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Les tatouages se sont largement démocratisés au cours des dernières décennies. Désormais, on peut célébrer une relation, un beau souvenir, une réussite, un voyage, ou profiter de l’art en l’inscrivant sur notre corps. Mais chaque moment de notre vie est-il adapté à cet acte ? Les femmes enceintes peuvent-elles se faire tatouer sans danger ?

Est-ce qu’on peut se faire tatouer quand on est enceinte ?

Il n’existe aucune règle interdisant le tatouage pendant la grossesse. Techniquement, c’est tout à fait possible. Mais pas sans risques. En effet, il est possible de contracter une infection si le tatouage n’est pas réalisé dans des conditions parfaitement stériles. Sans parler des autres risques.

L’encre contient des produits qu’on ne connaît pas et dont on ne connaît pas les effets secondaires à long terme, et encore moins les effets sur un fœtus. On ne sait pas quelle va être l’action des produits contenus dans le tatouage, indique la Dre Catherine Gaucher, dermatologue. 

« Aujourd’hui, étant donné toutes les précautions que l’on prend durant la grossesse (ne pas manger de produits pasteurisés, de charcuterie…) pour éviter certains risques, je trouve cela inutile de prendre le risque de se faire tatouer. Nous n’avons pas assez d’informations sur les effets secondaires du tatouage », poursuit-elle.

Il existe toujours un élément de risque lors d’un tatouage

« Rappelons que les tatouages sont créés en injectant de l’encre dans la deuxième couche cutanée de la peau. Les produits entrent directement dans le corps, il n’y a même pas le filtre du tube digestif. Même si c’est une toute petite quantité que l’on injecte, la dose peut être très grande. C’est comme si l’on réalisait une intraveineuse ! », ajoute la spécialiste.

D’ailleurs, « beaucoup, sinon la plupart des tatoueurs professionnels ne tatoueront pas une femme qui est enceinte ou qui allaite », rapporte un article de la Leche League International (source 1). « Le tatoueur de renommée mondiale, Pat Fish, de Santa Barbara (Californie, États-Unis), dit : ‘il y a toujours un élément de risque à se faire tatouer. Le tatouage pourrait avoir un effet négatif sur le système immunitaire de la mère qui pourrait être transmis au bébé’ ».

Tatouage et grossesse : quels sont les risques et dangers ?

« Pendant que le corps cicatrise après un tatouage – et produit du lait – et si le corps de la mère ‘rejette’ le tatouage, la possibilité existe que cela puisse nuire au bébé. C’est particulièrement un problème si le client ne suit pas les instructions de suivi et développe une infection », rappelle l’article de la Leche League.

Parmi les risques, infections et allergies de contact

Parmi les deux infections les plus graves qui peuvent être transmises par une aiguille se trouvent l’hépatite B et l’hépatite C. Ces deux virus se propagent par le sang. Si du sang infecté se trouve sur une aiguille à tatouer, et qu’elle n’est pas bien nettoyée, la personne qui se fait tatouer peut être infectée.

Une autre maladie rare, mais possible, est celle du virus du sida. Même si aucun cas de transmission du VIH par tatouage n’a été recensé, indique le site Health (source 2), le risque existe. En cas d’infection, le fœtus est également en danger car il peut contracter le virus.

La femme enceinte peut aussi développer une allergie de contact aux ingrédients de l’encre du tatouage. Cette encre ne peut pas atteindre le fœtus, mais elle peut provoquer une infection ou une allergie et compliquer inutilement la grossesse.

Enfin, dernier danger : le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM). Il s’agit d’un staphylocoque ayant développé une résistance à plusieurs antibiotiques. Avec une aiguille non stérilisée, cette infection bactérienne peut se propager d’une personne à l’autre et mettre à risque la santé de la femme enceinte et du futur bébé.

À noter : les tatouages éphémères au henné sont également déconseillés. Ils sont parfois mélangés à certains produits toxiques tels que le PPD (paraphenylènediamine), utilisés pour renforcer leur couleur et leur tenue sur la peau. 

Est-ce que je peux me faire tatouer si j’allaite ?

Il existe peu de preuves concernant la sécurité des tatouages et de l’allaitement. C’est pourquoi « les informations générales sur le tatouage s’appliquent également aux femmes qui allaitent », précise l’article de la Leche League. 

« Des infections locales peuvent survenir. Les soins post-tatouage consistent à maintenir le tatouage propre avec de l’eau et du savon doux, à le garder à l’abri du soleil et à ne pas enlever les croûtes. Les infections systémiques se produisent lorsque les précautions universelles ne sont pas suivies par le tatoueur, et peuvent inclure des maladies telles que l’hépatite, le tétanos et le VIH », détaille l’article.

Les deux ouvrages cités par la Leche League (The Breastfeeding Atlas et Maternal and Infant Assessment for Breastfeeding and Human Lactation) indiquent toutefois que les tatouages déjà présents, sur le sein ou ailleurs, n’ont pas d’impact sur l’allaitement.

Quand se faire tatouer après un accouchement ?

Il n’existe aucune recommandation officielle, mais généralement, il est suggéré aux mères « d’attendre au moins 9 à 12 mois après la naissance, lorsque le bébé ne dépend plus uniquement du lait maternel, avant de se faire tatouer », rapporte un autre article de la Leche League International (source 3).

Après un tatouage, les banques de sang et de nombreux lactariums n’acceptent les dons de produits biologiques qu’après une période de 4 à 12 mois. « Sur cette base, certaines autorités recommandent d’attendre la fin de l’allaitement pour se faire tatouer », note la Leche League.

Tatouage en étant enceinte : ce qu’il faut savoir si on le fait quand même

Si l’envie d’un tatouage est plus forte que tout, il est essentiel de choisir un salon réputé pour son hygiène. Assurez-vous que le tatouage soit réalisé dans des conditions d’hygiène optimales : le ou la professionnel(le) doit stériliser les aiguilles et son équipement, et doit porter des gants. Et si le tatouage peut attendre l’après-grossesse… autant en profiter et ne pas courir de risques inutiles.

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