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  La natation est souvent vantée pour ses nombreux bienfaits pour la santé. En effet, ce sport à faible impact permet de ménager nos articulations, de renforcer de nombreux groupes musculaires, d’améliorer notre santé cardiovasculaire, de travailler notre respiration et de réduire notre stress. Il peut être pratiqué à tout âge, y compris pendant la grossesse, et convient à de nombreuses personnes souffrant de douleurs ou de pathologies. Mais comme toute activité physique, il comporte aussi des risques et des contre-indications qu’il est important de connaître pour nager en toute tranquillité. On fait le point avec Latif Diouane, responsable du service santé de la Fédération Française de Natation (FFN).

Quels sont les inconvénients et les risques potentiels de la natation (mal de dos, infections, tendinites, etc.) ?

  • Les abords des piscines sont souvent plus dangereux qu’il n’y paraît : le sol glissant peut parfois être à l’origine de chutes, notamment chez les enfants qui peuvent avoir tendance à courir aux abords des bassins. Il est aussi possible de se heurter aux parois des piscines ou à d’autres nageurs par inadvertance, ce qui peut entraîner des blessures telles que des ecchymoses ou des coupures, voire des fractures.
  • L’utilisation de produits chimiques tels que le chlore pour désinfecter l’eau des piscines peut provoquer des irritations des yeux, de la peau et des voies respiratoires chez certaines personnes sensibles. Prudence, donc, si vous développez une sécheresse cutanée, des rougeurs et des démangeaisons qui s’accompagnent de difficultés respiratoires : vous pourriez bien être allergique au chlore ! Bon à savoir : le chlore peut aussi légèrement décolorer vos cheveux teints, d’où l’importance de porter un bonnet.
  • Les piscines publiques sont aussi des environnements propices à la propagation de verrues plantaires, d’infections fongiques comme le pied d’athlète et d’autres infections bactériennes (comme la folliculite).
  • Les infections de l’oreille, aussi connues sous le nom d’otites du nageur, sont monnaie courante : l’humidité et les bactéries présentes dans l’eau peuvent parfois entraîner des irritations et des infections de l’oreille externe. « Pour les éviter, on conseille de protéger ses oreilles et de bien incliner la tête sur le côté pour évacuer l’eau à la fin de la séance », conseille Latif Diouane.
  • Bien que la natation puisse augmenter notre capacité respiratoire, pour certaines personnes, l’exposition prolongée à l’humidité et aux produits chimiques présents dans l’eau des piscines peut parfois aggraver les symptômes des problèmes respiratoires tels que l’asthme ou la bronchite.
  • Un manque d’échauffement, une mauvaise technique de nage, une surutilisation des muscles ou des mouvements répétitifs peuvent accentuer les douleurs au niveau du dos et entraîner des blessures musculaires et articulaires comme des crampes, des tendinites, des entorses ou des élongations. Nos épaules sont généralement les plus touchées…
  • Bien que la natation soit généralement considérée comme sûre, il existe toujours un risque de noyade, en particulier eaux vives (mers, lacs, rivières), lorsque les espaces de baignade ne sont pas surveillés. À noter : en mer, en piscine ou en rivière, même les nageurs expérimentés peuvent boire accidentellement la tasse ou inspirer de l’eau par le nez sans faire exprès (ce qui peut augmenter le risque de sinusite).
  • Enfin, les piscines publiques et autres étendues d’eau naturelles peuvent être contaminées par des agents pathogènes(bactéries, virus et / ou parasites), ce qui augmente alors le risque d’infections gastro-intestinales, de légionellose et autres maladies.

La plupart de ces inconvénients et risques peuvent être réduits en prenant certaines précautions, comme respecter les consignes de sécurité en vigueur dans les lieux de baignade, se doucher avant et après avoir nagé et se laver avec un savon au pH neutre, porter des lunettes de piscine et un bonnet de bain, utiliser des bouchons d’oreilles ou des bandeaux protège-oreilles, etc. Latif Diouane, responsable du service santé de la FFN. 

Par ailleurs, il est recommandé de consulter un médecin avant de commencer à nager régulièrement, surtout si vous avez des préoccupations médicales ou si vous présentez des symptômes cardiaques ou respiratoires !

En piscine ou en mer, différentes précautions s’imposent pour nager en sécurité !

