Spread the love


Après une longue abstinence sexuelle, craintes physiques et psychiques surgissent, mais le dialogue et le réapprentissage du plaisir sont les clés pour une reprise sereine de la sexualité.

Quelles sont les craintes les plus fréquentes après une longue période d’abstinence ?

Elles sont d’ordre physique et psychique, explique Magali Croset-Calisto, psychologue et sexologue.

« D’abord, il y a la peur des rapports sexuels inconfortables ou douloureux au moment de la pénétration. Les hommes, eux, craignent souvent l’éjaculation prématurée. Certains ont aussi peur de ne plus savoir mettre un préservatif et que le temps de pose casse la spontanéité. Les craintes psychiques sont plutôt orientées sur l’image corporelle, la désirabilité : on n’est plus sûr de sa capacité de séduction et de la beauté de son corps », rapporte la psychologue.

Beaucoup craignent de ne plus savoir faire. D’autres ont des doutes sur leur désir. Ce n’est pas parce qu’on est resté longtemps sans faire l’amour que, tout d’un coup, il y a un grand appétit. Avec l’abstinence, une sorte d’inhibition peut s’installer, dit le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue, sexologue et andrologue.

Comment surmonter l’appréhension de la performance ?

« Ce qui est important c’est de comprendre d’où viennent les angoisses de performance pour pouvoir expliciter ses peurs à son ou sa partenaire. Il faut aussi relativiser les attentes », répond Magali Croset-Calisto. Que cherche-t-on : un premier rapprochement ? Du plaisir ? C’est bien de ne pas viser l’orgasme dès la première fois.

Le Dr Mimoun, quant à lui, répond : « dans le cas de partenaires qui se retrouvent, le meilleur conseil est de renouer la relation, de retrouver de la chaleur humaine avant le sexe. Pour un ou une nouvelle partenaire, il est intéressant de déconstruire ce que l’on faisait avant, de comprendre que le sexe n’est pas interchangeable, qu’on modèle sa sexualité avec sa ou son partenaire ».

Comment réagit le corps lors du retour à la sexualité ?

« La plupart du temps, le corps retrouve ses réflexes amoureux, érotiques et sexuels. Faites-lui confiance, il sait et saura faire », conseille Magali Croset-Calisto. « Cela dit, le corps a une mémoire du positif comme du négatif. Dans le cas particulier de l’abstinence après une agression sexuelle, il peut y avoir des sensations négatives. Donc ce corps a besoin d’être rassuré : il n’est pas un ennemi mais un allié. C’est la clé pour transcender les traumatismes, découvrir de nouvelles sensations et une nouvelle sexualité ».

Cela dépend de l’âge et si l’absence de sexualité est totale, y compris seul(e). Après une longue abstinence, il y a régulièrement une sécheresse vaginale. Il peut y avoir une impression de fermeture du vagin, due aux contractions sous l’effet du stress. Dr Sylvain Mimoun

Refaire l’amour après une longue abstinence : peut-on se préparer ?

« Absolument, et plus la préparation est longue, mieux le rapport va se passer. Celle-ci est mentale : se dire que tout va bien aller, qu’il n’y a pas de raisons que cela ne revienne pas », recommande la psychologue.

Je préconise aussi de se reconnecter à son corps : se caresser, se masser, éventuellement appliquer du gel avant le rapport ou même les jours ou semaines précédents, peut-être prendre des ovules avec de l’acide hyaluronique, qui vont rendre la peau plus souple et éviter les douleurs. Magali Croset-Calisto

« C’est parce que le corps est réveillé qu’il pourra de nouveau éprouver du plaisir et/ou retrouver les sensations du passé », poursuit le Dr Mimoun. « Et pour cela, le mieux est encore de savoir comment se donner du plaisir : plus une femme sait comment éprouver du plaisir et arrive à s’en donner, plus elle saura le partager avec son partenaire ».

Faut-il aborder sa période d’abstinence avec son/sa partenaire ?

« La question se pose au cas par cas, selon la confiance envers le partenaire. Avec une rencontre d’un soir, le conseil est de ne pas forcément le dire pour éviter les discussions et les préjugés. Certaines personnes se sentent valorisées quand les femmes ou hommes qu’ils désirent ont, ou ont eu, plusieurs partenaires », répond la psychologue.

Le Dr Mimoun, lui, conseille : « jauger son partenaire et son ouverture sur le sujet est important ».

Tout comme les raisons qui nous poussent à nous confier. Est-ce pour s’assurer que le partenaire s’adapte à notre rythme, ou pour exprimer notre désarroi ? Dans ce cas, ce n’est pas le plus stimulant. Mais si l’on est en confiance, en parler permet de se sentir assuré que l’autre sera attentif. Dr Sylvain Mimoun

Vaut-il mieux retrouver ses pratiques ou ouvrir un nouveau chapitre de sa sexualité ?

« Les deux sont possibles, la seule chose est de savoir où l’on en est avec ses désirs », répond le Dr Mimoun. Et Magali Croset-Calisto de conclure : « globalement, un couple qui faisait bien l’amour avant fera bien l’amour après. Ils sauront se donner du plaisir, si tant est qu’ils ont évacué les rancœurs et pensées parasites qui ont pu les mener à l’abstinence ».

5 conseils pour limiter l’appréhension

  1. Faire un bilan de son abstinence pour donner du sens à l’expérience. L’abstinence est un moment pour prendre du recul sur sa vie sexuelle. Il est important de pouvoir se questionner. Aviez-vous la sexualité dont vous aviez envie ou voulez-vous autre chose ? Que vous a apporté cette expérience et qu’attendez-vous maintenant ?
  2. Respecter ses envies. À chaque instant, il faut s’écouter et, en cas de forte résistance, prendre son temps.
  3. Se relaxer. Respiration, cohérence cardiaque, méditation… cela permet aux muscles de se détendre, et à l’esprit de se poser.
  4. Communiquer avant. Avec un proche ou un professionnel, qui n’est pas là pour juger mais pour aider à reprendre confiance en soi.
  5. Communiquer pendant. Pour être en confiance mais aussi stimulé, il est important de savoir ce qui fait plaisir à l’autre et de lui faire savoir ce qui nous fait plaisir.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *