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Malgré le traumatisme subi par le pays avec les séismes du 6 février, la campagne électorale pour la présidentielle du 14 mai prochain en Turquie débute ce vendredi 31 mars. Le duel entre Recep Tayyip Erdogan et son opposant Kemal Kiliçdaroglu se confirme.

Une élection qui pourrait changer le destin d’Ankara. Alors que la Turquie se remet péniblement des difficultés économiques aggravées par les séismes de février dernier, dont les dégâts sont estimés à quelque 104 milliards de dollars (environ 95 milliards d’euros), le pays lance ce vendredi 31 mars la campagne électorale pour la présidentielle du 14 mai prochain.

Cette date a, en effet, été maintenue par le président sortant Recep Tayyip Erdogan et confirmée par décret malgré le traumatisme subi à la suite de la catastrophe naturelle qui a coûté la vie à plus de 44.000 personnes en Turquie. «Nous voulons faire du 14 mai une date qui effacera l’impact des destructions du 6 février», a fait valoir le 10 mars dernier le président turc en lançant son slogan de campagne : «Maintenant, pour la Turquie».

Après vingt ans à la tête du pays, Recep Tayyip Erdogan doit faire face à un scrutin crucial en vue d’un troisième mandat en tant que président de la Turquie.

Fragilisé par une inflation débridée de plus de 55% sur un an, des séismes ayant démontré la fragilité des infrastructures dans les provinces touchées, un effondrement de la livre turque et une crise sociale ayant usé son autorité, le président sortant de 69 ans a devancé ses adversaires politiques en allant à la «reconquête du terrain» au début du mois.

Lors d’une intervention depuis le palais présidentiel, Recep Tayyip Erdogan a affirmé vouloir consacrer ce nouveau mandat, s’il est élu, à «panser les plaies». «La Turquie n’a pas de temps à perdre ni ne peut se laisser distraire ou dépenser son énergie en vain», a-t-il dit.

D’après un premier calcul de la Banque mondiale, de l'ONU, de l'Union européenne et du gouvernement turc, les seuls dégâts causés provoqués par le séisme en Turquie se chiffrent à plus de 100 milliards de dollars.

Néanmoins, la candidature du chef de l’Etat a été très contestée par l’opposition. Selon la Constitution turque, une même personne ne peut en effet être élue que deux fois. Mais, de 2003 à 2014, Recep Tayyip Edogan était considéré comme Premier ministre et non chef d’Etat. Par conséquent, d’un point de vue constitutionnel, il n’a effectué qu’un seul mandat en tant que président, de 2014 à 2023.

Kemal Kiliçdaroglu, l’espoir des oppositions

En face, les six oppositions ont placé leur confiance en Kemal Kiliçdaroglu, patron du parti social-démocrate CHP (Cumhuriyet Halk Partisi) créé par le fondateur de la République de Turquie, Mustafa Kemal Atatürk. «La Turquie a besoin des élections, elle a besoin de changement», a martelé l’homme politique de 79 ans.

Ce natif de Nazimiye, dans le nord-est de la Turquie, est devenu le leader de l’opposition en se posant en principal adversaire de Recep Tayyip Erdogan en 2017, après les «traques» du pouvoir turc à la suite d’une tentative de coup d’Etat survenue en 2016.

La marche de 420 km entre Ankara et Istanbul qu’il avait menée au mois de juillet pour dénoncer l’incarcération d’un député CHP avait été l’une des rares actions menées contre le gouvernement.

Deux ans plus tard, la formation politique de Kemal Kiliçdaroglu a raflé les mairies de plusieurs grandes villes, dont Istanbul et Ankara où il a mis fin à vingt-cinq ans de règne du président turc et de son parti. De quoi être confiant pour le 14 mai prochain.

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