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Selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Inserm, de l’Université de Bordeaux et de Sorbonne Université, près de 40 % des personnes âgées de 78 ans et plus ne portent pas de lunettes adaptées à leur vue. « Les troubles visuels sont fréquents dans la population âgée et associés à des conséquences délétères, notamment sur la qualité de vie et la dépendance dans les activités de la vie quotidienne, confirme l’Inserm. Or, la myopie, l’hypermétropie ou l’astigmatisme sont corrigeables par le port de lunettes bien adaptées à la vue. »

Maux de tête, fatigue oculaire : quels signes doivent vous alerter que vos lunettes sont mal adaptées ?

Les principaux signes que les lunettes sont mal adaptées sont une vision floue ou double. « Souvent,les patients font des mouvements de tête pour compenser – par exemple, ils basculent la tête en arrière ou l’inclinent en avant – et ces mouvements de compensation peuvent entraîner des troubles musculo-squelettiques : douleurs dans les cervicales ou les épaules, explique Bruno Delhoste. Lorsque les lunettes ne sont plus adaptées à sa vue, il est également possible que des signes comme une fatigue oculaire ou des maux de tête apparaissent. »

A contrario, il arrive que la correction soit bien adaptée à sa vue… mais qu’on éprouve des difficultés à s’y habituer ! C’est le cas notamment des verres progressifs qui demandent généralement une courte période d’adaptation. « Une nouvelle correction induit un changement de l’espace et des distances, explique l’opticien. Les lunettes modifient la perception de la scène visuelle, c’est un véritable casse-tête pour le cerveau ! Plus vous les porterez régulièrement, plus vite votre cerveau intégrera l’image rendue au travers des optiques. »

Quels sont les risques ?

À l’exception des troubles précédemment cités – vision floue ou vision double, maux de tête voire douleurs cervicales – il n’y a aucun risque à porter des lunettes qui sont mal adaptées. « Même si c’est désagréable et parfois inquiétant, vous n’allez pas endommager vos yeux, confirme l’opticien. En revanche, une paire de lunettes qui n’est plus adaptée ou mal adaptée peut provoquer une forte gêne, une détérioration subjective de la vue et une fatigue oculaire due à une sursollicitation des yeux contraints de fournir plus d’efforts de compensation. »

Est-ce que des lunettes mal adaptées peuvent donner des vertiges ? Comment savoir si ma correction optique est trop forte ou non adaptée à mon activité ?

Enfant, il vous est peut-être déjà arrivé d’essayer les lunettes de votre grand-mère – pour rire ! – et d’éprouver une sensation d’étourdissement ? Une impression de vertige peut être le signe d’une correction non adaptée.

Les opticiens ont une obligation légale de vous mettre en situation d’usage, c’est-à-dire de vous faire essayer la correction afin de savoir si celle-ci est bien adaptée à votre activité. Bruno Delhoste, opticien. 

S’il estime que la correction n’est pas adaptée, il peut chercher à la rendre fonctionnelle. En revanche, l’adaptation nécessite l’accord écrit du prescripteur. L’opticien doit se coordonner avec lui. »

Comment faire si mes lunettes ne me conviennent pas ?

Souci d’ajustement, correction non adaptée à vos besoins, mauvais choix de monture : de nombreuses raisons peuvent expliquer que vos lunettes ne vous conviennent pas ou plus.

Adapter la correction à son activité

Certaines réfractions sont inadaptées à l’activité professionnelle. « Lorsque vous allez consulter un ophtalmologiste pour un examen de la vue, vous n’allez pas forcément lui détailler les conditions dans lesquelles vous travaillez : si vous utilisez un ordinateur fixe, un portable ou encore une tablette, explique l’opticien. En revanche, il est important de bien indiquer à votre opticien votre distance de travail et la hauteur de votre ordinateur afin qu’il puisse adapter vos verres à votre environnement. Un verre progressif permet, par exemple, à la fois de conduire, d’aller au théâtre et de voir des objets dans des vitrines mais en cas de travail prolongé sur écran, il faudra déterminer avec votre opticien le verre le mieux adapté à vos activités visuelles. »

Vérifier l’ajustement de ses lunettes

Lunettes qui glissent sur le bout du nez ou au contraire qui serrent derrière les oreilles : un équipement mal ajusté peut affecter la vision et causer un réel inconfort. Si c’est le cas, n’hésitez pas à pousser la porte d’un opticien afin qu’il resserre les branches ou qu’il adapte les plaquettes du pont nasal pour un ajustement parfait. « Les verres dans la monture nécessitent une position parfaite au millimètre près », confirme Bruno Delhoste.

Choisir la monture en fonction de la correction

Le choix de la monture entre également en ligne de compte pour avoir des lunettes bien adaptées à sa vue. La prescription de verres progressifs nécessite, par exemple, une monture d’une hauteur minimum. En effet, le principe des verres progressifs est d’offrir trois zones de vision : de loin sur la partie supérieure, intermédiaire au centre et de près sur la partie inférieure. Afin d’avoir un bon confort visuel, il est conseillé de choisir des lunettes à monture haute.

Ne pas hésiter à retourner voir son opticien

Il faut parfois plusieurs jours pour s’adapter à un nouvel équipement, notamment les verres progressifs. « À la livraison, l’opticien doit vous faire essayer les lunettes et procéder aux premiers ajustements, détaille Bruno Delhoste. Si au bout de quelques jours, vous ressentez toujours des difficultés, il ne faut pas hésiter à retourner le voir. Quand vous achetez un vêtement et que vous vous apercevez qu’il a un défaut, vous retournez bien voir le vendeur ? C’est la même chose pour l’optique. Le professionnel vous écoutera et s’assurera que la paire de lunettes est bien conforme. Avec les outils de prises de mesure très précis dont on bénéficie aujourd’hui et l’ensemble des contrôles lors de la réalisation, c’est assez rare de rencontrer des centrages erronés. Mais, il est important de vérifier que votre paire de lunettes n’a pas un défaut… »

Faire contrôler sa vue

Enfin, une baisse de la vue, une mauvaise perception des contrastes ou encore une vision double, floue ou déformée peuvent être le signe d’une pathologie oculaire sous-jacente comme la cataracte,le glaucome ou une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). D’où l’importance de consulter un ophtalmologiste en cas de troubles visuels. Celui-ci effectuera un bilan comprenant un examen de la vue, une mesure de la tension oculaire et un dépistage des principales maladies rétiniennes.

Si vos lunettes ne sont plus adaptées à votre vue, il vous prescrira une nouvelle correction. « L’ordonnance est valable trois ans », précise Bruno Delhoste. Et de conclure : « Si besoin, votre opticien pourra renouveler à l’identique vos lunettes – si elles sont rayées ou qu’elles ont été cassées – ou adapter leur correction après avoir réalisé un nouvel examen de la vue et informé votre ophtalmologiste. »

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