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Du poulet, du steak, des pizzas, de l’eau… Ce n’est pas une liste de courses, mais des exemples de produits rappelés quotidiennement sur le site gouvernemental Rappel Conso. L’exemple du jour de ce 28 mai : un poulet contaminé aux résidus de médicaments vétérinaires.

Les rappels semblent se multiplier, pourtant, ils sont en réalité moins nombreux que l’année dernière à la même période. La « visibilité accrue des alertes alimentaires peut laisser penser qu’elles sont plus nombreuses, or ce n’est pas le cas », explique le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (source 1). En mai 2024, le ministère de l’Économie dénombre 110 rappels de produits alimentaires, contre 175 en mai 2023 (source 2). Au total, depuis le début de l’année 2024, 774 produits alimentaires ont déjà été rappelés. En 2023, il y en a eu plus de 2000.

Un nombre important de rappels de produits alimentaires peut être vu comme le signe d’une surveillance efficace. « Les efforts engagés ces dernières années, avec la mise en service du site Rappelconso en 2021, la parution du nouveau Guide d’aide à la gestion des alertes d’origine alimentaire en 2023 et les opérations de contrôle effectuées par les services de l’État, ont conduit à une meilleure visibilité des rappels auprès des consommateurs », prône le ministère.

Un système défaillant pour Foodwatch

Pourtant, pour Ingrid Kragl, directrice de l’information à Foodwatch, « il n’y a pas assez de rappels. Le système a le mérite d’exister mais il est insuffisant ». Selon elle, les rappels alimentaires arrivent souvent « trop tard ». Plusieurs scandales ces dernières années, comme les pizzas Buitoni ou plus récemment les eaux Nestlé, en sont la preuve. Les produits alimentaires sont en effet rappelés lorsqu’il y a une « mise en évidence d’une anomalie sur un aliment, c’est-à-dire une non-conformité qui témoigne d’un danger potentiel pour les consommateurs. L’alerte est très généralement détectée suite à la réalisation de contrôles et d’analyses par les professionnels ou par les autorités, mais fait parfois suite à l’apparition de malades », précise le ministère.

Autre problème : lorsque les rappels sont émis, ils ne sont pas suffisamment visibles pour les consommateurs. « Il y a assez peu d’information disponible pour le consommateur », estime Ingrid Kragl. Pour savoir si un aliment qu’on consomme est rappelé, c’est en effet au consommateur de faire une « démarche proactive pour trouver sur le site de Rappel Conso » ou encore « fouiller dans les profondeurs des sites internet des supermarchés. Pour nous c’est problématique ». Pour pallier ce problème, Foodwatch milite pour que les entreprises aient une « obligation de communiquer sur tous les supports », réseaux sociaux et sites internets notamment.

La directrice de l’information à Foodwatch nous révèle également que « les produits frauduleux envahissent le marché ». Par exemple, « il y a énormément de miel importé qui n’est pas du vrai miel ».

Chez Foodwatch, on a pas mal d’appels de gens qui ne savent plus quoi faire et à qui faire confiance. Ingrid Kragl.

Ces rappels tardifs voire inexistants peuvent représenter des risques graves pour la santé des consommateurs. Présence de morceaux de verres, d’allergènes, de pesticides ou encore de médicaments… « Ce sont quand même des choses graves pour la santé. Les entreprises ont une responsabilité, elles doivent s’assurer que leurs produits sont conformes, on ne peut pas jouer avec la santé des gens », conclut Ingrid Kragl.

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