Spread the love


Pourquoi les femmes et les hommes prennent plus de poids après 50 ans ?

À partir de la cinquantaine, les muscles ont tendance à s’atrophier. Cela abaisse donc le métabolisme de base de l’organisme, c’est-à-dire la capacité du corps à dépenser naturellement des calories. Il stocke alors de plus en plus facilement, et le tissu adipeux se développe, surtout au niveau du ventre.

« Chez l’homme, la testostérone favorise le développement de la graisse profonde péri-viscérale car les gros adipocytes profonds (qui forment le tissu adipeux) sont activés par cette hormone. Chez les femmes, les œstrogènes activent plutôt les cellules graisseuses superficielles du ventre, des cuisses, des seins et des fesses. Mais la ménopause rebat les cartes. Avec la baisse progressive des œstrogènes au fil des années, la testostérone reprend le dessus et les adipocytes de la graisse abdominale profonde se développent alors, comme chez l’homme, avec les mêmes risques de complications de type diabète, cholestérol, hypertension artérielle… », explique Laurence Plumey, médecin nutritionniste.

Les femmes prennent-elles plus de poids que les hommes ?

Les hommes et les femmes sont à égalité quand il s’agit de la prise de poids, quand ils ont une alimentation trop calorique, ne dorment pas suffisamment, et ne bougent pas assez. « En revanche, les femmes connaissent deux facteurs de risque supplémentaires de prise de poids : l’hypothyroïdie (une affection hormonale qui touche une femme sur cinq après la ménopause) et la ménopause. À comportement égal, à cause des hormones une femme a donc plus de risque de prendre du ventre qu’un homme à partir de 50 ans », reprend Laurence Plumey.

L’homme prend systématiquement au niveau du ventre avec un aspect de ventre dur dû au développement de la graisse profonde péri-viscerale repoussant les abdominaux. La femme prend plutôt au niveau des fesses, des cuisses mais aussi du ventre sous la forme d’un bourrelet graisseux superficiel (aspect de ventre mou) ; en revanche, à la ménopause, la graisse profonde se développe.

Certaines personnes sont-elles plus gâtées par la nature ?

Les sportifs sont moins touchés par la prise de poids avec l’âge. Ils brûlent des calories pendant leurs séances de sport et leur masse musculaire est augmentée. Ils ont donc un métabolisme de base élevé. Ils stockent moins, et brûlent davantage de graisses.

D’autres sont dotés par la nature d’une meilleure génétique. « Il y a une quarantaine de gènes impliqués dans la gestion du poids. Une personne qui a une lipolyse très active (elle brûle facilement ses graisses) et une faible lipogenèse (elle stocke difficilement) a plus de chances de rester mince qu’une personne qui a un métabolisme contraire. De plus, si elle est vite rassasiée – la sensation de satiété n’arrive pas aussi vite chez tout le monde – elle sait beaucoup plus facilement contrôler ses apports alimentaires », précise la spécialiste.

Le microbiote intestinal entre aussi en jeu. On sait qu’il joue un rôle dans la gestion du poids ; les microbiotes des personnes minces ne sont pas les mêmes que ceux des personnes en surpoids.

Comment éviter de prendre du poids en vieillissant ?

Quatre éléments sont essentiels pour lutter contre la prise de poids liée à l’âge : la nutrition, l’activité physique, le sommeil et le stress.

Le sommeil

Sans le sommeil, on ne peut pas maigrir. D’une part un manque de sommeil cause une fatigue qui se fait ressentir, avec à la clé une activité moins importante, et donc moins de dépense d’énergie. On ressent des envies de manger sucré plus importantes, avec des compulsions vers les biscuits, les gâteaux… le fameux grignotage. La première clef est donc de dormir au moins en moyenne entre 7 et 8 heures par nuit, avec un coucher avant minuit, afin d’avoir un sommeil plus récupérateur. Cette routine de sommeil permet d’avoir l’énergie nécessaire pour faire du sport.

Le sport

Il est très important de marcher et bouger tous les jours pendant au moins une heure, c’est la base pour lutter contre la prise de poids, et plus globalement pour être en bonne santé. Si possible, on y ajoute un peu d’activité physique 2 ou 3 fois par semaine : vélo, elliptique, natation… La régularité est essentielle. Sans pratique sportive il n’est pas possible de limiter la prise de poids.

L’alimentation

Côté alimentation il faut manger sain, gourmand et avec bon sens. Commencez déjà par ne pas sauter de repas car c’est la porte ouverte aux troubles du comportement alimentaire et au grignotage. Ensuite, mangez varié et suffisamment. Par exemple un déjeuner avec un plat principal composé de viande ou de poisson ou d’œufs avec un mélange légumes – féculents, un laitage ou fromage et un fruit. En faisant un repas à 3 composantes, on limite ainsi les risques de grignotage l’après-midi. Ensuite, il faut manger léger le soir : c’est la nuit qu’on grossit. Évitez les sauces, les fritures et les desserts sucrés et privilégiez les légumes. Par exemple, une assiette de crudités en entrée, un plat principal surtout accompagné de légumes, un laitage et un fruit. Les petits écarts sont bien évidemment autorisés, mais ponctuels et plutôt au déjeuner qu’au dîner.

  • limiter le gras et le sucre ;
  • augmenter les légumes à chaque repas ;
  • manger moins de pain et de féculents ;
  • ne pas grignoter entre les repas ;
  • remplacer les desserts sucrés par un fruit.

Attention aux régimes ! C’est une erreur de se concentrer uniquement sur un régime pour perdre ses kilos superflus. Les risques sont multiples : on perd du muscle, on s’affaiblit, on se carence, et on stocke de plus en plus facilement, tout en abaissant progressivement son métabolisme de base. C’est pour cela que les régimes, à la longue, font grossir.

Le stress

Lors de situations de stress, le corps sécrète du cortisol. Cette hormone joue un rôle essentiel dans la régulation du glucose dans le sang. Si le stress est récurrent, la sécrétion en excès de cortisol finit par augmenter la graisse corporelle, surtout au niveau du ventre.

À quel âge grossit-on le plus en tant que femme ?

À tout âge la prise de poids est possible dès lors que l’on ne respecte pas ce mode de vie sain au quotidien. Laurence Plumey souligne « que les périodes soumises aux variations des hormones sont particulièrement à risque pour les femmes : prise de pilule, adolescence, grossesse, allaitement, ménopause. De plus, à partir de la cinquantaine, attention au ventre qui s’arrondit. Il faut redoubler de vigilance quant au sommeil, à l’activité physique et à la qualité de l’alimentation. Ce n’est certainement pas le moment de se laisser aller… »

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *