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Quel IMC pour les séniors ? Qu’est-ce qu’une corpulence normale après 70 ans ?

L’IMC, indice de masse corporelle, a pour formule le poids divisé par la taille au carré. L’IMC optimal défini par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) se situe entre 18,5 et 25. Cependant ces seuils ne s’appliquent pas aux personnes âgées de 70 ans ou plus car d’autres facteurs entrent en compte, notamment le risque de dénutrition.

Qu’est-ce qu’un IMC normal chez une personne âgée ?

Pour les personnes âgées, l’IMC optimal se situe plutôt entre 22 et 30 kg/m2. « Nous observons dans la population générale que l’IMC moyen des plus de 65 ans est plutôt autour de 27. Il est donc tout à fait normal que l’on prenne un peu de poids modérément et progressivement avec l’âge », explique le docteur Manuel Sanchez, gériatre à l’hôpital Bichat. L’IMC ne doit pas être le seul indicateur.

Comment calculer la masse corporelle à partir de 70 ans ?

Avec l’âge il peut être plus difficile de calculer l’IMC car nous avons tendance à nous affaisser pour cause de scoliose ou de traumatismes du rachis. Une personne relativement droite peut être mesurée avec un mètre.

Lorsque la personne a vu sa taille diminuer en vieillissant, il faut avoir recours à d’autres moyens de mesure pour arriver à la déterminer. « Nous utilisons des formules comme celle qui consiste à effectuer des mesures entre le talon et le genou de la personne âgée. Grâce à une série de critères, nous pouvons, en fonction du sexe et de l’âge, déterminer la taille de l’individu », explique le gériatre.

Ne pas stigmatiser le surpoids !

Pour un individu de moins de 70 ans, un IMC supérieur à 30 signale une obésité. Ces règles ne s’appliquent pas aux séniors. La prise de poids dans leur cas est moins alarmante que la perte de poids.

« Nous ne prendrons pas en compte cet IMC sur le plan médical. L’impact en termes de risques vasculaires n’est pas aussi élevé que chez le sujet plus jeune », explique Manuel Sanchez.

Et le gériatre de poursuivre : « Au contraire le risque serait de stigmatiser le surpoids et l’obésité des personnes âgées. Il est assez fréquent de prendre du poids. Par exemple une personne de 75 ans avec un IMC de 28 est dans la norme. Toute perte de poids l’expose à un risque de problème de santé. Il faut rassurer ces personnes. »

Attention à la perte de masse musculaire !

Si prendre du poids en avançant en âge est tout à fait normal, au contraire perdre de la masse musculaire s’avère dangereux. L’IMC ne reflète pas la composition en termes de masse musculaire et graisseuse. La perte de masse musculaire est un risque de perte d’autonomie, de complications, ou de maladies chroniques, avec une probabilité de chute augmentée. Il est donc très important de l’évaluer.

Comment mesurer le manque de muscle ?

La perte de muscle se caractérise par une perte de force. Pour cela des tests cliniques simples sont réalisés.

  • Le dynamomètre (instrument que l’on tient en main et sur lequel on exerce des pressions répétées) : permet de calculer la force musculaire du poignet et de l’avant-bras.
  • Le lever de chaise, la montée des marches : le médecin demande au patient de réaliser ces exercices le plus vite possible, il analyse la vitesse de marche et le temps de montée des escaliers. Ces outils permettent de savoir si la force musculaire est diminuée. Pour le lever de chaise, un consensus européen a établi une diminution de force pour un temps de plus de 15 secondes pour 5 levers de chaises consécutifs.
  • Autre mesure : la masse musculaire peut-être également mesurée grâce à la circonférence du mollet.
  • On peut aussi avoir recours à des techniques d’imagerie comme la dexa. C’est un scanner qui met en évidence la composition du corps.

On parle d’obésité sarcopénique quand la personne perd de la masse musculaire au profit de la masse graisseuse, et augmente ainsi le risque de fracture.

Garder un bon IMC s’avère la solution

L’IMC est surtout un critère qui permet d’évaluer si votre masse par rapport à votre taille est dans la norme. À partir d’un certain âge, avoir de l’embonpoint est toléré, à l’inverse la maigreur peut être un signe de dénutrition. « Nous voyons bien qu’il n’y a pas de retentissement sur la santé quand l’IMC est un peu élevé », rappelle le docteur Manuel Sanchez. L’important est une activité physique adaptée qui permet de conserver une masse musculaire correcte.

Prévenir la dénutrition : faut-il surveiller l’IMC ?

Un IMC faible est-il le signe qu’une personne âgée est dénutrie ?

Un IMC inférieur à 22 kg/m2 est un critère de diagnostic de la dénutrition chez la personne âgée mais ce n’est pas le seul critère utilisé. En effet, selon les recommandations de la HAS (Haute Autorité de santé), la présence d’au moins 1 critère phénotypique est nécessaire (perte de poids ≥ 5 % en 1 mois ou ≥ 10 % en 6 mois ou ≥ 10 % par rapport au poids habituel, IMC < 22kg/m2, sarcopénie confirmée) ainsi qu’un critère étiologique (réduction de la prise alimentaire, absorption réduite, situation pathologique). De plus, une albuminémie inférieure à 30 g/L signe une dénutrition sévère (source 1).

Comment prévenir la dénutrition ?

La HAS, dans ses recommandations sur la dénutrition des personnes âgées, préconise de surveiller l’appétit et la taille des portions alimentaires. Le mieux est d’effectuer un suivi avec un diététicien.

Il est également important de surveiller de manière régulière l’état bucco-dentaire qui peut avoir un impact sur la prise alimentaire.

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