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C’est décidé, le glyphosate va finalement pouvoir être encore commercialisé pendant 10 ans au sein de l’Union européenne. Ce jeudi 16 novembre, les pays membres de l’Union européenne devaient voter pour ou contre poursuivre l’autorisation de l’herbicide, qui devait expirer le 15 décembre 2023. Mais faute d’accord, c’est la Commission européenne qui a tranché. Comme indiqué dans un communiqué, « la Commission – sur la base d’évaluations complètes de la sécurité réalisées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), en collaboration avec les États membres de l’UE – va maintenant procéder au renouvellement de l’approbation du glyphosate pour une période de 10 ans » (source 1).

La Commission européenne précise que cette décision est “sous réserve de certaines nouvelles conditions et restrictions. Ces restrictions comprennent l’interdiction d’utiliser le glyphosate comme dessiccant avant la récolte et la nécessité de prendre certaines mesures pour protéger les organismes non ciblés“. La Commission appelle à “tenir compte de la nécessité de protéger la biodiversité“. Le glyphosate, s’il est réservé aux professionnels de l’agriculture, est l’herbicide le plus utilisé en France.

Un herbicide « probablement cancérigène »

Le glyphosate est particulièrement controversé. Et pour cause : il est classé comme « probablement cancérigène pour les humains » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), instance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Plusieurs études réalisées pour mieux connaître les effets de l’herbicide sur la santé ont montré des résultats contradictoires. La plus récente, menée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et publiée en juillet, a affirmé que “l’évaluation de l’impact du glyphosate sur la santé humaine, la santé animale et l’environnement n’a pas identifié de domaine de préoccupation critique” (source 2). Mais l’EFSA a tout de même relevé un « un risque élevé à long terme pour les mammifères” en termes de toxicité. En 2022, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a décrété que “la substance ne présentait pas les critères scientifiques requis pour être classée dans la catégorie des substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction”. Enfin, en 2021, une étude de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) avait elle “conclu à l’existence d’un risque accru de lymphome non hodgkinien” lié au glyphosate.

Les effets sur la santé du glyphosate sont donc encore incertains. C’est pourquoi cette décision de renouveler sa commercialisation devrait ravir agriculteurs et industriels du secteur, mais un peu moins les scientifiques et associations de patients notamment. Plusieurs d’entre elles, comme la Ligue contre le cancer ou encore France Parkinson, appelaient la France à voter contre, en respectant « le principe de précaution, ancré dans le règlement européen qui permet d’interdire toute substance dès lors qu’elle est potentiellement dangereuse pour la santé », comme le rappelle la Ligue contre le cancer (source 4). De son côté, France Parkinson « alerte sur les présomptions qui pèsent sur cet herbicide et sa responsabilité supposée dans la maladie de Parkinson », dans un communiqué paru en novembre 2023 (source 5). La directrice scientifique de l’association, Marie Fuzzati, « espère que les pays entendront les associations parce que c’est la maladie de Parkinson, mais c’est aussi le cancer et beaucoup d’autres pathologies, et vraiment j’espère qu’on sera écoutées pour que de vraies études soient faites sur le glyphosate », a-t-elle déclaré à France Info (source 6).

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