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Il n’y a pas que les femmes qui prennent du valproate – principe actif de la Dépakine notamment – qui doivent être vigilantes lors d’une grossesse. Les résultats d’une étude basée « sur plusieurs registres scandinaves sur une longue période suggèrent une augmentation du risque de troubles neuro-développementaux, comme des troubles du spectre autistique, chez les enfants dont le père a été exposé au valproate dans les trois mois avant la conception », indique l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) (source 1).

Le valproate de sodium, commercialisé depuis les années 1960 dans la prise en charge de l’épilepsie ou des troubles bipolaires, a déjà été mis en cause au vu du risque majeur – de l’ordre de 30 à 40 % – de troubles neurodéveloppementaux après une exposition maternelle. Le valproate est également associé à un risque non négligeable de malformations fœtales (environ 10 %). L’étude indique que dans le cas d’une prise de valproate chez le père, le risque de troubles du neuro-développement de l’enfant « varie entre 5,6 % et 6,3 % ». En comparaison, le risque est de « 2,5 % à 3,6 % pour les enfants nés de père traité par lamotrigine ou lévétiracétam », deux autres médicaments prescrits contre l’épilepsie analysés dans l’étude.

Le traitement ne doit pas être arrêté sans avis médical

Pour l’instant, ces résultats, bien qu’ils suscitent « de nombreuses inquiétudes légitimes de la part des patients », exprime l’association Épilepsie-France, doivent encore être confirmés par d’autres études (source 2). Une évaluation a d’ailleurs été demandée par l’Agence européenne du médicament, et est déjà en cours. L’ANSM précise dans son communiqué que « si les résultats étaient confirmés, ils pourraient conduire à de nouvelles mesures de sécurité ».

L’ANSM et Épilepsie-France ont tenu à rappeler de ne pas modifier le traitement sans avis médical. « Si vous êtes un homme traité par un médicament contenant du valproate ou un de ses dérivés, n’arrêtez pas votre traitement sans en parler à votre médecin. L’arrêt du traitement expose les patients épileptiques à la réapparition des crises convulsives », alerte l’ANSM. De son côté, l’association nationale de patients confirme que « la modération est recommandée à ce stade afin d’éviter toute initiative des patients préjudiciable à leur santé ».

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