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L’échographie du deuxième trimestre de la grossesse est dite « morphologique » c’est-à-dire qu’elle étudie de façon méthodique l’anatomie du fœtus. « Une première étude morphologique est également réalisée lors de l’examen du premier trimestre pour rechercher des signes évocateurs d’éventuelles pathologies », précise d’emblée le Dr Philippe Bouhanna, médecin spécialisé en échographie fœtale.

Grossesse : quelles sont les 3 échographies obligatoires ?

Dans le cadre du dépistage, trois examens sont fortement recommandés pendant la grossesse :

« Des échographies supplémentaires, spécialisées et réalisées par un expert en diagnostic prénatal, peuvent être effectuées en cas de signes cliniques évocateurs d’une pathologie fœtale ou de pathologies maternelles comme le diabète gestationnel, l’hypertension artérielle ou encore des antécédents personnels ou familiaux de pathologies génétiques ou cardiaques, ajoute le Dr Philippe Bouhanna. Des anomalies de la croissance fœtale – une croissance du fœtus trop faible ou trop importante – ou bien du liquide amniotique – excès ou faible quantité – peuvent aussi nécessiter des échographies supplémentaires. Enfin, la détection d’une infection maternelle comme la primo-infection au cytomégalovirus (CMV), la toxoplasmose ou la rubéole peut justifier des examens échographiques additionnels. »

Des échographies supplémentaires sont également nécessaires en cas de grossesse multiple.

Quand fait-on l’échographie morphologique ? Quand prendre rendez-vous pour son écho du 2ème trimestre (T2) ?

Selon les dernières recommandations de la Conférence nationale d’échographie obstétricale et fœtale (CNEOF), l’échographie du deuxième trimestre doit être réalisée entre la 21e et la 25e semaine d’aménorrhée. 

« D’une manière générale, il est préférable de programmer ces examens au milieu des différentes périodes indiquées, ajoute le spécialiste. Donc, idéalement la 22e semaine d’aménorrhée pour l’échographie du deuxième trimestre. »

Quel est le but de l’échographie morphologique foetale du deuxième trimestre ?

Les principaux objectifs de l’échographie morphologique du 2e trimestre sont le dépistage de certaines pathologies et la localisation du placenta. « On va vérifier la mobilité du fœtus, son activité cardiaque et prendre un certain nombre de mesures biométriques : le diamètre bipariétal, le périmètre crânien, le diamètre abdominal ainsi que la longueur du fémur, détaille le Dr Philippe Bouhanna. Ces paramètres nous renseigneront sur la croissance du futur bébé et nous permettront d’évaluer son poids. Dans les nouvelles recommandations du CNEOF, il est également spécifié de mesurer la taille du cervelet. »

L’échographie morphologique s’intéresse aussi à l’anatomie cérébrale. « On analyse les cavités cérébrales, poursuit le spécialiste. On étudie l’aspect du profil fœtal et de la lèvre supérieure afin de dépister certaines pathologies, et désormais on vérifie également la présence et l’aspect des globes oculaires. »

Pendant l’examen, le praticien étudie le thorax du fœtus (poumons et cœur), son abdomen (estomac, vésicule biliaire, anses intestinales, vessie, reins) l’insertion du cordon ombilical, le dos, la colonne vertébrale et les segments (bras, avant-bras et main ou pied) de chaque membre. « Enfin, on observe les annexes : le liquide amniotique ainsi que l’aspect et la localisation du placenta », conclut le spécialiste.

Quelle est la durée de l’échographie morphologique ? Comment se déroule-t-elle ?

L’échographie morphologique du deuxième trimestre dure généralement un peu plus longtemps que celle du premier trimestre. La patiente est allongée sur le dos, sur la table d’examen et le praticien (médecin ou sage-femme) déplace la sonde sur son ventre afin de visualiser le fœtus. Si aucune préparation n’est nécessaire, il est fortement recommandé aux futures mamans de ne pas appliquer de crème hydratante ou d’huile sur leur ventre avant l’examen afin de ne pas porter préjudice à la qualité de l’image.

Durant l’examen, le praticien procède à la vérification d’un certain nombre d’items. « Chaque item est associé à une action, explique le Dr Bouhanna. Par exemple, si le praticien dépisteur découvre une malformation du cœur, il doit expliquer à la patiente que cette situation inhabituelle nécessite une analyse approfondie par un échographiste référent spécialisé en diagnostic prénatal. Ce dernier étudiera l’anomalie et vérifiera si elle est isolée ou associée à d’autres anomalies. À l’issue de cette analyse détaillée, il évaluera l’indication d’un bilan invasif, tel qu’une amniocentèse. Dans certaines situations exceptionnelles, il sera discuté d’un traitement in utero ou l’on anticipera un accouchement en milieu spécialisé avec un chirurgien cardiaque pouvant opérer le nouveau-né dans l’heure si besoin. Il y a toujours un système d’organisation de soins en fonction de la pathologie. » Et d’ajouter : « Attention, l’échographie n’est pas un certificat de normalité de l’enfant à naître. Si l’on voit énormément de choses lors de l’examen, grâce aux avancées médicales et technologiques, on ne voit pas tout ! » En effet, certaines atteintes fœtales ne sont que très rarement décelables voire non décelables, notamment des anomalies concernant la vision, l’audition, le revêtement cutané, les extrémités des membres (en particulier doigts et orteils) ou encore le développement du cerveau.

Comment savoir si c’est une fille ou un garçon à l’échographie ? Quand peut-on connaître avec certitude le sexe de son enfant ?

L’échographie du deuxième trimestre est le moment où les futurs parents peuvent enfin connaître le sexe de leur enfant. « Avant, il est impossible de connaître avec certitude le sexe du foetus car la différence entre un tubercule masculin et féminin est minime », explique le Dr Philippe Bouhanna. En général, si le tubercule est dirigé vers le haut, il est probable que ce soit un garçon, et s’il est dirigé vers le bas, il est probable que ce soit une fille. « En fonction du terme et des conditions d’examen, il est possible d’obtenir une orientation fille ou garçon au premier trimestre, mais ce n’est pas du 100 % précis, ajoute le spécialiste. La certitude sur le sexe fœtal ne peut être obtenue qu’à partir de 15 semaines d’aménorrhée (SA), car c’est à ce terme que le tubercule génital se forme soit en verge, soit en clitoris. C’est pourquoi, dans la majorité des cas, on profite de l’échographie morphologique du deuxième trimestre pour l’annoncer aux parents qui le souhaitent. » 

Que faire si une anomalie est détectée ? Qu’est-ce qu’une échographie de référence ?

L’échographie du deuxième trimestre est un examen de dépistage. Si le praticien découvre une image inhabituelle ou suspecte une anomalie, une échographie à visée diagnostique sera réalisée en deuxième intention. « Dès qu’il y a un doute sur le dépistage, la patiente est adressée à un médecin référent pour qu’il fasse une échographie de diagnostic appelée aussi échographie de référence, confirme le Dr Philippe Bouhanna. On reprend alors tous les éléments du dossier – les antécédents, l’histoire de la grossesse, l’échographie du premier trimestre, le dépistage de la trisomie 21 – et à partir de là, on va réaliser une analyse beaucoup plus approfondie, détaillée et spécialisée du fœtus. »

L’échographie de référence vérifie l’ensemble du fœtus, permet d’expertiser l’anomalie fœtale et de vérifier si elle est isolée ou associée à d’autres anomalies. « Elle est si détaillée que l’on peut détecter des anomalies très fines et subtiles, non visibles et non recherchées lors d’une échographie classique de dépistage », poursuit le spécialiste. À l’issue de cette échographie de diagnostic, des examens complémentaires peuvent être réalisés – IRM fœtale, amniocentèse, ponction de sang du cordon ombilical – et une surveillance rapprochée mise en place. Et le Dr Bouhanna de conclure : « On doit ensuite prendre le temps nécessaire pour tout expliquer aux futurs parents. Ce temps d’information est capital car c’est un moment très difficile pour les couples. Il faut les soutenir et les accompagner tout au long du processus. C’est notre métier de tenir compte de l’aspect malformatif du fœtus mais aussi de l’aspect psychologique de la patiente. L’annonce doit être maîtrisée par le médecin en charge du dossier… »

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