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Les douces soirées d’été, les promenades en nature et autres moments de détente en plein air peuvent parfois être gâchés par des nuisibles familiers : les moustiques. Ces petits insectes ailés ont le don de transformer d’agréables soirées en cauchemars et de nous tenir éveillé(e) s de nombreuses nuits… Pourquoi diable leurs piqûres nous démangent autant ? Et pourquoi certaines personnes se grattent-elles plus que d’autres ? On fait le point avec la Dre Cécile Nabet, entomologiste médicale et maîtresse de conférence.

Rappel : pourquoi les moustiques nous piquent-ils ?

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les moustiques nous piquent ? Au risque de vous surprendre, sachez que seules les femelles piquent : « au quotidien elles se nourrissent de nectar, mais elles ont aussi besoin des protéines de notre sang pour permettre à leurs œufs d’arriver à maturation », explique l’experte.

Comment les femelles nous piquent-elles ?

Le mécanisme de la piqûre est plus complexe qu’il n’y paraît… Dans un premier temps, les femelles se posent sur leur hôte et restent immobiles quelques secondes, les moindres mouvements peuvent alors les faire fuir (phase d’exploration). Elles sondent ensuite notre peau avec leur trompe, à la recherche d’un vaisseau sanguin (phase de sondage). Lorsqu’elles parviennent à percer la paroi d’un vaisseau, elles ingèrent rapidement le sang par aspiration pour mieux se nourrir (phase d’ingestion).

« Le sang peut être prélevé directement dans le capillaire sanguin, ou à partir du micro-hématome créé lors de la piqûre. Quoi qu’il en soit, en se nourrissant, les femelles moustiques nous injectent simultanément de la salive contenant des protéines anesthésiantes et des protéines qui empêchent notre sang de coaguler et facilitent son aspiration », précise la Dre Nabet. Une fois le repas terminé, les femelles se retirent en quelques secondes et partent se mettre à l’abri (phase de retrait).

Pourquoi est-ce qu’un moustique peut piquer plusieurs fois dans la nuit ?

Une seule femelle moustique peut faire bien des dégâts dans la nuit, confirme l’entomologiste. Et de rappeler : « un repas de sang peut durer jusqu’à trois, voire quatre minutes. Si elles prennent leur repas d’une traite, les femelles n’ont besoin de piquer qu’une fois. Malheureusement, elles sont souvent dérangées et doivent revenir à la charge pour ponctionner l’intégralité du volume de sang dont elles ont besoin ».

Autre inconvénient : une fois fécondées, les femelles conservent les spermatozoïdes des mâles dans une petite poche interne, la spermathèque. Elles peuvent ainsi s’en servir au fur et à mesure pour mener à bien plusieurs cycles de ponte sans l’intervention d’un mâle. « Lorsque le repas est digéré, la femelle gravide cherche un site de ponte adéquat, dépose ses œufs, puis repart à la recherche d’un nouveau repas de sang et le cycle reprend. En théorie, elle doit sortir pour aller pondre, à moins qu’il y ait des plantes avec de l’eau stagnante chez vous », détaille la Dre Nabet. Quoi qu’il en soit, si une femelle moustique se trouve dans votre chambre… Mieux vaut l’éradiquer, car elle vous laissera peu de répit !

Bon à savoir : les moustiques peuvent aussi piquer nos animaux domestiques, notamment nos chats et nos chiens.

Pourquoi les piqûres de moustiques nous grattent aussi longtemps ?

Les femelles moustiques disparaissent aussi discrètement qu’elles nous piquent. Seule trace de leur passage : de petites bosses qui se forment au point de piqûre, et que l’on appelle communément « boutons de moustique ». Relativement inesthétiques, ces derniers ont aussi une fâcheuse tendance à nous démanger. Pour cause…

Lorsqu’elles nous piquent, les femelles moustiques ne se contentent pas d’aspirer notre sang : elles nous injectent simultanément de la salive qui contient des centaines de molécules anticoagulantes, anti-inflammatoires et immunosuppressives susceptibles d’affoler notre système immunitaire et de provoquer une réaction allergique. Dre Nabet, entomologiste médicale.

Pourquoi les boutons de moustiques apparaissent parfois à retardement ?

Lorsque notre système immunitaire détecte les protéines présentes dans la salive des moustiques, il déclenche une réponse inflammatoire défensive. Cela entraîne un afflux de globules blancs et d’autres cellules immunitaires vers la zone de la piqûre. Une fois au contact des cellules étrangères, les cellules immunitaires libèrent de l’histamine, ce qui peut provoquer des rougeurs, des gonflements et des démangeaisons.

Cela dit, notre système immunitaire peut mettre un certain temps à déclencher la réponse inflammatoire. C’est pourquoi les démangeaisons et les boutons peuvent apparaître plus tardivement chez certaines personnes.

« En règle générale, on développe rapidement une irritation locale de type papule prurigineuse qui disparaît en quelques heures. Mais certaines personnes sont véritablement allergiques à la salive des moustiques et peuvent développer des réactions locales immédiates plus ou moins douloureuses dans les quinze premières minutes qui suivent la piqûre. Dans ces cas, elles peuvent durer jusqu’à 24 heures », souligne la Dre Nabet. Et de préciser : « Dans certains cas, la réaction peut être plus tardive et se caractériser par des papules indurées et prurigineuses, pouvant persister pendant plusieurs jours à plusieurs semaines ».

Bon à savoir : les réactions générales de type choc anaphylactique sont exceptionnelles, contrairement aux piqûres de guêpes et abeilles !

Pourquoi certaines personnes sont-elles plus sensibles à la salive des moustiques ?

Nous réagissons tous différemment aux piqûres de moustiques… Certaines personnes ont simplement une réaction immunitaire plus forte face aux protéines présentes dans la salive des moustiques, ce qui entraîne une réaction plus importante.

L’exposition aux piqûres impacte aussi notre réaction : « Plus on se fait piquer par les moustiques d’une région donnée, plus on développe une immunité vis-à-vis de la salive desdits moustiques et moins les réactions allergiques sont marquées. De fait, les jeunes enfants qui n’ont pas encore développé de tolérance naturelle sont plus susceptibles d’avoir des réactions fortes ».

Par ailleurs, certaines personnes sont moins chanceuses que d’autres et se font davantage piquer en raison de la composition chimique de leur sueur ou encore de la présence de certaines bactéries du microbiote cutané qui libèrent des composés volatils.

Durée : combien de temps les piqûres de moustiques démangent-elles ?

La durée des démangeaisons varie en fonction de la sensibilité individuelle, de la composition de la salive du moustique et des mesures prises pour soulager les démangeaisons. Le plus souvent, le prurit s’atténue au bout de quelques minutes, voire quelques heures. Certaines personnes sont toutefois plus sensibles aux piqûres de moustiques que d’autres, ce qui peut entraîner des démangeaisons plus intenses et persistantes. Comme indiqué ci-dessus, si vous êtes allergique aux piqûres de moustiques, les démangeaisons peuvent évidemment être plus prononcées et durer plus longtemps.

Comment calmer les démangeaisons ?

« L’allergie au moustique s’améliore avec l’âge (désensibilisation naturelle), mais certaines personnes gardent une sensibilité particulière tout au long de leur vie », prévient la Dre Nabet. Et d’ajouter : « À l’heure actuelle il n’existe pas de méthode médicale fiable de désensibilisation pour se prémunir des réactions allergiques causées par les piqûres de moustiques », note la Dre Nabet.

Si vous vous faites piquer en dépit de toutes les mesures de prévention (répulsifs, port de vêtements couvrants à la tombée de la nuit, dormir sous moustiquaire, etc.), plusieurs techniques permettent de soulager les démangeaisons :

  • Appliquez une compresse froide ou un sac de glace enveloppé dans un linge propre sur la piqûre.
  • Vous pouvez aussi appliquer du vinaigre de cidre, du bicarbonate de soude, de l’huile essentielle de lavande ou un gel d’aloe verasur la piqûre.
  • Utilisez une crème antihistaminique contenant de l’hydrocortisone ou de la calamine pour réduire les démangeaisons et assurez-vous de suivre les précautions d’emploi sur l’emballage.
  • Prenez un antihistaminique oral en vente libre pour soulager les démangeaisons et réduire l’inflammation. Là encore, suivez les instructions du fabricant et consultez un médecin si vous avez des préoccupations particulières.

Risques : pourquoi il ne faut pas gratter une piqûre qui nous démange ?

On vous l’a sans doute répété étant enfant : il ne faut absolument pas gratter une piqûre de moustique ! Le fait de se gratter soulage un temps, mais relance aussi rapidement les démangeaisons et provoque une irritation supplémentaire de la peau. Un grattage excessif et récurrent peut aussi endommager la peau et laisser des cicatrices. Sans oublier que cela peut être à l’origine de coupure et vous pouvez tout à fait y introduire des bactéries, ce qui augmente le risque d’infection.

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