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Avis aux amateurs de poissons, pour qui la question est souvent de se faire plaisir en composant avec les problématiques de surpêche et de mercure.

Dans une nouvelle étude, parue dans la revue Environmental Research (Source 1), des chercheurs finlandais rapportent avoir observé une saisonnalité dans la concentration en mercure de certains poissons. Menée toute l’année dans un lac boréal finlandais, l’étude révèle que la concentration en mercure des poissons qui y vivent est significativement plus élevée en hiver et près du frai printanier, période de reproduction des poissons entre fin de printemps et début d’été. Elle est en revanche plus faible en automne, après la saison de croissance.

Dans le détail, l’étude a testé comment la saisonnalité influence la concentration en mercure et sa bioaccumulation chez trois percidés – la perche commune (Perca fluviatilis), le sandre (Sander lucioperca), la grémille (Gymnocephalus cernua)- et chez trois cyprinidés, le gardon (Rutilus rutilus), l’ablette (Alburnus alburnus), et la brème commune (Abramis brama) dans le lac mésotrophe boréal profond Pääjärvi, dans le sud de la Finlande.

L’été est la saison de croissance des poissons suivie d’une perte de poids pendant l’hiver et la période de frai au printemps”, a détaillé dans un communiqué le professeur Kimmo Kahilainen de la Station biologique de Lammi (Université d’Helsinki). Des changements de température durant les mois les plus froids entraînent une diminution du métabolisme des poissons, à laquelle s’ajoute la difficulté à trouver de la nourriture. Résultat, les poissons perdent du poids, mais pas le mercure qu’ils ont accumulé. Leur concentration en mercure est donc plus élevée au vu de leur plus faible poids. Tout en appelant à davantage de recherches pour protéger les populations, les chercheurs tempèrent cependant, puisque toutes les espèces de poissons étudiées ici étaient en dessous de la limite sanitaire de consommation de poisson (0,5 mg / kg) pour le mercure.

Comment limiter son exposition ?

Rappelons qu’en France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande, pour limiter son exposition au mercure provenant des produits de la mer, de :

  • diversifier les espèces consommées,
  • et de privilégier les poissons en bas de la chaîne alimentaire (proies plutôt que prédateurs, donc anchois et sardines plutôt que thon, requins, lamproie), un conseil qui vaut surtout pour les femmes enceintes et les enfants en bas âge (moins de 30 mois).

Pour limiter son exposition au mercure via la consommation de poisson, on peut aussi varier les provenances, car toutes les mers et océans n’ont pas la même teneur en mercure. Les poissons d’eau douce seraient par ailleurs davantage contaminés, selon l’Ifremer.

Reste que le poisson gras (sardine, maquereau, saumon, truite, hareng…) demeure une source intéressante d’oméga-3, acides gras essentiels aux nombreuses vertus pour la santé. L’Anses recommande d’en mettre au menu au moins deux fois par semaine.

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