Que vous nagiez en piscine, en rivière ou en mer, la sécurité est une priorité absolue. Voici quelques précautions importantes à prendre en compte…

À la piscine

  • Avant de vous aventurer dans une piscine, assurez-vous de connaître les bases de la natation et prenez des cours collectifs ou individuels si nécessaire. Évitez aussi de nager seul(e), surtout si vous êtes dans une piscine non surveillée. Un(e) partenaire s’avère toujours utile en cas d’urgence.
  • Familiarisez-vous avec les règles de la piscine et respectez-les ! Cela inclut les règles d’hygiène mais aussi les règles concernant l’occupation des couloirs de nage, la supervision des enfants, l’utilisation de palmes et autres accessoires et l’interdiction de plonger dans les zones peu profondes.
  • Faites attention aux autres nageurs et nageuses mais aussi aux obstacles dans la piscine, tels que les lignes d’eau, les échelles et les jouets flottants.
  • Si vous êtes responsable d’enfants dans la piscine, assurez-vous de les surveiller attentivement en permanence, même s’ils savent nager. Les noyades peuvent survenir rapidement et silencieusement.
  • Enfin, ne négligez pas l’importance d’un bon équipement (lunettes de piscine, bonnet de bain, bouchons d’oreille éventuels et tongs) et d’un bon échauffement avant de plonger dans l’eau pour prévenir les blessures musculaires.

En mer, en lac ou en rivière

  • Avant de nager en extérieur, vérifiez les conditions météorologiques locales, y compris les prévisions de vent, de houle et de marée lorsque vous nagez en mer.
  • Si vous nagez sur une plage surveillée, restez dans les zones désignées et nagez à proximité des surveillants de plage pour une supervision supplémentaire.
  • Faites attention aux courants et aux marées, qui peuvent vous surprendre et vous emmener loin du rivage. Et si vous êtes pris dans un courant, nagez parallèlement à la côte pour sortir de celui-ci.
  • Évitez de nager trop loin du rivage, surtout si vous n’avez pas l’habitude de nager dans une zone, ou gardez toujours suffisamment d’énergie pour revenir à la côte.
  • Enfin, faites attention aux méduses et aux autres animaux marins potentiellement dangereux. Évitez de les toucher et sortez de l’eau si vous remarquez leur présence.

En suivant ces précautions simples, en faisant preuve de bon sens et en ne prenant pas de risques inutiles, vous pourrez profiter des bienfaits de la natation en toute sécurité !

Est-ce bon vraiment pour notre corps de faire de la natation tous les jours ?

Nager tous les jours peut être bénéfique pour votre corps, mais ces bénéfices dépendent tout de même de plusieurs facteurs, notamment de votre condition physique, de votre technique de nage, de l’intensité de votre entraînement et de votre capacité à récupérer. Pour rappel, la natation détend, améliore notre force, notre endurance et notre flexibilité. Elle renforce aussi notre système cardiovasculaire et respiratoire, permet de maintenir un poids de forme et s’adapte aux personnes en convalescence, ainsi qu’à celles qui souffrent de problèmes articulaires.

Cela dit, faire de la natation tous les jours peut entraîner un surmenage musculaire et une fatigue générale, surtout si les séances d’entraînement sont intenses. « Il est possible de suivre les recommandations du PNNS en nageant une demi-heure par jour, mais il faut tout de même laisser suffisamment de temps à votre corps pour récupérer et ainsi éviter les blessures et l’épuisement », recommande Latif Diouane.

Et l’expert d’insister : « Pour minimiser les risques de crampe, de tendinite ou d’élongation, échauffez-vous, hydratez-vous correctement et écoutez votre corps, mais assurez-vous aussi d’avoir une bonne technique de nage pour éviter de prendre de mauvaises habitudes. Et si vous avez des problèmes de santé, ou si vous envisagez de pratiquer la natation quotidienne à un rythme et à un niveau intensif, consultez un médecin pour écarter toute contre-indication et demandez conseil à un instructeur ou une instructrice qui vous préparera un programme d’entraînement adapté ! ».

Bon à savoir : pour éviter la monotonie et prévenir les déséquilibres musculaires, variez vos séances d’entraînement en alternant entre différents types de nage, différentes intensités et différents exercices de renforcement musculaire.

Bien nager pour éviter les douleurs !

