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Le cholestérol est une substance que le corps produit et qui ressemble à du gras. Le cholestérol total se compose du cholestérol HDL (ou « bon cholestérol ») et du cholestérol LDL (ou « mauvais cholestérol »). On peut constater assez rarement chez certaines personnes des taux bas de cholestérol dans le sang. On parle alors d’hypocholestérolémie.

Définition : qu’est-ce que l’hypocholestérolémie ?

L’hypocholestérolémie est la présence anormalement faible de cholestérol dans le sang. Elle est rare et touche 2 à 5 % de la population. Elle concerne le plus souvent le taux de cholestérol global, mais peut, parfois, n’affecter que l’une de ses composantes (cholestérol HDL ou LDL).

L’hypercholestérolémie, également appelée excès de cholestérol, est, au contraire, la présence de taux élevés de cholestérol dans le sang (supérieur ou égal à 2,5 g/l pour un adulte). Elle est plus répandue que l’hypocholestérolémie et dangereuse pour la santé.

Quel est le taux normal et le taux bas de cholestérol HDL et LDL ?

  • Un taux de cholestérol LDL est considéré comme trop faible lorsqu’il est inférieur à 0,9 g/L et comme « normal » lorsqu’il est inférieur à 1,6 g/l (en l’absence de facteur de risque) ;
  • Un taux de cholestérol HDL est considéré trop faible lorsqu’il est inférieur à 0,35 g/L et élevé lorsqu’il est supérieur à 0,6 g/L (taux perçu comme une valeur positive).

À noter : les chiffres peuvent être revus à la baisse ou à la hausse en fonction de la santé (facteurs de risque), de l’âge et du sexe du patient.

Causes : pourquoi mon taux de cholestérol est trop bas ?

Plusieurs affections sont associées à l’hypocholestérolémie.

  • Certains cancers (côlon, cerveau, poumon, maladies malignes du sang), où la baisse du taux de cholestérol précède parfois de plusieurs années le diagnostic du cancer. Toutefois, on ne sait pas si elle en est la cause ou la conséquence ;
  • Certains états dépressifs sévères, voire suicidaires ;
  • Certaines pathologies neurologiques (accident vasculaire hémorragique) ou maladies ataxiques (trouble de la coordination des mouvements) ;
  • L’insuffisance hépatique due à la cirrhose ou certaines hépatites virales, provoque une diminution de la synthèse du cholestérol par le foie ;
  • La cirrhose biliaire : maladie auto immune des voies biliaires conduisant à leur obstruction progressive et, en conséquence à des dysfonctionnements hépatiques ;
  • Plus généralement, toutes les maladies du foie entraînant une cholestase (voies biliaires plus ou moins obstruées) ;
  • L’insuffisance rénale chronique ;
  • Le syndrome néphrotique qui associe une baisse des protéines sanguines, des œdèmes et parfois une hypertension artérielle ;
  • L’hyperthyroïdie, en augmentant la destruction du cholestérol, entraîne une baisse de son taux sanguin ;
  • L’hypothyroïdie, associant prise de poids, constipation, ralentissement et fatigue, chute de cheveux etc. Il faut alors donner des hormones thyroïdiennes ;
  • Le diabète de type 2 diagnostiqué par l’augmentation de la glycémie et nécessitant un bilan, un traitement et une surveillance rigoureuse ;
  • La glycogénose : maladie génétique du métabolisme du glucose entraînant l’accumulation de glycogène dans le rein et le foie notamment, provoquant des dysfonctionnements (hypoglycémies, hyperuricémie, hypercholestérolémie) ;
  • La dénutrition entraîne plusieurs types de carences dont celle en cholestérol ;
  • Les malabsorptions digestives (maladies intestinales) réduisent également le taux de cholestérol sanguin ;
  • Les situations inflammatoires, infectieuses ou traumatiques peuvent également s’accompagner d’un taux sanguin de cholestérol bas.

Lobésité ou l’anorexie mentale peuvent aussi entraîner une hypercholestérolémie. Enfin, durant la grossesse, le taux de cholestérol peut devenir trop bas. Il faut s’assurer que tout rentre dans l’ordre dans les mois suivant l’accouchement.

Quand la carence en cholestérol est la conséquence d’un traitement

En cas d’hypocholestérolémie, il faut rechercher la cause dans le traitement médicamenteux si vous en prenez un. En effet, certains médicaments peuvent augmenter le cholestérol :

  • Les stéroïdes : par exemple, la cortisone donnée au long cours dans certaines maladies inflammatoires, rhumatologiques ou immunologiques ;
  • L’isotrénitoïne, donnée principalement dans certaines formes d’acné ;
  • certains bêtabloqueurs, notamment en traitement de l’hypertension artérielle, de l’insuffisance coronarienne ou de certains troubles du rythme cardiaque ;
  • Les diurétiques thiazidiques, utilisés dans l’insuffisance cardiaque et l’hypertension artérielle ;
  • Certains contraceptifs oraux comme les pilules œstroprogestatives ;
  • Des antipsychotiques ;
  • Certains immunosuppresseurs utilisés dans les maladies auto-immunes, certains cancers ou la prévention des rejets de greffes.

Comment poser le diagnostic d’hypocholestérolémie ?

La plupart de ces causes sont assez facilement identifiables par un médecin « averti ». Dans les autres cas, les examens suivants permettent souvent d’orienter le diagnostic avant d’entreprendre des examens complexes et coûteux :

Hypocholestérolémie génétique et familiale

Les hypocholestérolémies génétiques et familiales sont rarissimes mais souvent sévères et peuvent toucher l’enfant : plusieurs anomalies génétiques peuvent en être responsables, associant souvent d’autres malformations. Elles entraînent retards de croissance, troubles digestifs, syndromes neurologiques etc. Des examens très spécialisés permettent d’en faire le diagnostic (études génétiques, dosages spécifiques).

Est-ce grave de ne pas avoir assez de cholestérol ? Quels sont les risques ?

Des taux de cholestérol total bas sont en général jugés préférables à des taux trop élevés, qui augmentent le risque d’athérosclérose (formation, dans la paroi des artères, de plaques d’athérome, qui, lorsqu’elles atteignent les artères du cerveau, peuvent provoquer des attaques cérébrales).

Mais l’hypocholestérolémie peut également être néfaste pour la santé. D’après une étude américaine publiée en 2019 dans l’American Academy of Neurology Journal, un taux de cholestérol LDL trop faible favoriserait la survenue d’un AVC hémorragique chez les femmes (source 1).

« Des taux très bas de cholestérol ne sont pas forcément bons pour la santé non plus », ajoute un article du Manuel MSD (source 2) et peuvent traduire une hypolipidémie. « Si des taux de lipides bas représentent rarement un problème, ils peuvent toutefois indiquer l’existence d’un autre trouble. C’est pourquoi les médecins peuvent suggérer d’autres explorations lorsque les analyses de sang montrent que le taux de cholestérol est très faible ».

Un faible taux de cholestérol HDL augmente le risque d’athérosclérose

Le taux de cholestérol total n’est qu’un indice général du risque d’athérosclérose. « Les taux des constituants du cholestérol total, principalement de cholestérol LDL et de cholestérol HDL, sont plus importants », note également l’article. En effet, « un taux élevé de cholestérol HDL (bon cholestérol) n’est pas considéré comme un trouble parce qu’il diminue le risque d’athérosclérose. Cependant, un faible taux de cholestérol HDL (défini par un taux inférieur à 40 mg/dl [moins de 1 mmol/l]) est associé à une augmentation du risque ».

Comment traiter l’hypocholestérolémie ? Que faire ?

En raison des causes multiples pouvant être à l’origine d’une hypocholestérolémie, il n’existe pas de traitement général et la prise en charge peut s’avérer difficile. Le traitement de l’hypocholestérolémie est celui de sa cause lorsqu’elle est connue, et bien évidemment si un traitement est possible.

Si la prise d’un médicament est en cause, alors le traitement consiste alors à arrêter, si possible, le médicament incriminé.

Si votre bilan sanguin montre un taux de cholestérol particulièrement bas, c’est généralement votre médecin traitant qui vous orientera vers un spécialiste (pour les formes d’hypocholestérolémies génétiques et familiales également).

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