). Aucune infection maternelle n’a été identifiée en 2019 ; le ratio « nombre d’infections maternelles / nombre de naissantes vivantes » est passé de 0,41/100 000 en 2017 à zéro en 2019 », rapporte Santé Publique France.

Comment attrape-t-on la rubéole ? Quels sont les symptômes ?

La transmission du virus de la rubéole se fait par l’intermédiaire de gouttelettes de salive provenant des voies aériennes (toux ou éternuements) en cas de contacts étroits avec une personne contaminée.

Les personnes atteintes sont contagieuses huit jours avant et jusqu’à huit jours après l’éruption, soit une quinzaine de jours au total. D’ailleurs, on est contagieux même si l’éruption est inapparente. Dre Christelle Vauloup-Fellous

Dans un cas sur deux, c’est-à-dire 50 % des cas, l’infection virale est totalement asymptomatique. Quand elle est symptomatique, les manifestations apparaissent environ deux semaines après la contamination. La rubéole se traduit alors par :

  • Une éruption cutanée qui apparaît d’abord sur le visage puis s’étend au reste du corps et persiste pendant trois jours en moyenne ;
  • Une fièvre modérée ;
  • Parfois des ganglions au niveau du cou et derrière les oreilles ;
  • Des douleurs articulaires.

Dépistage : comment savoir si on est immunisée contre la rubéole ?

Un dépistage sérologique est réalisé en début de grossesse afin de savoir si vous êtes immunisée contre le virus. Celui-ci est effectué à partir d’une simple prise de sang. Cette sérologie, appelée sérologie rubéole, permet de vérifier que vous êtes protégée (infection antérieure par le virus ou vaccination).

Le dépistage est recommandé à la première consultation prénatale chez les femmes qui ne sont pas en mesure de prouver leur immunité, explique la spécialiste. C’est-à-dire celles qui ne peuvent pas fournir une preuve de vaccination complète ou un résultat sérologique antérieur prouvant qu’elles sont immunisées. Dre Christelle Vauloup-Fellous

Si le résultat de la recherche des anticorps IgG est positif en début de grossesse, quel que soit le taux, on considérera que vous êtes immunisée (protégée). Aujourd’hui, environ 95 % des femmes enceintes en France sont immunisées, le plus souvent grâce à la vaccination.

Rubéole enceinte : que doit-on faire si l’on n’est pas immunisée ?

En dehors de la grossesse, si vous n’êtes pas immunisée contre le virus, il est très fortement recommandé de se faire vacciner.

Le vaccin étant contre-indiqué chez la femme enceinte, un dépistage supplémentaire sera proposé en milieu de grossesse afin de s’assurer que la patiente n’a pas été contaminée par le virus. Dre Christelle Vauloup-Fellous

« On lui conseillera également de se faire vacciner juste après l’accouchement à la maternité. La vaccination ne contre-indique pas l’allaitement ».

Enfin, rassurez-vous, si la vaccination a été réalisée par inadvertance pendant la grossesse, les cas de transmission du virus au fœtus sont rares (5 %) et il n’y a pas de risque de malformation.

Rubéole : quels sont les risques sur la grossesse ?

Si vous n’êtes pas immunisée, vous n’êtes pas protégée contre le virus et votre bébé non plus. En cas de contamination, l’agent infectieux peut atteindre le fœtus : on parle alors de rubéole congénitale qui peut être malformative.

« Si une femme enceinte contracte le virus au début de sa grossesse, le risque de transmission est maximal (plus de 90 %) et les conséquences pour le bébé sont généralement graves », explique la Dre Christelle Vauloup-Fellous.

« À ce stade, l’infection par le virus de la rubéole peut provoquer une fausse couche, un retard psychomoteur qui peut être très important, et/ou des malformations pouvant atteindre l’œil (cataracte), le cœur (cardiopathie), et l’oreille interne (surdité). En revanche, en seconde moitié de grossesse, le passage transplacentaire du virus est toujours possible mais les enfants infectés ne présenteront pas de séquelles de l’infection congénitale ».

Comment éviter la rubéole pendant grossesse grâce au vaccin ?

La seule façon de se prémunir contre le virus est de se faire vacciner. « Tout le monde doit avoir reçu deux doses de vaccins ROR (rougeole/oreillons/rubéole) dans sa vie, peu importe le délai entre les doses s’il est au minimum d’un mois », précise la Dre Christelle Vauloup-Fellous.

Les femmes enceintes sont plutôt bien couvertes puisqu’on estime la séroprévalence à plus de 95 % dans cette population. Dre Christelle Vauloup-Fellous

« Un effort particulier reste à faire chez les hommes où dans certaines catégories d’âge jusqu’à 15 % ne sont pas immunisés et également chez les enfants nés avant 2018 ». Rappelons que le vaccin contre la rubéole est désormais obligatoire pour tous les enfants nés à partir du 1er janvier 2018.

Comment traiter la rubéole pendant la grossesse ?

Si vous êtes contaminée, une confirmation biologique sera demandée et une déclaration faite à Santé Publique France. La rubéole est, en effet, une maladie à déclaration obligatoire depuis 2018. « En cas de contamination en première moitié de grossesse, un suivi échographique et une amniocentèse sont proposés à la future maman », précise le Dre Christelle Vauloup-Fellous.

Si l’infection fœtale est avérée à un terme précoce et que les parents en font la demande, une interruption de grossesse peut être acceptée compte tenu du pronostic sombre de ces infections congénitales ». Si le bébé est infecté, une surveillance rapprochée par un centre de référence sera mise en place afin de vérifier l’absence de malformation par des échographies régulières.

« En revanche, poursuit la spécialiste, en cas de contamination maternelle en seconde moitié de grossesse, même si le fœtus est très souvent infecté, le risque de rubéole congénitale malformative est nul et aucun suivi particulier ne sera proposé hormis un diagnostic à la naissance à visée de prévention des personnes de l’entourage. En effet les enfants infectés même asymptomatiques sont très contagieux et ce pendant de nombreux mois. Il convient donc de s’assurer du statut vaccinal de l’entourage ».

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