Paris : trois personnes jugées ce mardi pour le meurtre d’une trentenaire sur fond de sorcellerie

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Un homme et deux femmes vont être jugés, à compter de ce mardi 28 mars, aux assises de Paris pour l’assassinat d’une trentenaire sur fond de sorcellerie. Le premier procès, qui devait se tenir en octobre dernier, avait été reporté en raison de l’indisponibilité pour raisons médicales d’une avocate de la défense.

Une affaire troublante. Un meurtre, un trio d’accusés et un parfum de sorcellerie : un homme et deux femmes doivent être jugés à partir de ce mardi 28 mars aux assises de Paris pour l’assassinat de Sylvie G., 36 ans, en avril 2019 sur fond de sorcellerie vaudoue. Parmi les accusés figure l’épouse de la victime. 

Le premier procès des trois personnes, en détention provisoire depuis novembre 2019, qui devait initialement se tenir en octobre 2022 avait été renvoyé en raison de l’indisponibilité pour raisons médicales d’une avocate de la défense. Par ailleurs, les trois accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité. 

Sylvie G. était mère de deux jumeaux en bas âge. Sa disparition avait été signalée par sa mère, avant que son corps sans vie ne soit découvert un mois plus tard, le 24 avril 2019 dans un sous-bois à Villiers-Adam (Val-d’Oise) à plusieurs kilomètres du domicile qu’elle partageait avec son épouse, Christy Daupin.

Les deux femmes étaient mariées depuis 2014, mais séparées depuis un an au moment des faits. Elles vivaient encore sous le même toit malgré de vives tensions dans le couple. 

Plusieurs témoignages ont fait état de violences verbales et menaces de mort proférées par Christy Daupin contre son épouse. Au fil des investigations, les enquêteurs ont également découvert qu’elle avait commencé à s’intéresser à la sorcellerie, suspectait son épouse d’avoir été envoûtée et de vouloir vendre les organes de ses jumeaux.

Une séance de «désenvoûtement»

L’accusée avait été mise en contact avec une «prêtresse vaudoue», introduite par Iven Webster, un cuisinier d’origine haïtienne. Sans connaître avec précision les liens qui unissent les deux mis en cause, la prêtresse avait su convaincre Christy Daupin d’un complot de son épouse à son encontre.

Selon l’accusation, l’assassinat de Sylvia G. s’est produit dans la soirée du 23 au 24 mars 2019, suite à une séance de «désenvoûtement» dans le sous-sol de son immeuble, en présence de Christy Daupin, de sa maîtresse Sabrina Moreau et de l’intermédiaire : Iven Webster.

Ces derniers néanmoins ont restitué chacun une version différente des faits, se rejetant la faute et niant toute responsabilité. Lorsque le corps a été découvert, la décomposition avancée n’a pas permis les scientifiques de connaitre les causes exactes de la mort de la victime.

Seule Sabrina Moreau reconnaît l’intention homicide, expliquant lors de l’instruction que la «sorcière vaudoue» avait convaincu Christy de la nécessité d’éliminer Sylvia et déterminé la répartition des rôles de chacun le soir des faits.

Quatre ans après, la famille de Sylvia G. «espère que le moment de l’audience sera propice à une clarification et à une prise de responsabilité» de la part des accusés, a expliqué à l’AFP Maxime Cessieux, avocat de la mère et des sœurs de la victime.

Une clarification également souhaitée par Serge Portelli, l’avocat de Christy Daupin, qui souhaite «qu’on essaie de savoir ce qui s’est passé, de déterminer le rôle de chacun».

Surtout, il regrette que l’enquête ne se soit pas davantage intéressée au «rôle déterminant» de la femme haïtienne avec qui les accusés étaient en contact et qui avait, selon lui, une réelle «emprise» sur leur vie durant l’année qui a précédé le meurtre. «Complice de ce qui s’est passé, elle sera absente» au procès, déplore-t-il. 

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