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On a tous déjà entendu ce « Om » mystérieux qui vient du fond de la gorge, mais que signifie-t-il, et à quoi sert-il ? Chanter ou répéter des mantras est pratiqué dans de nombreuses traditions, notamment hindoue et bouddhiste, pour élever l’esprit.

En Occident, on les rencontre lorsque l’on pratique des séances de kundalini yoga. Plusieurs équipes de scientifiques commencent même à s’y intéresser. Les mantras sont surtout un pilier de la médecine tibétaine depuis plusieurs milliers d’années. Nombre d’entre eux peuvent être pratiqués par des débutants.

Définition : quel est le principe d’un mantra ? Quelle signification ?

Les mantras sont des syllabes, des mots ou des phrases en sanskrit ou en tibétain ancien. Ils peuvent être orientés vers un but spirituel ou médical. La première encyclopédie de médecine tibétaine, rédigée entre le VIIIe et le XIIe siècle, en recense environ 100 000.

Certains font référence à des symptômes spécifiques, d’autres à des organes qui doivent être ‘équilibrés’, explique le Dr Ingfried Hobert, médecin holistique.

Ces formules doivent être répétées pendant plusieurs minutes, en position de méditation. La médecine tibétaine considère en effet que le corps est traversé de vibrations, comme tout le reste de l’univers. « On pense que pour qu’une maladie se déclare, il faut qu’il y ait une perturbation énergétique sous-jacente », poursuit le Dr Hobert. Les mantras visent à la corriger en produisant un son doté d’une énergie particulière, capable de s’harmoniser avec d’autres vibrations du corps ou de l’environnement.

Quels mantras réciter ? Lesquels sont les plus puissants ?

Il existe plusieurs niveaux de pratique. Les méditants très expérimentés les utilisent pour s’élever spirituellement.

Mais on peut aussi avoir recours à des mantras simples et accessibles, souligne France Dhont-Padmavati, art-thérapeute, professeure de yoga et de mantra, et cela sans rentrer dans une tradition spirituelle particulière.

Des travaux menés par le Pr Luciano Bernardi, de l’université italienne de Pavie, ont montré que des personnes non formées à la méditation bénéficiaient d’une intense relaxation lorsqu’elles répétaient un mantra.

Cependant, c’est plus facile si l’on connaît déjà les bases de la méditation car pour bien réciter le mantra, on doit savoir comment placer sa concentration sur un son précis, accepter les pensées parasites qui se présentent et les laisser « passer » dans son esprit sans s’y accrocher. Le point positif est que la méditation autour d’un mantra est souvent jugée plus accessible que celle qui consiste à se concentrer sur son propre souffle, qui retient moins facilement l’esprit.

Quels sont les différents bienfaits des mantras pour la santé ?

Des études scientifiques ont désormais prouvé que psalmodier des mantras réduit l’anxiété et les symptômes dépressifs, en même temps que cela induit un état de relaxation et de bonne humeur, affirme Gemma Perry, chercheuse en psychologie à l’université Macquarie (Sydney), spécialiste des mantras.

Ainsi, répéter un mantra en silence ou en chantant induit des modifications neuronales associées à une baisse de l’anxiété.

« Concrètement, on mesure une réduction de la pression artérielle, un ralentissement du pouls et une harmonisation des niveaux d’hormones du stress », explique le Dr Hobert.

Récités de façon régulière, les mantras aident donc aussi à mieux résister au stress. En 2018, une étude, parue dans l’American Journal of Psychiatry (source 1), a montré que la répétition silencieuse d’un mantra améliorait les symptômes de stress post-traumatique chez des vétérans de guerre. D’autres recherches, menées notamment par Gemma Perry, ont découvert que psalmodier le mantra « Om » à voix haute augmentait l’attention et la positivité, mais également l’altruisme et le sentiment de cohésion sociale.

Comment s’y mettre : exemple d’une pratique de mantra

Les bases sont les mêmes que celles d’une méditation ‘classique’. On s’assoit sur un coussin ou sur une chaise avec la colonne vertébrale droite, dans son axe mais dans une position qui doit être confortable. France Dhont-Padmavati

On commence par un exercice simple qui consiste à fixer son attention sur sa respiration pour se mettre en condition. Les yeux fermés, on observe l’air qui entre et qui sort des narines pendant quelques minutes. Puis on choisit un mantra, et on s’imprègne du son et des syllabes en le répétant plusieurs fois à voix haute. Il n’est pas nécessaire de maîtriser parfaitement sa prononciation. On le répète ensuite, mentalement ou à voix basse, pendant 5 à 10 minutes, en se concentrant sur sa sonorité.

Il ne faut pas essayer de penser à la prononciation ou à la signification du mantra pour ne pas créer de tension. Quand on remarque que l’attention s’est échappée, on revient au mantra. Dr Hobert

À quel rythme ?

« Le plus important est d’adopter un rendez-vous régulier, par exemple 5 ou 10 minutes chaque jour, le matin ou le soir », conseille France Dhont-Padmavati.

Une liste de trois mantras faciles à réciter

Ci-après une liste de trois mantras répandus et ainsi que le mode d’emploi pour les pratiquer.

Méditation avec le mantra Shushumna

Pour diminuer les répercussions physiques de l’anxiété,Ra Ma Da Sa, Sa Se So Hong est un mantra associé à un exercice de respiration. Il se compose de 2 parties. « Ra Ma Da Sa » signifie « Monte au ciel ». On le prononce en inspirant. « Sa Se So Hong » veut dire « Fait descendre sur terre les pouvoirs de guérison du monde supérieur », et on le prononce en expirant.

Méditation avec le mantra de la compassion Om Mani Padme Hum

Pour faire la paix avec soi-même et les autres, Om Mani Padme Hum est le plus important et le plus ancien mantra du bouddhisme tibétain. Il se traduit par « joyau du lotus ». Sa récitation exprime le souhait que tous les êtres humains parviennent à surmonter leur souffrance.

Méditation avec l’Adi-Mantra Ong Namo, Guru Dev Namo

Pour renouer avec son équilibre intérieur,Ong Namo, Guru Dev Namo peut se traduire par « je m’incline face à l’énergie première et créatrice, je m’incline face à la sagesse subtile et divine ». Il établit une connexion avec son « moi supérieur ».

Peut-on se créer son propre mantra ?

« Scientifiquement, on ne sait pas si le sens des mots que l’on répète compte ou non dans les bénéfices du mantra », reconnaît Gemma Perry. « Il est possible que le seul fait de psalmodier ait un effet psychologique et physiologique ». Il pourrait donc être possible d’appliquer cette méthode aux sons et paroles qui nous inspirent !

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