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Si la presse relaie régulièrement les témoignages de personnes droguées à leur insu avec du GHB dans des bars ou discothèques, phénomène qui a donné lieu au mouvement #balancetonbar, on connaît moins la soumission chimique au sein de la sphère familiale.

Un nouveau mot-dièse a émergé à l’occasion d’une campagne de sensibilisation sur le sujet : #mendorspas. Cette initiative, diffusée sur les réseaux sociaux, a été lancée par Caroline Darian, auteure du témoignage littéraire intitulé “Et j’ai cessé de t’appeler Papa”, portant sur la soumission chimique et les multiples viols orchestrés par son père sur sa mère. “La soumission chimique, c’est droguer une personne à son insu, pour abuser d’elle sans qu’elle puisse réagir ou même en avoir conscience”, explique-t-elle dans une vidéo YouTube (ci-dessous). Elle relate l’impensable : pendant dix ans, son père a drogué sa mère à grands coups de somnifères et d’anxiolytiques, a abusé d’elle, puis orchestré des viols d’autres hommes sur son épouse.

Présentant le GHB, connue sous le nom de drogue du violeur, utilisée en soirées, comme la face émergée de l’iceberg, Caroline Darian explique que dans la sphère familiale, des femmes mais aussi parfois des enfants ou même des hommes, peuvent être victimes de soumission chimique de la part d’un proche agresseur.

Le but du mouvement : alerter et informer le plus grand nombre, y compris les professionnels de santé qui ignorent parfois l’existence d’un tel cas de figure, pour prévenir ces situations dramatiques mais aussi optimiser la prise en charge des victimes. Si 600 plaintes par an sont déposées pour des faits d’agression sous soumission chimique, ce chiffre pourrait être largement sous-estimé étant donné la difficulté pour les victimes à se reconnaître comme telles et à aller porter plainte, du fait de preuves souvent difficiles à fournir.

Quels signes et que faire si l’on soupçonne une soumission chimique ?

Sur le site internet dédié à la campagne, mendorpas.org, sont listés quelques-uns de signes et symptômes d’une soumission chimique : amnésie, somnolence, vertiges, convulsions, troubles du comportement, nausées, vomissements… Ils sont d’autant plus évocateurs d’une soumission chimique en présence d’indices suspectant une agression : changements vestimentaires dont on n’a pas mémoire, signes de violences physiques, perte d’effets personnels, découverte de produits suspects…

Si l’on pense avoir été drogué(e) à son issu, il est conseillé de conserver des éléments permettant de l’attester (échantillons de boisson ou de nourriture, emballages de médicaments…). Comme la drogue peut être détectée via l’analyse de cheveux, on veillera à éviter les tentures, les coupes ou tout autre traitement agressif, en vue de prélèvement pour analyse.

La soumission chimique

Le mouvement #Mendorspas donne plusieurs numéros de téléphone pour se faire aider :

  • France Victime : 116 006 (7j/7 ; 24h/24)
  • Violences Femmes Info : 3919 (7j/7 ; 24h/24)
  • Dispositif Drogues Info Service : 0 800 23 13 13 (7j/7 ; 08h-02h)

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