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50 médecins, psychologues et patients dénoncent les lacunes fréquentes dans la prise en charge. Ils appellent instamment à un sursaut et mettent en garde contre les dangers d’un traitement inadéquat.

“Les récents incidents à Annecy, Bordeaux et Reims, perpétrés par des personnes souffrant de graves problèmes mentaux, obligent à réfléchir aux causes profondes et systémiques qui favorisent de tels actes. Il est indispensable de les mettre en relation avec l’état déplorable des services publics, notamment dans le domaine de la santé mentale et de la psychiatrie, où les difficultés et le manque de moyens, humains et financiers, sont criants”, voici le début de la tribune, parue dans le Parisien vendredi 21 juillet (source 1).

Les spécialistes rappellent que cette crise dure depuis plusieurs années, en rappellant qu’en 2018-2019, le mouvement du Printemps de la psychiatrie dénonçait déjà la catastrophe des soins psychiatriques qui négligent l’accueil, la relation humaine et l’intérêt pour la vie des patients. Cependant, leurs appels n’ont pas été entendus politiquement, entraînant la répression des lanceurs d’alerte et une maltraitance accrue. Ils insistent sur le manque de ressources humaines, de places et de volonté politique, qui menace l’accès universel aux soins en psychiatrie. Les lieux d’accueil et les services ambulatoires sont débordés, laissant la prévention de côté, pourtant essentielle dans la diminution de l’apparition de certains troubles mentaux. Autre alarme des signataires : une augmentation et généralisation de pratiques normalement exceptionnelles, telles que la contention et l’isolement, qui se généralisent rapidement, avec une prise en charge minimale consistant souvent à administrer des traitements imposés, sans accompagnement social réel. Contreproductif pour les patients et la compréhension de leur pathologie. La contrainte psychiatrique, la contention et l’isolement ne devraient être utilisés que si nécessaire et toujours accompagnés d’une prise en charge psychique. Dans le cas contraire, ces pratiques relèvent de la maltraitance et alimentent un ressentiment envers les professionnels de la santé. Enfin, l’ensemble des psychologues, patients et personnels soignants en psychiatrie explique qu’il est essentiel de remettre en question la culture de l’entrave et de l’enfermement en psychiatrie. Repartir du vécu des patients, reconnaître leur vulnérabilité et leur sensibilité est crucial pour une véritable prise en charge au sein de la société.

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