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Nos cheveux poussent d’environ 1,5 centimètre par mois et de 12 centimètres par an. Vous rêvez d’une chevelure à la Raiponce et vous avez l’impression que vos cheveux ne poussent pas ? Pas de panique ! Des solutions existent pour booster leur croissance. « La chute des cheveux est une préoccupation très fréquente en consultation, commence la Dre Michèle Pelletier-Aouizerate. Elle peut même être un véritable traumatisme. Rappelons que dans la Bible, Samson tire sa force herculéenne de sa chevelure : ce n’est pas un hasard si celle-ci symbolise la bonne santé dans l’inconscient collectif ! »

Pourquoi j’ai l’impression que mes cheveux ne poussent plus ?

La réponse est dans la question : ce n’est qu’une impression ! Les cheveux poussent en moyenne de 0,3 millimètre par jour et croissent de manière plus ou moins rapide en fonction des individus.

Le cycle de vie du cheveu appelé aussi cycle pilaire se divise en trois phases :

  • la phase dite anagène correspond à la période de pousse et dure entre 4 et 7 ans ;
  • la phase catagène est la période pendant laquelle le cheveu est en état de latence et ne pousse plus. Elle s’étale sur trois semaines à plusieurs mois ;
  • enfin pendant la phase télogène, le cheveu meurt et tombe pour laisser place ensuite à un nouveau cheveu.

Les cheveux qui constituent notre chevelure ne sont pas tous dans la même phase. Pendant que certains tombent, d’autres poussent, c’est ce qu’on appelle la croissance en mosaïque. Dre Michèle Pelletier-Aouizerate dermatologue

Carences, maladies : qu’est-ce qui peut ralentir la pousse des cheveux ?

Il arrive que la pousse des cheveux ralentisse lorsqu’on souffre de carences alimentaires (mauvaise alimentation), qu’on les affaiblit avec des traitements chimiques (par exemple les colorations à répétition) ou qu’on utilise quotidiennement des appareils chauffants.

« L’état du cheveu reflète souvent l’état de santé de la personne, indique le Pelletier-Aouizerate. Celui-ci a besoin de nutriments, d’énergie pour pousser. Une carence en fer (anémie ferriprive) ou en vitamines peut ralentir la pousse des cheveux voire favoriser leur chuteC’est pourquoi il ne faut pas hésiter à consulter un dermatologue en cas de doute. On s’assurera d’abord qu’il n’y a pas une raison médicale en prescrivant, par exemple, un bilan sanguin afin de vérifier que le patient n’est pas anémié. » Et d’ajouter : « La notion de stress est aussi à prendre en compte dans l’histoire du patient, il ne faut pas sous-estimer les traumatismes psychiques. »

Enfin, un dérèglement des phases du cycle pilaire peut également être en cause. « Par exemple, après une grossesse, la chute de cheveux (effluvium télogène) est due à une accélération de la dernière phase du cycle pilaire. »

Pourquoi mes cheveux ne poussent pas à certains endroits ? Par exemple sur le dessus de la tête ?

Certains troubles dermatologiques comme l’alopécie androgénique ou encore la pelade peuvent être responsables du dégarnissement de certaines zones du cuir chevelu.

La pelade

La pelade se caractérise par la perte de cheveux, par plaques, à certains endroits du cuir chevelu. « Elle s’observe chez des patients qui ont eu un choc psychologique, dans certaines maladies auto-immunes ou encore en cas de foyers infectieux d’origine dentaire, explique la dermatologue. Ne plus avoir de cheveux ne veut pas dire pour autant que tout est perdu ! L’utilisation de la photobiomodulation, par exemple, va permettre d’activer les cellules souches dormantes à la base du follicule pileux et d’activer la repousse. »

L’alopécie androgénique

L’alopécie androgénique (calvitie) est une chute de cheveux liée à des facteurs génétiques et hormonaux qui touche principalement les hommes. Elle se manifeste par un creusement des golfes temporaux, au niveau du front, et par un dégarnissement progressif de la chevelure au sommet du crâne. « L’alopécie androgénique résulte d’une sensibilité des récepteurs des follicules pileux aux androgènes (hormones mâles), explique la Dre Pelletier-Aouizerate. Avant, quand un jeune homme venait consulter pour une chute de cheveux, on lui prescrivait des traitements comme le Minoxidil à appliquer localement sur le cuir chevelu ou le Finastéride, un médicament à prendre par voie orale qui bloque l’action de la testostérone. Cela permettait de ralentir le phénomène. Aujourd’hui, on sait que certains cheveux, notamment ceux situés au niveau occipital (sur la nuque) n’ont pas de récepteurs aux hormones mâles et que si on les prélève pour les greffer, par exemple, au sommet du crâne cela va stopper l’évolution de la chute de façon durable et pérenne. »

Les femmes peuvent également présenter une sensibilité aux hormones androgènes et être atteintes d’alopécie androgénique. L’hyperandrogénie, c’est-à-dire l’excès d’androgènes va se manifester par :

  • une hyperséborrhée (peau grasse au niveau du visage) ;
  • de l’acné ;
  • une pilosité excessive (hirsutisme) au niveau du menton, sur le ventre ou sur le dos ;
  • une chute de cheveux dans les zones sensibles aux androgènes c’est-à-dire au niveau de la raie médiane, du sommet de la tête (vertex) ou encore des golfes temporaux.

Un bilan sanguin permettra de confirmer l’hyperandrogénie et de la traiter. « En première intention, dans les formes peu sévères, il est possible de prescrire une pilule œstroprogestative, précise la dermatologue. Certaines patientes peuvent également présenter les signes cliniques d’une hyperandrogénie sans que leur bilan sanguin ne soit modifié : on parlera alors de réceptivité aux androgènes. » Enfin, un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) peut aussi déclencher une hypersensibilité aux hormones mâles…

Comment faire pour activer la pousse des cheveux ?

En dehors des pathologies du cuir chevelu, des mesures hygiéno-diététiques simples – l’adoption d’une alimentation équilibrée et la correction des carences en fer ainsi qu’en vitamines B6, B9 et B12 – et l’utilisation en complément de lotions permettent souvent d’activer la pousse des cheveux.

Parmi les derniers traitements, la photobiomodulation s’avère également très efficace tant pour ralentir la chute que pour booster la repousse. « On obtient des résultats extraordinaires, assure la Dre Pelletier-Aouizerate. Plus communément appelée luminothérapie, la photobiomodulation améliore l’activité cellulaire du cuir chevelu en stimulant la phase anagène (ou phase de pousse du cycle pilaire) mais aussi les cellules souches dormantes. On peut faire des séances en cabinet, l’associer à des produits locaux qui vont dynamiser les effets et poursuivre, si nécessaire, le traitement chez soi avec un home device conseillé. » Une bonne nouvelle pour ceux et celles qui se font des cheveux… pour leurs cheveux !

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