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Contrairement au football et au rugby, le hockey sur glace reste un sport collectif confidentiel en France. Pourtant les patinoires attirent un public fidèle et font bien souvent le plein lors des matchs ! Comme nous l’explique Fabrice Leclerc, médecin fédéral de la Fédération française de hockey sur glace (FFHG), le hockey tend à se démocratiser, mais reste peu médiatisé. Pourtant, il compte parmi les sports les plus rapides et spectaculaires, impressionnant aussi bien les amateurs de sports de glace que les patineurs novices ! À quel point est-il accessible ? Quels sont ses avantages pour notre santé physique et psychique ? Éclairage.

Rappel : en quoi consiste le hockey sur glace ?

Très populaire au Canada, aux États-Unis, en Russie ou encore en Suède, le hockey sur glace est un sport phare des Jeux olympiques depuis 1920. Comme son nom l’indique, il se pratique en salle sur des patins à glace. Dans les grandes lignes, deux équipes s’affrontent sur une patinoire : les joueurs se déplacent à grande vitesse et cherchent à prendre le contrôle d’un palet en caoutchouc à l’aide de leur crosse. Objectif : le passer à leurs coéquipiers et marquer dans les cages adverses.

« Chaque équipe se compose de six joueurs : un gardien et cinq joueurs de champ. Les matchs, eux, se déroulent en trois périodes qui durent généralement une vingtaine de minutes et sont entrecoupées de pauses de 15 minutes », précise Fabrice Leclerc. Et d’ajouter : « Le hockey sur glace est un sporttrès axé sur la compétition : la pratique de loisir est malheureusement limitée du fait de la rareté des patinoires », remarque-t-il.

Ce sport demande une certaine maîtrise du patinage et une bonne condition physique pour supporter les variations constantes de rythme qui stimulent le cardio. Par ailleurs, il ne faut pas craindre les chutes et autres collisions, fréquentes dans tous les sports de contact !

Deux à quatre arbitres sont généralement présents sur la glace pour éviter tout débordement : les mouvements d’humeur et gestes interdits sont ainsi scrutés et peuvent faire l’object d’exclusions temporaires ou définitives. Fabrice Leclerc. 

Quelle différence avec le hockey sur gazon ?

En apparence, le hockey sur gazon et le hockey partagent de nombreux points communs. En réalité, il s’agit de deux sports bien distincts, prévient Fabrice Leclerc : la surface de jeu, mais aussi les équipements, la composition des équipes, la réglementation et la dynamique de jeu diffèrent. Quelques différences notables : le hockey sur gazon se pratique sur une surface en gazon synthétique ou naturel, nécessitant des chaussures à crampons et une crosse spécifique, tandis que le hockey sur glace se joue sur une patinoire glacée, avec des patins à lame et une crosse adaptée. Sans compter que les joueurs de hockey sur gazon se déplacent en courant et dribblant la balle, tandis que ceux de hockey sur glace patinent sur la glace.

Quel pays a inventé le hockey sur glace ?

L’invention du hockey sur glace est généralement attribuée au Canada. « Le premier match s’y déroula, en 1855, mettant aux prises des soldats d’une garnison britannique, à Kingston », écrit la Fédération française de hockey sur glace. La Fédération internationale de hockey sur glace a été fondée quelques années plus tard, en 1908. Et de souligner : le hockey sur glace a d’abord été admis aux Jeux olympiques d’été en 1920 (à Anvers), avant d’être admis aux premiers Jeux olympiques d’hiver en 1924 (à Chamonix).

À quel âge peut-on commencer le hockey sur glace ?

En théorie, il est possible de s’initier au hockey sur glace dès que l’on sait patiner ! « Certains clubs proposent des cours de découverte dès l’âge de 3 ans, mais la plupart des enfants commencent généralement à jouer vers l’âge de 5 ou 6 ans », assure Fabrice Leclerc. De nombreux clubs proposent des programmes d’initiation pour enfants – et même pour adultes – qui mettent l’accent sur l’apprentissage des compétences de base, la sécurité et le plaisir du jeu.

Bon à savoir : il est recommandé aux débutants de prendre des cours de patinage avant de se lancer, car la maîtrise du patinage est fondamentale pour jouer efficacement au hockey sur glace. « En outre, le port d’équipements de protection appropriés est essentiel pour assurer la sécurité des joueurs, notamment des jeunes débutants : un casque avec grille, un protège-cou, des épaulières, des coudières, des gants, une culotte de hockey (avec coquille pour les hommes) et des protège-tibias », insiste Fabrice Leclerc.

Grossesse : est-ce un sport adapté aux femmes enceintes ?

Le hockey sur glace est généralement contre-indiqué en cas de grossesse. « Les femmes qui ne pratiquent pas à haut niveau feraient mieux de stopper leur pratique dès qu’elles ont connaissance de leur grossesse », conseille Fabrice Leclerc. En dépit des protections et précautions d’usage, la nature physique du jeu, les contacts fréquents entre les joueurs et la possibilité de chutes entraînent des risques non négligeables pour la santé des bébés à naître. Les futures mères sont généralement incitées à se tourner vers des sports plus doux et à faible impact, comme la marche, le yoga ou la natation. Pour toute question spécifique, demandez conseil à votre médecin ou à votre sage-femme !

Connaissez-vous le para-hockey sur glace ? 

Comme de nombreuses activités sportives : le hockey sur glace peut être pratiqué par des personnes en situation de handicap. Le para-hockey se pratique sur luge, dans une patinoire standard. Il respecte les mêmes règles que le hockey sur glace… À la différence que tous les joueurs sont assis et sanglés. La composition des équipes, la surface de jeu et les règles sont similaires en tous points. À noter : les équipes peuvent être mixtes et rassembler des joueurs valides et des joueurs non-valides. 

Avantages : pourquoi jouer au hockey sur glace ?

Vous l’aurez deviné, le hockey sur glace est un sport extrêmement physique :

  • Il implique des périodes d’activité intense entrecoupées de périodes de repos, ce qui booste l’endurance et la santé cardiovasculaire en augmentant le rythme cardiaque et en favorisant la circulation sanguine. À noter : les joueurs sont parfois peu présents sur le terrain mais peuvent rapidement atteindre des vitesses de pointe à 40, voire 60 km/h.
  • Patiner, frapper la rondelle et se déplacer rapidement sur la glace sollicite de très nombreux groupes musculaires, notamment ceux des jambes, des bras, du dos et de la sangle abdominale, ce qui favorise le renforcement musculaire global !
  • Les joueurs doivent faire preuve de rapidité et d’agilité pour patiner rapidement, changer de direction et réagir aux mouvements de leurs adversaires. Ils travaillent ainsi leur vigilance,leur réactivité et leur coordination. Sans oublier leur sens de l’équilibre qui leur permet de rester bien stables sur la glace et solides sur leurs appuis.
  • Comme tous les sports, le hockey permet d’entretenir sa densité osseuse : les sauts et les impacts légers contribuent en effet à renforcer les os et à réduire le risque de perte osseuse liée à l’âge (ostéoporose).
  • Enfin, la nature intense et physique du jeu est aussi un excellent moyen de dépenser de l’énergie, de brûler des calories et de maintenir un poids de santé, voire de perdre du poids.

Quels bienfaits pour notre santé mentale ?

Comme de nombreux sports, le hockey sur glace permet de déconnecter : on prend du plaisir, on se défoule, on se libère des tensions du quotidien et du stress. Et surtout… Notre corps sécrète de la dopamine, de la sérotonine et des endorphines, autant d’hormones salvatrices qui améliorent notre bien-être, rappelle Fabrice Leclerc.

L’élaboration stratégique et le travail d’équipe demandent aussi une grande capacité de concentration et d’adaptation. Sans oublier que le hockey sur glace exige une certaine discipline personnelle et de la détermination pour s’améliorer. « Les joueurs doivent faire preuve de persévérance et apprendre à gérer leurs émotions pour surmonter les défis, les échecs et les revers », remarque l’expert. Au fil des matchs ils gagnent donc en confiance, mais renforcent aussi leur résilience.

Autre aspect marquant de ce sport : le développement des compétences sociales. Cela ne vous aura pas échappé, le hockey est un sport collectif ! Pendant les entraînements et les matchs, les joueurs apprennent à se soutenir mutuellement, à prendre des décisions rapides et à travailler ensemble pour atteindre un objectif commun. Ils apprennent aussi à gérer des conflits et à respecter leurs adversaires, le tout dans un esprit de camaraderie.

Les matchs de hockey sur glace sont souvent suivis d’une troisième mi-temps : les équipes se réunissent après-match pour échanger dans un esprit convivial et festif. Cela contribue à renforcer l’esprit d’équipe sur le terrain. Fabrice Leclerc.

Comment devenir un bon joueur de hockey sur glace ?

Difficile de répondre à cette question… Dans un premier temps, commencez par maîtriser des compétences telles que le patinage, la manipulation du palet, le tir et le contrôle du jeu. Si nécessaire, n’hésitez pas à prendre des cours en parallèle pour développer une bonne technique de patinage. Dans un second temps, veillez à pratiquer régulièrement pour vous améliorer !

Prenez aussi le temps de vous informer sur les différentes techniques de jeu et les stratégies : regardez des matchs, lisez des livres, discutez avec d’autres joueurs, écoutez les conseils d’entraîneurs expérimentés, etc. Par ailleurs, n’hésitez pas à compléter votre pratique avec des séances d’entraînement cardiovasculaire, de musculation ou de souplesse pour améliorer votre endurance, votre puissance et votre agilité sur la glace.

Bon à savoir : dans l’imaginaire collectif les joueurs de hockey sont systématiquement hauts et imposants. En réalité, il n’y a pas de gabarit idéal pour pratiquer ce sport !

Risques : quelles sont les blessures les plus courantes ?

Comme tous les sports de contacts, le hockey sur glace comporte son lot de risques. « Avec le hockey, tout se déroule à un rythme sidérant et à une vitesse affolante au moment des raids incessants vers les buts. Sans parler du full-contact permanent, toujours à la limite de l’agressivité, entre joueurs casqués (obligatoire depuis 1980), rembourrés, extrêmement déterminés, qui se ruent vers la cage… autant que sur l’adversaire », prévient la Fédération française de hockey sur glace. Parmi les blessures significatives les plus courantes associées à ce sport :

  • les fractures de la clavicule,
  • les luxations de l’épaule,
  • les fractures de l’omoplate,
  • les fractures du nez et des os du visage,
  • les entorses et les foulures de la cheville,
  • les fractures du pied ou de la cheville,
  • les fractures du tibia ou du péroné,
  • les ruptures des ligaments croisés antérieurs,
  • les blessures aux muscles et aux tendons des jambes,
  • les blessures au poignet et à la main (entorses, fractures),
  • les blessures au dos, les hernies discales et entorses lombaires,
  • les traumatismes crâniens, voire les commotions cérébrales.

« Le hockey sur glace peut paraître violent, mais les blessures sont relativement rares grâce au port d’équipements de protection, à l’arbitrage et au bon respect des règles de sécurité », assure Fabrice Leclerc

Quelles sont les contre-indications les plus courantes ?

Les contre-indications au hockey sur glace sont essentiellement d’ordre cardiovasculaire (maladies coronariennes, arythmies cardiaques, antécédents d’accident vasculaire cérébral, etc.). De graves problèmes orthopédiques ou respiratoires non stabilisés peuvent aussi poser problème. « Quoi qu’il en soit, consultez votre médecin qui pourra vous signaler toute contre-indication éventuelle ou vous proposer des adaptations spécifiques pour limiter les risques et vous permettre de profiter tout en prenant soin de votre santé », recommande Fabrice Leclerc.

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