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Ce jeudi 16 mars, après une interruption de séance à l’Assemblée nationale, la Première ministre Elisabeth Borne a été huée alors qu’elle annonçait le recours au 49.3 pour adopter la réforme des retraites.

Elisabeth Borne a eu bien du mal à se faire entendre, par-dessus les huées et le brouhaha de l’Assemblée, ce jeudi 16 mars. La Première ministre est tout de même parvenue à engager la responsabilité de son gouvernement sur la réforme très contestée des retraites par le biais de l’article 49.3 de la Constitution. Le texte a donc été adopté sans vote, ce qui ouvre la voie à une motion de censure.

Couvrant tant bien que mal les cris et protestations des oppositions, Elisabeth Borne a commencé sa prise de parole en citant Michel Rocard, ex-Premier ministre de gauche. Le 15 novembre 1990, «en engageant la responsabilité de son gouvernement […] lors du débat sur la création de la contribution sociale généralisée, il avait eu ses mots : “Dans un scrutin ou chacun voterait selon sa conscience, permettez-moi de dire que je suis sûr que ces dispositions réuniraient une majorité, peut-être même une large majorité”».

«Ces mots, aujourd’hui je les fais miens, a poursuivi Elisabeth Borne. Et j’ajoute que si chacun votait selon sa conscience et en cohérence avec ses prises de position passées, nous n’en serions pas là cet après-midi».

Assurant que «l’incertitude plane à quelques voix près» sur le texte du Parlement, la Première ministre a estimé qu’«on ne peut pas prendre le risque de voir 175 heures de débat parlementaire s’effondrer. On ne peut pas prendre le risque de voir le compromis bâti par les deux Assemblées, écarté. On ne peut pas faire de pari sur l’avenir de nos retraites, et cette réforme est nécessaire».

Des motions de censure attendues

Malgré le recours au 49.3 «sur l’ensemble du projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale pour 2023», «un vote aura bien lieu», a assuré Elisabeth Borne. Elle anticipait alors le dépôt d’une ou plusieurs motions de censure grâce auxquelles, selon elle, «la démocratie parlementaire […] aura le dernier mot».

Marine Le Pen lui a aussitôt donné raison : «Nous espérons que ceux qui s’apprêtaient à voter contre cette réforme des retraites voteront cette motion de censure, a-t-elle déclaré. En ce qui nous concerne, nous déposerons une motion et nous voterons l’intégralité des motions de censure qui seront déposées».

Selon la cheffe de file des députés du Rassemblement national, ce 49.3 «est un constat d’échec total pour Emmanuel Macron» et son gouvernement. Elle juge d’ailleurs qu’Elisabeth Borne «ne peut pas rester» à Matignon.

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