Chaque style de nage a ses avantages et inconvénients pour la santé articulaire et musculaire. Un bon échauffement, un bon rythme et une bonne technique permettent d’éviter les blessures : 

  • Le crawl peut exercer une pression excessive sur les épaules en raison du mouvement de rotation et de l’étirement répétitifs des bras pendant la phase de traction. Les muscles du dos, les muscles du bras et les muscles de la poitrine, peuvent aussi être surchargés et fatigués, ce qui peut entraîner des tensions musculaires et des déséquilibres.
  • La brasse peut exercer une pression sur les genoux et les hanches en raison des mouvements de flexion et d’extension répétés des jambes. Elle peut aussi entraîner une fatigue musculaire au niveau des bras, des épaules, des jambes et du dos. Sans compter qu’elle peut être à l’origine de tensions dans la nuque et dans le dos à force de sortir trop souvent la tête pour respirer et se cambrer. 
  • Le dos crawlé peut également exercer une forte pression sur les épaules, en particulier si la technique n’est pas correcte et que les mouvements sont exécutés trop brutalement. Une mauvaise technique ou un surentraînement peuvent entraîner des tensions dans le dos et dans les bras
  • Enfin, le papillon est considéré comme une des nages les plus exigeantes en termes d’articulations, car elle implique des mouvements puissants et synchronisés des bras et des jambes, ce qui peut exercer une pression sur les épaules, les hanches et les genoux. Une mauvaise pratique peut entraîner des tensions, voire des déchirures musculaires. 

Quelles sont les principales contre-indications à la natation ?

La natation est généralement considérée comme LE meilleur sport au monde. De rares conditions médicales temporaires ou permanentes contre-indiquent toutefois sa pratique…

En règle générale, toute pathologie chronique non stabilisée représente une contre-indication jusqu’à stabilisation. « Les personnes souffrant de maladies cardiaques (arythmies cardiaques, facteurs de risques ou antécédents d’infarctus du myocarde), les personnes souffrant de maladies respiratoires (asthme, BPCO), les personnes souffrant de maladies dermatologiques sévères (eczéma ou psoriasis) et les personnes souffrant de problèmes neurologiques ou de pathologies pouvant entraîner une perte de connaissance (épilepsie) doivent absolument demander l’avis d’un médecin avant de se mettre à l’eau », prévient Latif Diouane.

Mais d’autres affections plus bénignes doivent aussi vous tenir éloigné(e) des bassins et étendues d’eau, comme l’allergie au chlore, les infections fongiques (verrues, etc.), les infections pulmonaires (bronchite, asthme) ou les infections ORL (angine, pharyngite, sinusite, otite, etc.). Sans oublier les plaies, les blessures musculo-squelettiques plus ou moins graves (entorse, déchirure musculaire, fracture, etc.) et les problèmes orthopédiques (arthrite sévère, hernie discale, etc.).

Ces contre-indications peuvent varier en fonction de la gravité de chaque situation et doivent faire l’objet d’une évaluation médicale. Dans de nombreux cas, la natation peut être bénéfique sous surveillance médicale et avec des précautions appropriées, c’est d’ailleurs tout le sens du dispositif “natation santé”. Latif Diouane, responsable du service santé de la FFN.

En résumé : quand ne pas aller nager (à la piscine ou en eaux vives) ?

  • Attendez au moins une heure après un repas avant de nager pour éviter les crampes d’estomac et faciliter la digestion.
  • Si vous avez une infection contagieuse comme la grippe ou une gastro-entérite, il est préférable de ne pas aller à la piscine pour éviter de transmettre l’infection à d’autres nageurs.
  • Si vous avez une plaie ouverte, même mineure, il est préférable de ne pas aller à la piscine pour éviter d’introduire des bactéries dans l’eau et ne pas altérer la cicatrisation.
  • Si vous êtes en proie à une maladie chronique, ou si vous suivez un traitement médical qui pourrait être affecté par l’exposition à l’eau chlorée de la piscine (comme une irritation cutanée ou des réactions allergiques) consultez votre médecin avant de nager.
  • Nager nécessite une certaine forme physique. Si vous vous sentez fatigué, faible ou malade, il est préférable de ne pas nager pour éviter tout risque d’accident. De même si vous avez consommé de l’alcool ou des drogues dures susceptibles d’altérer vos capacités physiques et mentales,
  • Si des conditions météorologiques extrêmes telles que des orages violents ou des vents forts sont annoncés, évitez de nager pour des raisons de sécurité.
  • Si l’eau est trouble, malodorante, ou contient des débris visibles, il vaut mieux ne pas nager pour éviter les risques d’infection ou de contamination.

Peut-on aller à la piscine avec un staphylocoque ?

En voilà une question précise… Pour rappel, le staphylocoque est une bactérie responsable de diverses infections : le staphylocoque saprophyticus, que l’on retrouve le plus souvent dans les piscines, est par exemple à l’origine d’infections urinaires. Aller à la piscine lorsque vous êtes infecté(e) peut malheureusement augmenter le risque de transmission de la bactérie à d’autres personnes ! Toutes les personnes qui présentent des lésions cutanées risquent d’être contaminées… Raison pour laquelle les piscines doivent être traitées régulièrement…  

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