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C’est ce à quoi la communauté scientifique et médicale étudiant le cancer s’attelle depuis des décennies : trouver un moyen de diagnostiquer la maladie au plus tôt, bien avant que les premiers symptômes n’apparaissent. Car, pour plusieurs cancers, lorsque les symptômes surviennent, la maladie est déjà bien avancée. Deux nouvelles études scientifiques, parues fin avril et mi-mai 2024 dans la revue Nature Communications (Sources 1 & 2) rapportent la découverte, par des chercheurs britanniques, de protéines dans le sang qui pourraient attester d’un cancer plus de 7 ans avant son diagnostic habituel.

L’ensemble des protéines du sang passées au crible

Les scientifiques de l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) ont ainsi identifié 618 protéines, liées à 19 types de cancer différents, dont 107 protéines dans un groupe de personnes dont le sang a été prélevé au moins 7 ans avant un diagnostic de cancer. En recoupant les données, issues de la UK BioBank, banque britannique de données médicales, ils ont découvert que ces protéines présentes dans la circulation sanguine pouvaient être impliquées dès les premiers stades de cancer. De quoi potentiellement prendre en charge beaucoup plus précocement un cancer encore asymptomatique.

Les chercheurs ont ici utilisé une technique nommée protéomique, qui consiste à étudier l’ensemble des protéines d’un tissu, d’un organisme, d’une cellule, ou, comme ici d’un fluide biologique (le sang).

Grâce à d’énormes échantillons de données (44 000 personnes incluses dans la 1re étude, plus de 300 000 cas de cancer dans la 2e), les scientifiques ont notamment découvert 40 protéines, présentes dans le sang, et influençant le risque de contracter 9 types de cancer différents.

Pour autant, l’équipe de recherche se garde bien de mettre de ce pas au point un test sanguin de dépistage précoce. Il reste en effet à découvrir le rôle exact que jouent ces protéines dans le développement du cancer, quelles protéines sont les plus fiables à tester, quels tests pourraient être développés pour détecter les protéines dans la pratique clinique et enfin quels médicaments pourraient cibler ces protéines.

De l’importance de la recherche à grande échelle

Pour sauver davantage de vies du cancer, nous devons mieux comprendre ce qui se produit dès les premiers stades de la maladie. Les données recueillies […] ont révélé des informations très intéressantes sur la façon dont les protéines présentes dans notre sang peuvent affecter notre risque de cancer. Maintenant nous devons étudier ces protéines en profondeur pour voir lesquelles pourraient être utilisées de manière fiable à des fins de prévention”, a ainsi commenté le Dr Keren Papier, épidémiologiste nutritionnel et coautrice de l’étude parue le 15 mai dernier.

Les gènes avec lesquels nous sommes nés et les protéines qui en sont issues ont une influence considérable sur la façon dont le cancer se déclare et se développe. Grâce aux milliers de personnes qui ont donné des échantillons de sang à la UK BioBank, nous construisons une image beaucoup plus complète de la manière dont les gènes influencent le développement du cancer sur de nombreuses années”, a ajouté le Dr Joshua Atkins, coauteur des deux études, cité dans un communiqué (Source 3).

Nul doute que, dans les prochaines années, les tests sanguins de dépistage du cancer se généralisent, au vu des dernières recherches sur le sujet.

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