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Simple, indolore et n’exposant pas aux rayonnements ionisants, l’échographie médullaire est un examen facile à réaliser chez le nouveau-né et le nourrisson de moins de trois mois. Elle permet le dépistage des anomalies congénitales de la moëlle épinière notamment des dysraphismes occultes ou fermés, c’est-à-dire des malformations liées à un développement incomplet de la colonne vertébrale.

Examens pédiatriques : qu’est-ce que l’échographie médullaire du nouveau-né et du nourrisson ?

L’échographie médullaire est un examen d’imagerie réalisé chez le nouveau-né et le nourrisson, idéalement le premier mois de vie, afin d’analyser la morphologie de la moëlle épinière. « L’échographie médullaire permet d’étudier aussi bien la moelle épinière que les racines nerveuses et les espaces péri-médullaires, confirme le Pr Marianne Alison, médecin radiologue pédiatrique. Elle offre la possibilité de préciser le niveau du cône médullaire et de visualiser la mobilité des racines de la queue de cheval. » Et d’ajouter :

« L’avantage de cet examen est qu’il est non invasif, qu’il n’expose pas aux rayonnements ionisants et qu’il ne nécessite pas d’endormir l’enfant. »

Fossette sacro-coccygienne atypique : quelles sont les indications de l’échographie médullaire chez le bébé ?

L’échographie médullaire est principalement indiquée en cas d’anomalies du revêtement cutané sacro-coccygien. « On peut réaliser ce type d’examen lorsqu’on observe à la naissance du bébé une anomalie cutanée au niveau du bas du dos appelée fossette sacro-coccygienne, explique le Pr Alison. Ce petit orifice dans la peau est quelque chose d’assez banal chez le nouveau-né et toutes les fossettes n’ont pas besoin d’être explorées par échographie mais certains aspects atypiques nécessitent de vérifier si elles ne sont pas associées à une malformation. » Selon le Journal d’imagerie diagnostique et interventionnelle, « la découverte d’une fossette sacro-coccygienne ne justifie la réalisation d’une échographie médullaire que lorsqu’elle est atypique par la présence d’une dépression médiane de plus de 5 mm, située à plus de 25 mm de l’anus ou associée à d’autres anomalies cutanées. »

Il est également possible d’avoir recours à l’échographie médullaire lorsqu’un bébé naît avec des malformations, notamment des pieds. « Certaines déformations des pieds pouvant être liées à une malformation spinale, on va étudier la moëlle épinière via l’examen échographique, indique la spécialiste. Enfin, une échographie médullaire peut aussi être effectuée quand une anomalie a été suspectée lors de l’échographie obstétricale, in utero, et qu’on souhaite avoir la confirmation à la naissance. »

Où et quand faire une échographie médullaire ?

L’échographie médullaire doit être réalisée dans les trois premiers mois après la naissance. « Idéalement durant le premier mois de vie, précise le Pr Marianne Alison. En effet, plus on avance dans le temps, moins la visibilité est bonne. Chez les enfants, on est ensuite obligé d’utiliser l’IRM pour étudier le contenu du canal rachidien en raison des éléments osseux. » L’examen peut être réalisé en centre hospitalier ou dans des cabinets libéraux disposant de radiologues formés à l’imagerie pédiatrique.

Et chez l’enfant plus âgé ?

L’échographie médullaire est réalisable tant que le développement osseux et ligamentaire du rachis n’interfère pas avec le champ de vision, c’est-à-dire de la naissance jusqu’à l’âge de 3 à 4 mois. Chez l’enfant plus âgé, on aura recours à l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour visualiser la moëlle épinière. « La partie postérieure de la colonne vertébrale s’ossifie progressivement et plus on avance dans l’âge de l’enfant, plus la fenêtre acoustique se réduit et plus l’analyse sera limitée, explique la spécialiste. Après il faudra avoir recours à l’IRM médullaire. Jusqu’à l’âge de cinq à six mois, on profite de la période de la sieste post-prandiale pour réaliser l’examen. Au-delà de six mois, l’imagerie par résonance magnétique nécessitant une immobilité parfaite, il faudra sédater l’enfant pour réaliser l’examen ce qui rend sa réalisation plus complexe. »

Comment se déroule l’examen ?

L’échographie ne demande aucune préparation préalable. « Il faut seulement que l’enfant soit calme, confie le Pr Alison. Souvent, on profite de la période post-prandiale. L’examen est relativement rapide et dure une dizaine de minutes en général. » Le nouveau-né ou le nourrisson est placé sur le ventre ou sur le côté, en position fœtale, sur la table d’examen. « On applique ensuite un gel sur la peau du bébé, poursuit le médecin radiologue. L’utilisation d’une sonde linéaire de haute fréquence nous permet d’obtenir des images d’une grande précision. Chez le nouveau-né ou le nourrisson, les arcs postérieurs n’étant pas encore ossifiés, on réussit à visualiser l’intérieur du canal rachidien. L’analyse débute par l’étude du cône médullaire – c’est-à-dire l’extrémité inférieure renflée de la moëlle spinale – avant d’analyser les racines nerveuses de la queue de cheval qui flottent dans le liquide cérébrospinal. »

L’échographie médullaire permet de détecter les malformations congénitales de la moelle épinière qui peuvent avoir des points d’appel cliniques (fossettes sacro-coccygiennes atypiques), se traduire par des malformations (pied creux) ou encore retentir progressivement au niveau du contrôle des sphincters. « La moëlle et ses racines innervent les membres inférieurs mais aussi la vessie. Lorsque l’appareil urinaire ne fonctionne pas correctement et que la vessie ne se vide pas normalement, il faut rechercher une anomalie congénitale touchant la moëlle épinière. » Si l’échographie médullaire révèle une anomalie, l’examen sera complété par une IRM avant de demander l’avis d’un neurochirurgien pédiatrique…

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