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Médecin ophtalmologue, directeur médical de Genève Ophtalmologie, enseignant et chercheur, Kevin Gillmann est notamment diplômé des universités de Lausanne, Kingston et Harvard. Spécialisé dans le diagnostic et le traitement du glaucome au travers de plusieurs fellowships internationaux, il est également auteur de plusieurs manuels de référence et a récemment été classé parmi les 100 spécialistes mondiaux les plus influents dans le domaine du glaucome par le site ExpertScape. ​Il donne dans cet article une définition accessible d’une affection plus fréquente qu’on le croit et pour laquelle le dépistage est primordial. 

Première cause de cécité irréversible

« En règle générale, explique le spécialiste Kevin Gillmann, il s’agit d’une maladie de l’œil dans laquelle une pression intraoculaire trop élevée endommage les fibres du nerf optique et entraîne une perte progressive de vision ». Principale problématique de la pathologie : ses premiers stades sont complètement asymptomatiques. « Le plus souvent, on ne sent pas la pression intraoculaire, détaille le médecin. De plus, l’atteinte visuelle étant d’abord périphérique, lorsqu’elle est lente et progressive, le cerveau s’adapte et nous ne sommes pas conscients du déficit. Sans traitement, celui-ci progresse alors, en tunnel, jusqu’à rendre aveugle dans les phases terminales. Or, les pertes liées au glaucome sont permanentes, ce qui en fait la première cause de cécité irréversible dans le monde ». 

L’importance du dépistage

« On estime que le glaucome touche entre 2 et 5% de la population (Tham et al. 2014), indique le docteur Kevin Gillmann. Bien qu’il existe des cas congénitaux qui affectent les bébés, la maladie devient plus fréquente avec l’âge. Selon l’INSERM, sa fréquence augmente particulièrement à partir de l’âge de 40 ans jusqu’à atteindre 10% chez les plus de 70 ans. Plus frappant encore, on estime que la moitié des personnes atteintes de glaucome l’ignorent. D’où l’importance cruciale d’un dépistage précoce, afin de préserver le potentiel visuel et la qualité de vie au long terme. A cet effet, l’American Optometric Association recommande de réaliser un dépistage au moins tous les deux ans chez les adultes, et de façon annuelle à partir de 65 ans.

Le glaucome peut être diagnostiqué par un simple examen ophtalmologique en cabinet. Au cours du celui-ci, outre la mesure de la pression intraoculaire et l’examen du nerf optique au microscope, le médecin ophtalmologue considère des facteurs de risques tels que l’âge, les antécédents familiaux ou encore la myopie.

En jeu : préserver la vision

« Bien que les traitements actuels du glaucome ne permettent encore pas de régénérer les fibres nerveuses ou de retrouver la vision perdue, ils permettent de ralentir, voire de stopper la progression de la maladie, explique le médecin titulaire d’un doctorat sur la prise en charge personnalisées du glaucome (Université de Kingston, Londres). Ce qui est en jeu : c’est la préservation de la vision et de la qualité de vie. ». Selon la nature du glaucome, son stade, et les préférences personnelles de chacun, le médecin orientera son patient vers un traitement en gouttes à usage quotidien ou un traitement laser. Des procédures minimalement-invasives, telles que des stents microscopiques, offrent désormais des alternatives aux traitements traditionnels. En dernière intention, des chirurgies dites ‘filtrantes’ permettent de stabiliser les glaucomes réfractaires. Dans tous les cas, un suivi ophtalmologique régulier sera nécessaire pour s’assurer que la maladie reste sous contrôle. « Comme dans la prise en charge de toute maladie chronique, ajoute Dr Kevin Gillmann, le lien et la relation de confiance entre le docteur et le patient vont donc être essentiels ».

CONTACT

Site internet : https://geneve-ophtalmologie.ch

Adresse : Genève Ophtalmologie, Avenue du Mail 22, Genève

Téléphone : +41 (0)22 800 06 06

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