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Jusqu’à présent, on pensait que l’huile de poisson était un allié de la santé cardiovasculaire. Le motif ? Elle est riche en oméga 3. Mais des chercheurs viennent de publier une étude dans BMJ Medicine, soulignant que l’idée selon laquelle l’huile de poisson protégerait des pathologies cardiovasculaires ne serait pas suffisamment étayée. Elle pourrait même provoquer l’inverse recherché…

Ils sont repartis de la base de données UK Biobank, qui compte 415 737 personnes, de 40 à 69 ans, interrogés entre 2006 et 2010 et suivis jusqu’à mars 2021, ou jusqu’à leur décès. Les chercheurs se sont intéressés à leur consommation d’huile de poisson et aux éventuelles associations avec de nouveaux cas de fibrillation auriculaire, de crises cardiaques, d’AVC, d’insuffisances cardiaques, et de décès dus à l’une de ces causes. Plus d’un tiers d’entre eux en consommait régulièrement comme complément alimentaire (essentiellement des personnes caucasiennes, plutôt âgées, avec une majorité de femmes). Les chercheurs précisent que les poissons gras, non gras, et l’alcool étaient parmi les consommations élevées dans ce groupe étudié.

Un sur-risque de développer une maladie cardiovasculaire

Sur une période de près de 12 ans, les résultats ont été les suivants chez ceux qui se complémentaient en huile de poisson:

  • 18 367 participants ont développé une fibrillation auriculaire
  • 22 636 ont subi une crise cardiaque/un accident vasculaire cérébral ou ont développé une insuffisance cardiaque,
  • 22 140 sont décédés (dont 14 902 sans fibrillation auriculaire ni maladie cardiovasculaire grave)
  • 3085 sont passés d’une bonne santé à une insuffisance cardiaque
  • 1180 qui n’avaient au départ pas de problème cardiovasculaire ont eu un AVC 
  • 1415 qui allaient bien au début de l’étude ont fait une crise cardiaque

Il en est ressorti que chez ceux qui prenaient régulièrement des compléments à base d’huile de poisson, et qui n’avaient pas de problème cardiovasculaire, elle pourrait avoir eu tendance à dégrader leur santé de ce point de vue. Le risque de fibrillation auriculaire a augmenté de 13% et celui d’AVC de 5% chez ceux qui en consommaient.

Par contre, chez ceux qui avaient déjà des problèmes de santé cardiovasculaire, l’huile de poisson aurait eu un effet bénéfique, réduisant les risques de passer du stade de la fibrillation auriculaire à la crise cardiaque de 15%, et de passer de l’insuffisance cardiaque à la mort de 9%.

Les femmes et les non-fumeurs seraient d’après leurs résultats les deux catégories de personnes qui ont le plus de risques de voir leur santé dégradée par l’huile de poisson. L’effet protecteur se constate surtout chez les hommes et chez les personnes âgées, notent les chercheurs. Ils ont néanmoins précisé qu’il ne s’agissait que d’une étude observationnelle et qu’elle n’était pas suffisante pour tirer des conclusions quant aux liens de cause à effet.

Ils ont déclaré : « L’utilisation régulière de suppléments d’huile de poisson pourrait jouer différents rôles dans la progression des maladies cardiovasculaires. D’autres études sont nécessaires pour déterminer les mécanismes précis du développement et du pronostic des maladies cardiovasculaires en cas de consommation régulière de suppléments d’huile de poisson.« 

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