Spread the love


Une publication scientifique étayée

En mai dernier, le géant pharmaceutique américain Eli Lilly annonçait avoir obtenu des résultats très encourageants lors de l’essai clinique de phase 3 testant le médicament donanemab, qui cible la bêta-amyloïde, responsable de plaques du même nom dans le cerveau des malades d’Alzheimer.

Ce lundi 17 juillet, les résultats ont été publiés dans une revue scientifique, le JAMA Network (Source 1). Chez les patients présentant des symptômes précoces de la maladie d’Alzheimer, le donanemab a permis de ralentir la progression de la maladie sur 76 semaines.

C’est vraiment un tournant dans la lutte contre Alzheimer et la science prouve qu’il est possible de ralentir la maladie”, s’est réjoui le Dr Richard Oakley, directeur associé de la recherche et de l’innovation au sein de l’Alzheimer Society du Royaume-Uni.

Le même enthousiasme a été exprimé par Maria Carrillo, responsable scientifique de l’Alzheimer’s Association, lors d’une conférence de presse consacrée à l’annonce de ces nouveaux résultats. “C’est la décennie de la maladie d’Alzheimer, et la situation va s’améliorer à partir de maintenant”, a-t-elle déclaré, citée par nos confrères de Medscape.

Des résultats très encourageants

L’étude a inclus 1 736 patients atteints de troubles cognitifs légers ou de démence légère, et pour lesquels un examen a montré des signes de pathologie amylïde et tau, deux protéines qui s’accumulent anormalement dans le cerveau en cas de maladie d’Alzheimer, et qui en sont des biomarqueurs. L’âge moyen des participants était de 73 ans.

Tous ont été répartis au hasard dans deux groupes, l’un recevant un placebo (médicament sans principe actif), soit du donanemab, administré à une dose de 700 mg les trois premières fois, puis à 1 400 mg. Ce médicament ciblant la bêta-amyloïde a été administré par voie intraveineuse toutes les 4 semaines, durant une période de 72 semaines.

Pour les patients dits à “pathologie tau élevée”, avec beaucoup de protéines tau visibles à l’imagerie, il a été démontré que le donanemab ralentissait la progression de la maladie d’environ 17 %, tandis que le bénéfice était de 35 % pour ceux dont les niveaux de tau étaient faibles à intermédiaires.

Des effets secondaires graves – mais rares — qui interrogent encore

Reste que le donanemab, comme tout médicament, ne semble pas dénué d’effets secondaires, lesquels seraient très graves, mais très rares.

L’incidence des décès était de 1,9 % dans le groupe donanemab et de 1,1 % dans le groupe placebo, tandis que l’incidence des événements indésirables graves était de 17,4 % dans le groupe donanemab et de 15,8 % dans le groupe placebo”, lit-on dans l’étude scientifique.

Les médicaments ciblant la bêta-amyloïde peuvent en effet engendrer des pathologies appelées anomalies d’imagerie liées à l’amyloïde (ARIA). On en distingue deux grands types : celles occasionnant des zones de gonflement temporaire (œdème) dans le cerveau, et celles conduisant à des micro-hémorragies cérébrales. Trois participants présentant de telles anomalies sont décédés par la suite, précise le géant pharmaceutique américain. Admettant plusieurs limites à son étude, notamment la prévalence de personnes blanches (à 91,5 %), Eli Lilly indique poursuivre son étude pour en savoir davantage.

Se voulant rassurant sur ces effets indésirables, estimant la balance bénéfices-risques plutôt favorable, quoique nécessitant davantage d’investigations, le laboratoire a d’ores et déjà demandé une autorisation de mise sur le marché à la Food and Drug Administration, agence américaine du médicament.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *