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Définition : qu’est-ce qu’une péritonite ?

La péritonite est une inflammation aiguë de toute ou partie du péritoine. Pour rappel, le péritoine est une membrane qui tapisse les parois intérieures de l’abdomen recouvrant les organes qui y sont contenus. La péritonite aiguë est d’origine infectieuse. Elle est une urgence chirurgicale, l’infection étant capable de diffuser rapidement vers le reste de l’organisme. Ce qui est à craindre est le choc septique et le décès

La maladie se caractérise par un gonflement du péritoine, un afflux sanguin vers ce dernier ainsi qu’une hypersécrétion avec infiltration de liquide

Les symptômes qui doivent alerter sont : des douleurs abdominales intenses, des nausées/vomissements, de la fièvre et une augmentation du rythme cardiaque. 

Heureusement, la péritonite est une maladie peu fréquente et qui touche préférentiellement certaines personnes à risques comme les patients immunodéprimés, les personnes âgées ou encore les personnes qui ont une maladie digestive (dans ce cas, la péritonite est souvent une complication de cette pathologie). 

Néanmoins la péritonite n’a rien d’exceptionnelle et nous pouvons la rencontrer chez des patients en bonne santé que ce soit chez l’adulte ou l’enfant. La péritonite la plus connue est celle liée à l’appendicite. Il suffit que les symptômes de cette dernière soient silencieux pour que le patient laisse traîner les choses et se retrouve finalement avec une péritonite aiguë. Olivier Spatzierer, gastro-entérologue et hépatologue. 

Causes : qu’est-ce qui provoque une péritonite aiguë ?

La péritonite aiguë est liée à une infection bactérienne de toute ou partie du péritoine. On distingue 3 causes possibles : 

  • La péritonite primitive : dans ce cas, l’infection est spontanée et ne s’explique pas par des lésions intraabdominales. Il peut s’agir d’une infection d’ascite à E. coli chez le patient qui a une cirrhose du foie, d’une infection au pneumocoque chez un patient immunodéprimé, d’une infection au staphylocoque chez un patient sous dialyse.. 
  • La péritonite secondaire qui s’explique par des foyers infectieux intraabdominales comme une infection abdominale localisée ou la perforation d’un viscère digestif.

Il peut s’agir d’une perforation du tube digestif (en particulier d’un ulcère gastro-duodénal ou d’un diverticule sigmoïdien), d’une infection de l’appendice ou de la vésicule biliaire. La péritonite peut se développer dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes d’appendicite

Elle peut aussi être de cause gynécologique (chez la femme) ou encore consécutive à un acte opératoire abdominal.

  • La péritonite tertiaire qui est liée à une surinfection de la cavité abdominale et à la présence de bactéries particulièrement résistantes malgré un traitement adapté.

Péritonite aiguë chez l’enfant : à quoi c’est dû ?

Chez l’enfant, la péritonite est rare. 

Chez le jeune enfant, elle est le plus souvent la complication d’une appendicite.

Chez les nourrissons, la péritonite peut être la conséquence d’une entérocolite du prématuré liée à une perforation de la paroi digestive infectée. Enfin, certaines péritonites peuvent survenir avant la naissance (péritonite anténatale), avec la libération de méconium (excréments accumulés dans l’intestin du fœtus) dans la cavité péritonéale.

Ventre de bois, douleur intense… Quels sont les symptômes de la péritonite ?

Les symptômes de la péritonite sont : 

  • Une douleur abdominale généralisée associée à une contracture douloureuse de l’abdomen (ventre de bois) ; 
  • Des nausées et des vomissements
  • Un arrêt du transit intestinal
  • Une augmentation du rythme cardiaque (tachycardie) et parfois despalpitations
  • Une forte fièvre (entre 39° et 40°). 

“La contracture abdominale et la fièvre sont caractéristiques de la péritonite. Ces signes doivent pousser à se rendre aux services des urgences ou à appeler le samu rapidement”, prévient le docteur Olivier Spatzierer. 

Complications : peut-on mourir d’une péritonite ?

Il est possible de mourir d’une péritonite. “Sans prise en charge,  la maladie peut s’étendre à l’ensemble du péritoine puis à la circulation sanguine : c’est la septicémie. Elle peut conduire au choc septique et au décès. Néanmoins, le pronostic est variable selon les antécédents du patient, de la cause de la péritonite et de la sévérité de l’infection”, selon l’expert.

Comment est établi le diagnostic ?

Les signes cliniques mettent généralement le médecin sur la voie. Néanmoins, les douleurs peuvent être atténuées chez les personnes âgées, obèses ou dénutries. 

” Le scanner abdominal permet de confirmer le diagnostique : la présence anormale d’air dans la cavité est caractéristique. Les analyses sanguines montrent aussi des anomalies”, selon le docteur Olivier Spatzierer, gastro-entérologue et hépatologue. Ces examens permettent d’évaluer l’importance de l’infection et éliminent d’autres causes de douleurs abdominales. 

Traitements : comment guérir une péritonite ?

La péritonite aiguë est une urgence médico-chirurgicale. Sans prise en charge spécifique, elle est susceptible de donner lieu à une diffusion de l’infection à l’intégralité de la cavité abdominale puis au reste de l’organisme : c’est la septicémie. Un choc septique suivi du décès est à craindre. 

  • S’il s’agit d’une péritonite secondaire, le traitement consiste en une intervention chirurgicale qui cible la cause de la péritonite. Il peut s’agir notamment d’une suturation de perforation d’ulcère, d’une ablation d’une tumeur abdominale, une appendicectomie en cas d’appendicite…

“La chirurgie va aussi permettre un nettoyage de la cavité péritonéale afin d’éviter la propagation de l’infection. Le chirurgien peut aussi drainer les liquides et les épanchements infectieux. Un drain peut rester en place quelques temps pour évacuer le pus”, selon le spécialiste. 

Ajoutons que dans toutes les formes de péritonite, des traitements médicamenteux sont immédiatement instaurés comme une antibiothérapie (par voie orale ou intraveineuse) et des antalgiques

Des injections de minéraux (potassium, sodium..) est possible en cas de troubles électrolytiques. 

Dans les formes les plus graves des soins en réanimation sont souvent nécessaires afin de maintenir le bon fonctionnement des fonctions vitales. 

Les péritonites tertiaires persistantes sont difficiles à traiter. La mortalité est
élevée, de l’ordre de 30 %. En effet, la présence de pathogènes résistants rend impossible toute intervention chirurgicale. En outre, les antibiotiques sont souvent inefficaces. 

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