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Insuffisance pondérale (ou maigreur) : définition

Selon l’OMS, 462 millions d’adultes dans le monde souffrent d’insuffisance pondérale. En France, environ 2,5 % de la population serait concernée. Chez l’adulte, on parle d’insuffisance pondérale (ou maigreur) lorsque l’indice de masse corporelle (IMC) est inférieur à 18,5. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) la définit en effet comme un faible rapport entre le poids et la taille (source 1). « C’est une norme statistique, il y a des gens qui font 55 kg pour 1m70, qui font toujours ce poids-là et qui iront très bien, et d’autres qui ont maigri, qui supportent bien ou mal… Il y a beaucoup de nuances, c’est individuel », précise le médecin nutritionniste Jacques Fricker, auteur de « Prenez votre cœur à cœur » et « Maigrir vite et bien » aux éditions Odile Jacob.

Quand parle-t-on d’insuffisance pondérale chez l’enfant ou à la naissance ?

Selon Santé publique France, environ 13 % des enfants âgés de 6 à 17 ans sont considérés comme maigres. La prévalence de l’insuffisance pondérale atteint même près de 20 % chez les filles âgées de 11 à 14 ans (source 2).

Même si la formule pour calculer l’IMC chez l’enfant est la même (le poids, en kg, divisé par la taille, en mètres, au carré), l’interprétation du résultat est différente. Il faut se reporter aux courbes de référence disponibles dans le carnet de santé, qui prennent en compte l’âge et le sexe de l’enfant.

L’insuffisance pondérale à la naissance, elle, est définie par l’OMS comme un poids à la naissance inférieur à 2,5 kg.

Quelles sont les causes possibles d’une maigreur ou d’une perte de poids ?

L’insuffisance pondérale peut être constitutionnelle : la personne aura alors toujours un poids faible, c’est sa morphologie. Mais une maigreur non constitutionnelle ou une perte de poids importante peut être le signe d’un trouble ou d’une maladie, comme :

Une insuffisance pondérale peut également être en lien avec un abus de substances (alcool, drogues, médicaments…).

Si les causes ne varient pas entre les enfants et les adultes, il faut particulièrement être vigilants aux troubles alimentaires comme l’anorexie chez les adolescentes.

Les personnes âgées plus à risque d’insuffisance pondérale

« L’incidence d’une perte de poids involontaire augmente avec le vieillissement, atteignant souvent 50 % chez les résidents d’établissements de soins », indique le manuel MSD (source 3). Selon une étude de Santé publique France, environ 15 % des personnes âgées de 75 ans et plus à domicile sont maigres, et particulièrement les femmes (source 4).

Quelles sont les causes d’une insuffisance pondérale chez les seniors ? Chez la personne âgée, une maigreur et/ou perte de poids « peut être liée à une perte d’appétit, à des problèmes de mastication, de salivation, de transit, d’œsophage, de vidange gastrique… », indique le médecin nutritionniste.

Être maigre, est-ce grave chez l’adulte ? Quelles peuvent être les conséquences ?

« Les conséquences seront variables d’un individu à l’autre. Si l’insuffisance pondérale est constitutionnelle, que la personne fait toujours le même poids, il n’y a aucun risque. Par nature ces personnes ont généralement des muscles fins, peu de graisse et un appétit adapté à leurs besoins », explique le Dr Jacques Fricker.

En revanche, « une perte de poids indésirable (involontaire, ou volontaire comme dans l’anorexie) excédant quatre/cinq kilogrammes ou 5 % du poids corporel sur une période de quelques mois est préoccupante », indique le Manuel MSD. Un bilan est alors nécessaire en cas de perte de poids inexpliquée – sauf s’il existe un choc émotionnel précédant la perte pondérale, « car une perte de quelques kilos, souvent transitoire, est fréquente en cas de deuil, de divorce… », précise le spécialiste.

Dr Jacques Fricker : C’est la maigreur liée à une maladie ou qu’on s’impose qui est inquiétante.

Les risques peuvent alors être :

  • une fatigue ;
  • des troubles de l’équilibre ou de l’attention ;
  • une dégradation qualitative de ses muscles ;
  • une dénutrition (carence en vitamines, minéraux, protéines…). « Les personnes souffrant de dénutrition, et les enfants en particulier, sont beaucoup plus susceptibles de tomber malades et de mourir », précise l’OMS ;
  • une sensibilité accrue aux infections ;
  • un retard de cicatrisation.

Quels risques chez l’enfant ?

Chez l’enfant, le suivi du poids est particulièrement important. Quand faut-il s’inquiéter et consulter ? « Quand la courbe de poids de l’enfant est inférieure aux intervalles souhaitables ou se casse. Dans les autres cas, il ne faut pas s’alarmer : un enfant âgé entre 3 et 10 ans paraît généralement maigre par nature, selon le Dr Fricker. Les enfants un peu plus ronds, ce n’est pas normal. Un IMC normal d’adulte chez l’enfant est signe d’une future obésité ».

À l’inverse, selon l’OMS, « un enfant en vraie insuffisance pondérale peut présenter un retard de croissance et/ou souffrir d’émaciation ». Dans le doute, il vaut mieux en parler à son médecin ou son pédiatre.

Que faire ? Comment remédier à une insuffisance pondérale ?

L’insuffisance pondérale constitutionnelle ne représentant pas de risque pour la santé, il n’est pas nécessaire – et difficile – d’y remédier. Lorsqu’elle est acquise et indésirable par contre, la première chose est de traiter la cause sous-jacente à la maigreur. Ensuite, il faut « re nourrir la personne si elle est fatiguée, dénutrie, en manque de vitamines… », indique le Dr Fricker. Pour cela, des suppléments protéinés ou vitaminiques peuvent être prescrits. Il faut aussi parfois « revoir l’alimentation, voir les aliments qui passent mieux », précise le médecin nutritionniste. « Faire plusieurs petits repas est également une bonne solution, cela favorise la prise de poids », explique-t-il.

Dr Jacques Fricker : L’objectif est d’éviter les carences en essayant de trouver une manière de faire manger plus la personne.

En cas de troubles du comportement alimentaire, une prise en charge psychologique est nécessaire pour lutter contre l’insuffisance pondérale.

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