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Chaque étape du don du sang est un parcours qui garantit sécurité et compatibilité. Du donneur au receveur, du prélèvement à la transfusion, voici les principales étapes de cette chaîne de vie.

Première étape : analyser le sang collecté

La première étape appelée « qualification des dons » est essentielle car elle permet d’analyser le sang collecté et d’en vérifier la qualité.

En plus du sang collecté et destiné au receveur, plusieurs tubes d’échantillon sont prélevés à chaque donneur. Le but est d’effectuer un certain nombre de tests afin d’assurer ce que l’on appelle la sécurité transfusionnelle. Celle-ci consiste à supprimer le sang qui pourrait être infecté et à éviter toute incompatibilité entre donneur et receveur.

Les échantillons sont envoyés à un Laboratoire de qualification biologique du don. Les tubes y subissent deux types d’analyses : la caractérisation du sang et la recherche de maladies transmissibles.

  • La caractérisation du sang du sujet permet la recherche du groupe sanguin ABO, du groupe Rhésus, du groupe Kell… Une Numération Formule Sanguine (NFS) peut être établie, afin de déterminer si le taux d’hémoglobine est suffisant. Cette étape permet d’éviter les accidents transfusionnels dus à une incompatibilité entre le donneur et le receveur ;
  • La recherche de maladies transmissibles telles que le VIH-sida, la syphilis, les hépatites B et C, etc., est également effectuée dans l’échantillon de sang.

La sécurité transfusionnelle, une préoccupation majeure

L’étape de qualification du don a également pour but de maintenir la sécurité transfusionnelle. Il faut savoir qu’aujourd’hui en France, le risque infectieux est quasiment nul du fait des nombreux tests effectués tout au long de la chaîne transfusionnelle. Cependant, il existe encore un risque de contamination.

En effet, entre le moment où une personne est infectée par un virus ou une bactérie et le moment où la maladie devient décelable, le risque existe. Ce délai est appelé « fenêtre sérologique ». Pendant cette période, le sang prélevé peut être infecté, et donc éventuellement administré à un receveur.

Pour pallier ce risque, l’entretien médical préalable devient indispensable. Même si l’interdiction faite aux homosexuels masculins de donner leur sang a été levée en 2022, il faut garder en tête que la sécurité transfusionnelle reste la préoccupation principale. Un nouveau questionnaire portant sur les comportements sexuels à risque a également été défini.

Deuxième étape : la préparation des poches de sang

Le jour même du prélèvement, les équipes de l’EFS (Établissement français du sang) entament la préparation de ce qui sera réellement utilisé. Les produits sanguins ont en effet une durée de conservation limitée. Leur traitement rapide garantit la qualité des produits sanguins.

La poche de sang de 450 ml porte le même code-barres que les échantillons de chaque donneur préalablement analysés. Ce dispositif permet d’assurer la traçabilité du don de sang.

Cette poche de sang arrive au plateau technique : les globules blancs y sont enlevés car ils peuvent être vecteurs d’agents infectieux. Lorsque les globules blancs sont enlevés, la poche est centrifugée. Cette opération permet de séparer les composants du sang restants : les globules rouges, le plasma et les plaquettes. En effet, ce n’est jamais le sang entier qui est transfusé, mais uniquement le produit sanguin dont le receveur a besoin, soit des globules rouges, soit du plasma, soit des plaquettes. Cette préparation permet donc d’adapter la transfusion à chaque patient selon ses propres besoins.

Les produits sanguins prêts à être transfusés sont alors stockés sur les sites de l’EFS jusqu’au moment de leur utilisation.

L’importance de la traçabilité du don de sang

La traçabilité du don de sang est une procédure obligatoire de surveillance du dispositif d’hémovigilance. Cela permet de pouvoir remonter au donneur si le moindre problème est rencontré, et ce durant toute la chaîne transfusionnelle.

Troisième étape : le sang arrive jusqu’au receveur

La distribution des produits sanguins est assurée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 selon la demande. Les produits sanguins sont acheminés jusqu’aux hôpitaux et cliniques qui en font la demande. Un dernier contrôle du groupe ABO est fait au lit du patient afin de prévenir tout risque d’incompatibilité entre donneur et receveur.

Dans quels cas une transfusion a-t-elle lieu ?

Cela dépend du type de composant sanguin ainsi que de la pathologie à traiter.

Les globules rouges (concentrés érythrocytaires) sont administrés surtout en hématologie et en cancérologie. Ils sont aussi utilisés lors d’hémorragies importantes comme celles rencontrées lors d’accidents, lors d’interventions chirurgicales ou bien en cas d’hémorragies post-partum (après un accouchement).

Le plasma, lui, est utilisé chez les grands brûlés, les hémophiles et les patients ayant un trouble de la coagulation ou un déficit immunitaire grave.

Il peut être utilisé sous deux formes :

  • Soit en transfusion ;
  • Soit après transformation en MDS (médicaments dérivés du sang) après fractionnement des protéines plasmatiques par le LFB (Laboratoire de fractionnement et de biotechnologies).

Enfin, les plaquettes sont administrées chez les malades en aplasie, c’est-à-dire quand la moelle osseuse ne fabrique plus de cellules sanguines. Certaines maladies (leucémie, aplasie médullaire) ainsi que des traitements lourds (chimiothérapie, radiothérapie) peuvent induire une aplasie. Une transfusion de plaquettes régulière devient alors vitale pour ces patients.

Les principales conditions pour donner son sang

Les conditions pour donner son sang

Pour être autorisé à donner son sang, il faut :

  • Être âgé de 18 à 70 ans (65 ans pour le don de plasma ou de plaquettes) ;
  • Peser 50 kg au minimum ;
  • Avoir un taux d’hémoglobine suffisant ;
  • Ne jamais avoir été soi-même transfusé ;
  • Être reconnu apte au don par un médecin de l’EFS (Établissement français du sang).

Les situations où il faut attendre un certain temps avant de donner son sang

Il est aussi parfois nécessaire d’attendre un certain temps avant de pouvoir donner son sang :

  • 7 jours après des soins dentaires et 1 jour après le traitement d’une carie ou un détartrage ;
  • 7 jours après un traitement par antibiotiques ;
  • 15 jours après une infection ;
  • 4 mois après un piercing ou un tatouage ;
  • 4 mois après une intervention chirurgicale ;
  • 4 mois après un voyage dans un pays où sévit le paludisme ;
  • 4 mois après le dernier rapport sexuel non protégé à risque.

Les contre-indications au don de sang

De plus, certaines personnes ne peuvent pas donner leur sang :

  • Les personnes ayant subi une transfusion sanguine, une greffe d’organe, de tissus ou de cellules ;
  • Les personnes ayant séjourné en Grande-Bretagne plus de 12 mois entre 1980 et 1996 ;
  • Les personnes ayant reçu des drogues par injection intraveineuse, actuelle ou passée.

Les hommes homosexuels peuvent désormais donner leur sang, sans période d’abstinence préalable, depuis 2022.

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