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S’abstenir de manger durant quelques jours, tout en continuant à boire de l’eau, permet bien de perdre du poids. En revanche, il expose à un grand risque de le reprendre, autrement dit, à l’effet yo-yo tant redouté des régimes. C’est du moins ce qui ressort d’une étude de l’Université de l’Illinois à Chicago (États-Unis), parue dans la revue Nutrition Reviews (source 1).

Une perte de poids qui ne s’inscrit pas dans la durée

L’équipe de recherche a ici passé au peigne fin huit études scientifiques portant sur le jeûne hydrique, qui consiste à s’abstenir de manger en continuant à boire de l’eau, ou des jus et des soupes, et ce durant plusieurs jours. Ce type de régime a bien permis une perte de poids notable à court terme, puisque les personnes jeûnant ainsi pendant 5 jours ont perdu entre 4 à 6 % de leur poids initial, ceux jeûnant 7 à 10 jours ont perdu 2 à 10 % de leur poids initial, et ceux jeûnant ainsi pendant 15 à 20 jours ont perdu 7 à 10 % de leur poids d’origine.

Hélas, cette perte de poids ne s’inscrirait pas dans la durée, selon les observations des chercheurs. Dans une des études analysées, les participants ont repris ce qu’ils ont perdu en trois mois, tandis que dans deux autres travaux, seule une petite partie du poids perdu est revenue, mais ces études ont encouragé les participants à limiter leur apport calorique après la fin du jeûne, pour limiter cet effet yo-yo.

Quant aux avantages métaboliques du jeûne hydrique, à savoir une amélioration de la tension artérielle, du cholestérol et de la glycémie, ils ont disparu peu de temps après la fin du jeûne, et les taux de ces indicateurs biologiques sont rapidement revenus aux niveaux d’origine une fois que les participants se sont remis à manger normalement. Certains travaux incluaient des personnes atteintes de diabète de type 1 ou de type 2 ; chez celles-ci aucun effet néfaste du jeûne hydrique n’a été observé, tout en sachant que leurs traitements avaient été ajustés pour le jeûne.

Maux de tête, insomnie et faim étaient quelques-uns des effets indésirables observés, et similaires à ceux du jeûne intermittent, qui consiste par exemple à ne pas s’alimenter pendant 16 heures. Aucun effet indésirable grave (tel que l’acidose métabolique ou le décès) n’a été observé, rassurent les chercheurs.

Un jeûne contraignant, aux avantages limités

Par ailleurs, le jeûne hydrique a engendré une perte de deux tiers du poids en masse maigre et d’un tiers en masse grasse, une proportion pas idéale selon les auteurs, qui soulignent qu’il est préférable de perdre plus de graisses que de muscles. Du fait d’un apport trop faible en protéines lors d’un jeûne hydrique, le corps puise dans les muscles, avertissent les chercheurs.

Dans un communiqué, Krista Varady, professeur de kinésiologie et de nutrition, qui a dirigé l’étude, encourage plutôt les personnes désireuses de perdre du poids à opter pour le jeûne intermittent plutôt que le jeûne hydrique, car ses bénéfices sur le poids seraient plus durables. Dans tous les cas, elle rappelle qu’il n’est pas conseillé de s’adonner à ce type de jeûne sans surveillance médicale.

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