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Selon la dernière campagne d’information de l’Assurance-maladie, l’insuffisance cardiaque touche au moins 1,5 million de personnes en France, essentiellement des plus de 60 ans. 

Qu’est-ce que l’insuffisance cardiaque ?

On parle d’insuffisance cardiaque lorsque le cœur n’arrive plus à éjecter suffisamment de sang vers les différents organes. La maladie se manifeste sous deux formes, comme l’explique le Dr Walid Amara, président du Collège national des cardiologues des hôpitaux : « Dans l’insuffisance cardiaque à fonction systolique altérée, c’est le système de pompe cardiaque qui dysfonctionne. Dans l’insuffisance cardiaque à fonction systolique préservée, le cœur n’arrive plus à se relâcher correctement. »

La prise de poids : l’un des quatre signes à connaître

L’insuffisance cardiaque se manifeste par quatre symptômes caractéristiques résumés par l’acronyme EPOF : essoufflement, poids, oedème et fatigue. « Il est important que le grand public connaisse ces quatre signes pour penser à consulter un médecin en cas de besoin », souligne le cardiologue. 

Cependant, un sondage réalisé en 2022 pour la Caisse nationale d’Assurance-maladie, montre que la prise de poids rapide reste le symptôme, parmi les 4 signes d’insuffisance cardiaque, le plus méconnu chez les seniors. 

Pourquoi cette prise de poids dans l’insuffisance cardiaque ?

Insuffisamment pompé par le cœur, le sang ne circule pas normalement dans l’organisme. Il va alors se produire un phénomène de rétention d’eau et de sel. Au lieu d’être éliminé, le liquide s’accumule dans le corps, ce qui explique les kilos supplémentaires sur la balance.

Dans le corps, deux zones sont particulièrement impactées : les jambes et les poumons.

De manière caractéristique, les jambes vont se mettre à gonfler. Pour vérifier la présence d’un oedème, il suffit d’appuyer un doigt sur la peau. « S’il reste une trace, c’est qu’il y a bien un œdème », explique le Dr Amara. Ce gonflement des jambes est un signe d’alarme, mais il n’est pas dangereux en soi.

En revanche, l’œdème pulmonaire est plus problématique. La présence de liquide dans les poumons provoque un essoufflement, autre signe typique de l’insuffisance cardiaque. Sans traitement, cet œdème pulmonaire peut devenir une urgence vitale.

Quelle prise de poids doit inquiéter ?

Inutile de s’affoler si la balance affiche 1 ou 2 kilos supplémentaires. En revanche, prendre 5 kilos en moins d’un mois est un véritable signal d’alarme. 

Faut-il se peser tous les jours en cas d’insuffisance cardiaque ?

« Ce n’est pas une obligation », répond le Dr Amara. Pour lui, il suffit de surveiller son poids régulièrement. « Une fois par semaine est un bon rythme », estime-t-il. Certains insuffisants cardiaques bénéficient d’un suivi par télésurveillance. Ils reçoivent alors des alertes par SMS qui leur rappellent l’importance de se peser. Ces patients sont dotés d’une balance connectée qui transmet les informations au service de cardiologie qui les suit.  

La télésurveillance est-elle proposée à tous les insuffisants cardiaques ?

Cette surveillance à distance est remboursée aux patients qui sortent de l’hôpital après un épisode aigu d’insuffisance cardiaque. À intervalles réguliers, le patient communique lui-même les informations de base sur son état de santé : poids, fréquence cardiaque, tension artérielle, souffle… via une application dédiée. En cas d’alerte, il est invité à consulter son cardiologue. 

L’efficacité de ce dispositif, qui permet d’éviter des hospitalisations et des décès, a été démontrée lors d’une expérimentation. Cette phase est aujourd’hui terminée. Mais la télésurveillance n’est pas encore proposée à tous les patients : elle est en cours de développement. Le Dr Amara estime qu’un suivi de six mois en télésurveillance est « très utile », après une hospitalisation, la prise de poids étant l’un des paramètres les plus importants à vérifier.

Comment perdre du poids avec une insuffisance cardiaque ?

Pour revenir à un poids normal, il va falloir éliminer l’eau et le sel stockés en excès dans l’organisme. Les diurétiques, sont les médicaments indiqués dans cette situation. « Associés à un régime alimentaire pauvre en sel, ces médicaments font uriner davantage. Rapidement, le patient va se sentir mieux », observe le Dr Amara. L’insuffisance cardiaque étant une maladie chronique, les patients apprennent à ajuster eux-mêmes les doses de diurétiques, en fonction de leur poids. 

Le cardiologue peut également être amené à modifier le traitement de fond de l’insuffisance cardiaque (inhibiteurs de l’enzyme de conversion, antagonistes des récepteurs de l’angiotensine 2, inhibiteurs des SGLT2…), des médicaments qui permettent d’améliorer le pronostic de la maladie.

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