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Grâce à l’intelligence artificielle, des scientifiques sont parvenus à mettre en évidence des différences de langage chez des patients atteints de la maladie de Parkinson. L’analyse de nombreuses conversations a permis de faire l’observation suivante : les parkinsoniens utiliseraient plus de verbes et moins de noms que les autres.

Les résultats de l’étude, parus dans la revue Parkinsonism & Related Disorders (Source 1), laissent penser que l’utilisation d’une telle IA pourrait être utilisée pour diagnostiquer la maladie de Parkinson, tant les différences de langage seraient perceptibles et pertinentes.

Nos résultats suggèrent que même en l’absence de déclin cognitif, les conversations des patients atteints de la maladie de Parkinson différaient de celles des sujets sains”, a commenté le professeur Katsuno, responsable de l’étude, dans un communiqué (source 2). “Lorsque nous avons tenté d’identifier les patients parkinsoniens ou les témoins sains sur la base de ces changements conversationnels, nous avons pu identifier les patients parkinsoniens avec une précision de plus de 80 %. Ce résultat suggère la possibilité d’une analyse du langage utilisant [cette méthode] pour diagnostiquer la maladie de Parkinson”, a-t-il indiqué.

En tout, l’IA a passé au crible 37 caractéristiques langagières. Elle a permis de constater que les 53 patients parkinsoniens de l’étude utilisaient moins de noms communs, de noms propres et de mots de remplissage par phrase que les 53 témoins “sains”. À l’inverse, les patients parkinsoniens employaient plus de verbes que les autres.

Un exemple concret : la description d’une matinée

Si je leur demande de parler de leur matinée”, détaille le Dr Katsunori Yokoi, coauteur de l’étude, “un patient parkinsonien dira quelque chose comme ‘Je me suis réveillé à 4h50. Je pensais que c’était un peu tôt, mais je me suis levé. Il m’a fallu environ une demi-heure pour aller aux toilettes, alors je me suis lavé et je me suis habillé vers 5h30. Mon mari a préparé le petit-déjeuner. J’ai pris le petit-déjeuner après 6 heures du matin. Ensuite, je me suis brossé les dents et je me suis préparé à sortir’. Alors qu’un patient du groupe témoin, en bonne santé, dira plutôt quelque chose comme ceci : ‘Eh bien, ce matin, je me suis réveillé à six heures, je me suis habillé et, oui, je me suis lavé le visage. Ensuite, j’ai nourri mon chat et mon chien. Ma fille a préparé un repas, mais je lui ai dit que je ne pouvais pas manger et j’ai, euh, bu de l’eau’.

S’ils précisent qu’il ne s’agit là que d’exemples, les chercheurs soulignent que la durée totale de la réponse est similaire, mais que le rythme de parole et le contenu sont foncièrement différents. On le voit bien ici, les malades de Parkinson font visiblement des phrases plus courtes et plus descriptives, sans petits mots de liaison, ce qui engendre plus de verbes.

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