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Définition de la bisexualité : que veut dire « être bi » ?

La bisexualité se caractérise par une attirance amoureuse, émotionnelle ou sexuelle avec des partenaires qui sont de même sexe et de sexe différent. C’est une conception fluide et ouverte, susceptible de varier entre les différentes personnes qui se définissent comme bisexuelles.

« La bisexualité n’est toutefois pas à confondre avec ce que l’on appelle des formes de sexualité de groupe comme le triolisme, le polyamour, ou encore le libertinage qui renvoient plus à des pratiques qu’à une orientation sexuelle. La bisexualité, elle, fait partie des orientations sexuelles reconnues par les professionnels de santé, au même titre que l’homosexualité et l’hétérosexualité », rappelle Sébastien Garnero.

Drapeau de la bisexualité : que signifient les trois couleurs ?

Le drapeau bisexuel est composé de trois bandes.

  • La bande magenta, située sur la partie supérieure, représente l’attraction pour les personnes de même genre ou identité.
  • Au milieu, on retrouve une bande mauve ; c’est la représentation d’une attraction pour de multiples genres.
  • Le bleu royal, bande au bas du drapeau représente l’attraction sexuelle pour le genre et/ou sexe opposé.

Ce drapeau a été conçu en 1998 afin de donner à la communauté bisexuelle son propre symbole comparable au drapeau arc-en-ciel de la communauté LGBT dont elle fait partie.

La bisexualité est le fait d'éprouver de l'attirance sexuelle ou des sentiments amoureux pour plus d'un sexe ou genre.

© Viktoriia Miroshnikova / Getty Images

La bisexualité : une simple transition ou une orientation complète ?

D’après une étude publiée en 2021, dans l’Hexagone il y aurait seulement 4 % de personnes attirées par les deux sexes (bisexuelles) contre 63 % déclarant être exclusivement attirées par des personnes du sexe contraire, donc hétérosexuelles, et 8 % affirmant être attirées par des personnes du même sexe (homosexuelles) (source 1). Un chiffre qui rappelle que la bisexualité affirmée est encore un fait minoritaire.

Des statistiques aussi à prendre avec un peu de recul. Le sexologue précise : « Il est difficile de quantifier le nombre exact de personnes vraiment dites » bisexuelles « du fait que cette orientation sexuelle peut parfois n’être que transitoire et non définitive. Certaines d’entre elles peuvent en effet, à un moment donné de leur vie, s’orienter vers l’homosexualité ou revenir à l’hétérosexualité, quand d’autres vont bel et bien se définir bisexuelles pour de bon, en gardant une certaine fluctuation pour l’attirance qu’ils/elles ont à la fois pour les deux sexes », éclaire le sexologue.

La frontière entre ces appartenances sexuelles – bisexualité, homosexualité, hétérosexualité – est donc assez fine et floue pour certaines personnes bisexuelles mais aussi pour la façon dont elles peuvent être perçues dans la société.

Pansexuel ou « bi » : quelles différences ?

Contrairement à la bisexualité, la pansexualité ne tient pas compte de la question de genre : « Le pansexuel dit “pan” désigne en effet une personne susceptible d’être sentimentalement ou sexuellement attirée par quelqu’un, indépendamment de son sexe ou de son genre (masculin, féminin, neutre, fluide). L’étymologie de pansexuel , “pan” , veut d’ailleurs dire “tous” en grec, alors que celle de bisexuel, “bi”, peut se traduire par “deux”. Toutefois, ces deux courants se célèbrent le même jour, à savoir le 23 septembre.

Comment savoir si on aime les femmes et les hommes ?

“Même si les premiers éveils sexuels peuvent arriver à l’adolescence vers 15 ans, c’est en général vers 18/20 ans, quand on a une idée plus claire de sa sexualité, que l’on peut vraiment savoir quel genre d’orientation nous plaît et correspond à ce que l’on désire d’un point de vue émotionnel, amoureux et sexuel”, explique le sexologue.” Cette attirance sexuelle pour tel ou tel sexe se manifeste et perdure également dans la durée.

Faut-il révéler publiquement sa bisexualité ?

Dans une société où il est de bon ton de s’afficher sous telle ou telle étiquette, comme le font d’ailleurs de nombreuses célébrités, serait-il vraiment nécessaire de le faire et pourquoi ?

Annoncer sa sexualité “bi” à ses proches (famille, amis, collègues de travail…) peut bien sûr être une étape essentielle pour l’épanouissement personnel et la construction d’une identité. La sexualité relève du domaine de l’intimité, il n’y a pour autant pas d’obligation à en parler si vous n’en ressentez pas le besoin.
Sébastien Garnero, sexologue

En cas de questionnements sur le sujet, les personnes concernées peuvent aussi consulter des professionnels de santé spécialisés dans le domaine (docteurs, sexologues…) et compter sur les associations et forums qui sont aussi là pour les aider à vivre leur orientation sexuelle et les conseiller à en parler à leur entourage ou non.

Personne mariée et bisexuelle : comment faire ?

Il peut arriver que l’orientation sexuelle et les attirances évoluent avec le temps, alors que l’on est installé dans une relation hétérosexuelle, voire marié.e. « S’il est vrai que les mœurs et les contrats moraux ont largement évolué dans la société, il n’en demeure pas moins que c’est tout de suite plus compliqué d’envisager une bisexualité en étant marié·e plutôt que célibataire. Dans le sens où le mariage implique une communauté de vie avec des devoirs conjugaux (notion de fidélité)…»

Mais si cela arrive, il faudrait pouvoir reconnaître et assumer cette attirance pour l’autre sexe et en parler avec son·a partenaire : « Tentez d’expliquer son ressenti tout en rassurant l’autre, en lui faisant comprendre qu’il/elle n’y est pour rien et qu’il/elle n’a rien à se reprocher, c’est juste que ses désirs personnels ont changé, évolué avec le temps », conseille Sébastien Garnero. Il poursuit : « L’essentiel est d’arriver à être cohérent avec soi-même pour ne pas se mentir ni trahir l’autre. »

Les risques liés autour de la relation bi

La bisexualité peut être discriminante socialement

Si la bisexualité tend à gagner en visibilité dans les fictions et les médias avec le coming-out de certaines stars notamment, la biphobie demeure, avec les conséquences psychologiques qui vont avec. « Dans certains cas, la bisexualité reste en effet encore taboue et aussi source de discriminations, des discriminations qui peuvent affecter la santé mentale », fait remarquer le psychologue.

Les risques d’IST

« On assiste à une augmentation importante des IST (infections sexuellement transmissibles), toutes orientations sexuelles confondues. En cas de rapports sexuels non exclusifs, il est donc fortement recommandé de se protéger avec un préservatif pour prévenir le risque de transmissions d’IST, mais aussi de VIH », insiste Sébastien Garnero.

La bisexualité relève parfois d’une vie sexuelle à part, avec des besoins spécifiques (parfois des partenaires multiples…), c’est donc  important de se protéger, quelles que soient les orientations et les pratiques sexuelles envisagées.
Sébastien Garnero, sexologue.

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