Spread the love


Le manque de fer constitue la principale cause d’anémie dans le monde et affecte principalement les jeunes enfants ainsi que les femmes en âge de procréer. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « on estime que 40 % de tous les enfants âgés de 6 à 59 mois, 37 % des femmes enceintes et 30 % des femmes âgées de 15 à 49 ans sont touchés par l’anémie. »

À quoi sert le fer dans le sang ? Quel rôle joue-t-il dans l’organisme ?

Le fer est un minéral essentiel au bon fonctionnement de l’organisme. « Il intervient dans la constitution de l’hémoglobine assurant les échanges d’oxygène et de gaz carbonique avec le milieu extérieur ; dans la constitution de la myoglobine (forme de réserve de l’oxygène musculaire) ainsi que dans de nombreuses réactions enzymatiques », précise la Société française de cardiologie. Il participe également à la synthèse et la réparation de l’ADN ainsi qu’à la production et la synthèse de la dopamine et de la sérotonine, deux neurotransmetteurs indispensables à notre bien-être psychologique.

« Le fer est indispensable à la formation de l’hémoglobine, une protéine présente dans les globules rouges du sang, ajoute le Dr Julien Scanzi, hépatologue et auteur de l’ouvrage Incroyable microbiote : voyage au cœur des étonnants pouvoirs de l’intestin. Sans fer, les globules deviennent petits, moins colorés et ne peuvent fournir l’oxygène aux organes. C’est pour ça que les personnes qui souffrent d’une anémie sont souvent pâles et paraissent essoufflées au moindre effort. »

Pourquoi j’ai une carence en fer ? Quelles sont les causes ?

Plusieurs causes peuvent expliquer un manque de fer :

  • un apport insuffisant dans l’alimentation ;
  • des règles abondantes chez les femmes en âge de procréer ;
  • une mauvaise absorption du fer ;
  • ou encore des saignements chroniques.

« Chez les femmes en âge de procréer, les règles sont la principale cause d’un manque de fer, confirme le Dr Julien Scanzi. Cette carence est également fréquente chez les personnes qui ont un régime restrictif, notamment les végétariens qui ne mangent pas de viande rouge. Il faut alors compenser en consommant des légumineuses ou des légumes à feuilles comme les épinards. Les saignements chroniques d’origine digestive liés à des érosions au niveau de l’estomac ou de l’intestin grêle ou des polypes du gros intestin font également partie des causes d’une anémie. Enfin, l’inflammation chronique ou une mauvaise absorption engendrée par une gastrite auto-immune (maladie de Biermer), une infection à Helicobacter pylori, une maladie cœliaque ou encore des pathologies inflammatoires comme la maladie de Crohn peuvent également être à l’origine d’un manque de fer. »

Comment diagnostiquer une carence en fer ?

La carence en fer est généralement diagnostiquée lors d’un bilan sanguin. « Outre la numération formule sanguine qui va nous renseigner sur l’hémoglobine, on va également doser la ferritine afin d’avoir une idée des réserves en fer de l’organisme », précise le gastro-entérologue.

Selon l’âge, le sexe du patient et la technique de dosage utilisée, le taux normal de ferritine doit être compris entre 20 et 200 nanogrammes par millilitre (ng/ml) de sang. Une quantité de ferritine inférieure à 20 ng/ml chez la femme et 30 chez l’homme révèle une carence en fer.

L’anémie se traduit par un taux d’hémoglobine inférieur à la normale pour le sexe et l’âge ; des globules rouges de petite taille (VGM bas) et peu concentrés en hémoglobine (CCMH bas) ainsi qu’un taux de ferritine trop bas pour le sexe et l’âge, authentifiant le manque de fer. « Lorsque la cause de la carence en fer est évidente – apports ferreux insuffisants, règles abondantes – on va d’abord supplémenter le patient et voir ce qu’il se passe, explique le Dr Julien Scanzi. Si la supplémentation ne suffit pas, un bilan complémentaire comprenant une gastroscopie ainsi qu’une coloscopie pourra être réalisé afin d’identifier les causes de l’anémie. »

Quels sont les risques d’une ferritine basse ? À partir de quel taux de ferritine faut-il s’inquiéter ?

Le fer est indispensable à la formation de l’hémoglobine. Des réserves trop basses – c’est-à-dire en dessous de 20 ng/ml chez la femme et 30 ng/ml chez l’homme – peuvent engendrer une anémie.

A contrario, un taux de fer trop élevé (hyperferritinémie) – par exemple en cas d’hémochromatose, une maladie génétique – peut également avoir des répercussions délétères à long terme sur l’organisme comme une cirrhose.

Comment savoir si on manque de fer ? Quels sont les symptômes d’une anémie ?

L’anémie dite ferriprive, c’est-à-dire par carence en fer, s’installe progressivement et est souvent bien tolérée, du moins au début, par l’organisme.

Fatigue, pâleur, essoufflement

En revanche, lorsque la baisse du taux d’hémoglobine est plus importante, des symptômes apparaissent :

  • une pâleur ;
  • une asthénie (fatigue) ;
  • un essoufflement à l’effort ;
  • des maux de tête ;
  • des vertiges ou des étourdissements ;
  • une altération des capacités de concentration.

Une chute de cheveux, une sécheresse de la peau, des ongles cassantsou « en cuillère » (minces et concaves) ou encore un syndrome des jambes sans repos font également partie des signes d’un manque de fer.

Enfin, l’anémie peut provoquer un essoufflement, une augmentation de la fréquence cardiaque voire des douleurs thoraciques. Dans les cas les plus extrêmes, heureusement rares, cela peut même aller jusqu’à l’infarctus du myocarde. Dr Julien Scanzi

Quel est le traitement d’une carence en fer ? Comment faire remonter le taux de fer dans le sang ?

Le traitement de la carence en fer repose principalement sur une supplémentation en fer par voie orale pendant au moins trois mois. Il est conseillé de prendre le fer de préférence le matin, à jeun, et de l’associer avec de la vitamine C afin de faciliter son absorption. « On recommande aussi d’éviter de boire du thé de façon concomitante à la prise de fer car cela diminue son absorption, ajoute le Dr Julien Scanzi. En cas d’intolérance au fer oral, on peut être amené à faire une perfusion de fer. Enfin, si l’hémoglobine est vraiment trop basse, il est possible de transfuser le patient. »

Manque de fer et alimentation : quoi manger ?

Les besoins quotidiens en fer de l’adulte sont d’un milligramme par jour chez l’homme et de deux milligrammes chez la femme. Le fer est principalement présent dans la viande rouge, les abats, le poisson, les lentilles, les œufs ainsi que les légumes à feuilles vertes (épinards, mâche, cresson, persil…)

On distingue deux formes de fer :

  • le fer héminique, présent exclusivement dans les aliments d’origine animale et mieux absorbé par l’organisme ;
  • le fer non héminique qu’on trouve dans les céréales, les légumes et les œufs.

Outre une supplémentation orale, en cas d’anémie il est conseillé de privilégier des aliments riches en fer comme la viande rouge, le boudin noir, le foie de veau, les crustacés ou encore les légumineuses (lentilles).

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *